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Poésie

Archive for 20 décembre 2015

Vers les nuages blancs (anonyme Corée)

Posted by arbrealettres sur 20 décembre 2015


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Une ombre passe sur la rivière
Un moine passe sur le pont
– Un moment mon révérend! où portez-vous vos pas?
Il pointe son bâton vers les nuages blancs
Continue son chemin sans se retourner

(anonyme Corée)

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PETITS PIEDS… (Gabriela Mistral)

Posted by arbrealettres sur 20 décembre 2015



PETITS PIEDS…

Petits pieds d’enfant,
bleuis par le froid,
comme on vous voit et ne vous couvre,
mon Dieu !

Petits pieds blessés
tous par les cailloux ;
que la neige outrage,
qu’outrage la boue.

L’homme aveugle ignore
que là où passez
une fleur laissez
de vive clarté ;

que là où posez
vos petits talons
qui saignent, le nard
naît plus parfumé.

Et puisque marchez
par les chemins droits,
avec héroïsme,
parfaits, oui, soyez.

Petits pieds d’enfant,
bijoux de souffrance,
ah ! comme les gens
passent sans vous voir !

***

PIECECITOS

Piececitos de niño,
azulosos de frío,
¡cómo os ven y no os cubren,
Dios mío!

¡Piececitos heridos
por los guijarros todos,
ultrajados de nieves
y lodos!

El hombre ciego ignora
que por donde pasáis,
una flor de luz viva
dejáis ;

que alli donde ponéis
la plantita sangrante,
el nardo nace más
fragante.

Sed, puesto que marcháis
por los caminos rectos,
heroicos como sois
perfectos.

Piececitos de niño,
dos joyitas sufrientes,
¡cómo pasan sin veros
las gentes!

(Gabriela Mistral)

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IL Y A SI LONGTEMPS (Michel Deguy)

Posted by arbrealettres sur 20 décembre 2015



 

Kumi Yamashita -light-shadow9

ILYASILONGTEMPSQUEVOUSÊTESMORT
QUEVOTRETOMBEVIDEESTAJOUREE
QUEVOTRELANGUEMÊMEESTPRESQUEMORTE
ETQUEVOTREPOUSSIEREAREJOINTLAPOUSSIERE

(Michel Deguy)

Illustration: Kumi Yamashita

 

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LA PLUIE LENTE (Gabriela Mistral)

Posted by arbrealettres sur 20 décembre 2015



LA PLUIE LENTE

Cette eau craintive et triste
comme un enfant qui souffre,
avant de toucher terre
défaille.

Calmes, l’arbre et le vent,
mais dans le pur silence
tombent ces larmes fines
amères !

Le ciel est un immense
coeur qui se fend, amer.
La pluie ? Long saignement
très lent !

Cette amertume, l’homme,
chez lui, ne la surprend,
cette eau triste qu’envoient
les hauteurs !

Cette longue et lassante
descente d’eaux vaincues,
vers la Terre qui gît
transie !

il pleut… Chacal tragique,
la nuit, dans la sierra.
Que va-t-il donc surgir
de la Terre ?

Dormirez-vous, si tombe
cette eau qui souffre, inerte,
cette eau létale, soeur
de la mort ?

***

LA LLUVIA LENTA

Esta agua medrosa y triste,
como un niño que padece,
antes de tocar la tierra
desfallece.

Quieto el árbol, quieto el viento,
¡y en el silencio estupendo,
este fino llanto amargo
cayendo!

El cielo es como un inmenso
corazón que se abre, amargo.
No llueve: es un sangrar lento
y largo.

Dentro del hogar, los hombres
no sienten esta amargura,
¡este envío de agua triste
de la altura!

Este largo y fatigante
descender de aguas vencidas,
¡hacia la Tierra yacente
y transida!

Llueve…, y como un chacal trágico
la noche acecha en la sierra.
¿Qué va a surgir, en la sombra,
de la Tierra?

¿Dormiréis, mientras afuera
cae, sufriendo, esta agua inerte,
esta agua letal, hermana
de la Muerte?

(Gabriela Mistral)


Illustration

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Le temps des baisers (Vicente Aleixandre)

Posted by arbrealettres sur 20 décembre 2015


 

Un oiseau de papier dans mon coeur
dit que le temps des baisers n’est pas venu.

(Vicente Aleixandre)

 

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Au piano (René Maublanc)

Posted by arbrealettres sur 20 décembre 2015



piano à quatre mains0

Au piano:
Quatre mains.
Un seul coeur.

Septembre 1922.

(René Maublanc)

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LA MÉMOIRE DIVINE (Gabriela Mistral)

Posted by arbrealettres sur 20 décembre 2015



LA MÉMOIRE DIVINE

Si vous me donnez une étoile
et me l’abandonnez, nue sur ma paume,
je ne saurai pas refermer ma main
pour défendre ma joie qui naît.
je viens d’une terre
où on ne perdait.

Si vous trouvez pour moi la grotte
des merveilles qui, tel un fruit,
a des entrailles pourpre et or
et fait s’écarquiller les yeux d’étonnement,
je ne fermerai pas la grotte
au serpent ni au grand jour,
car je viens d’une terre
où on ne perdait.

Et si vous me tendiez des coupes
de cinnamome et de santal, capables
d’embaumer les racines de la terre
et d’arrêter le vent quand il s’égare,
je les confierais à la première plage venue,
car je viens d’un pays
où on ne perdait.

J’ai eu l’étoile vive sur mon sein,
entière j’ai brûlé comme dans un couchant
aux longs rayons. J’ai eu cette grotte où pendait
le soleil, où jamais le jour ne s’achevait.
Mais je n’ai pas su les garder
ni comprendre qu’opprimer c’était les aimer.
Sereine j’ai dormi sur leur beauté
et sans trembler je m’abreuvais de leur douceur.

Et je les ai perdus, sans un cri d’agonie,
car je viens d’une terre
où ne perdait l’âme éternelle.

***

LA MEMORIA DIV1NA

Si me dais una estrella,
y me la abandonáis, desnuda ella
entre la mano, no sabré cerraría
por defender mi nacida alegria.
Yo vengo de una tierra
donde no se perdiá.

Si me encontráis la gruta
maravillosa, que como una fruta
tiene entraña purpúrea y dorada,
y hace inmensa de asombro la mirada,
no cerraré la gruta
ni a la serpiente ni a la luz del día,
que vengo de una tierra
donde no se perdía.

Si vasos me alargaseis,
de cinamomo y sándalo, capaces
de aromar las raíces de la tierra
y de parar al viento cuando yerra,
a cualquier playa los confiaría,
que vengo de un país
en que no se perdía.

Tuve la estrella viva en mi regazo,
y entera ardí como en tendido ocaso.
Tuve también la gruta en que pendía
el sol, y donde no acababa el día.
Y no supe guardarlos,
ni entendí que oprimirlos era amarlos.
Dormí tranquila sobre su hermosura
y sin temblor bebía en su dulzura.

Y los perdí, sin grito de agonía,
que vengo de una tierra
en donde el alma eterna no perdía.

(Gabriela Mistral)

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La vallée est un golfe (René Maublanc)

Posted by arbrealettres sur 20 décembre 2015



 

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La vallée est un golfe,
Où la ville se noie,
En sonnant les cloches.

Bar-le-Duc, mars 1920.

(René Maublanc)

Illustration: Otto Dix

 

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Dans la maison de mes enfances (Gabriela Mistral)

Posted by arbrealettres sur 20 décembre 2015



Dans la maison de mes enfances
ma mère m’apportait de l’eau.
Sur la jarre, entre deux gorgées,
sur la jarre je la voyais.
Plus sa tête se relevait
et plus la jarre s’abaissait.
La vallée, je la garde encore
avec ma soif et son regard.
Ce sera là l’éternité
car nous sommes tels nous étions.

je me souviens de certains gestes
et c’est pour me donner de l’eau.

***

A la casa de mis niñeces
mi madre me llevaba el agua.
Entre un sorbo y el otro sorbo
la veía sobre la jarra.
La cabeza más se subía
y la jarra más se abajaba.
Todavía yo tengo el valle,
tengo mi sed y su mirada.
Será esto la eternidad
que aún estamos como estábamos.

Recuerdo gestos de criaturas
y son gestos de darme el agua.

(Gabriela Mistral)


Illustration: Charles Milcendeau

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Je n’ai soif (Henry de Montherlant)

Posted by arbrealettres sur 20 décembre 2015



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Je n’ai soif
que d’un grand retirement

(Henry de Montherlant)

Illustration: Brendan Monroe 

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