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Poésie

Archive for 20 janvier 2016

Gelida (Louis Bouilhet)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2016



 Catrin Welz Stein  _400

Gelida

Elle a, pour toute science,
La gaîté de ses vingt ans ;
C’est la blonde insouciance,
Aux yeux bleus, couleur du temps.

Pour lasser la patience
Des désirs les plus constants,
Son cœur a fait alliance
Avec ses cheveux flottants.

Sourde à l’hymne des tendresses,
Elle rit de ces détresses
Que rien ne peut consoler…

Et je crois que la coquette
Dans l’amour de Juliette
Passerait sans se brûler !

(Louis Bouilhet)

Illustration: Catrin Welz Stein

 

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Le crapaud (Louis Bouilhet)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2016



Le crapaud

L’ombre descend, la terre est brune,
Tous les bruits meurent à la fois ;
Seul, les yeux fixés sur la lune,
Le crapaud chante au bord du bois.

Du vieux tronc qu’un lierre festonne
Il sort ainsi, quand vient le soir.
Comme une flûte monotone,
Sa voix monte sous le ciel noir.

Ah ! pauvre ami, vieux camarade !
Que dit-elle à l’astre argenté,
Ta longue et morne sérénade
Qui pleure dans les nuits d’été ?

Crois-tu qu’enfin lasse et charmée
Par tes tristesses d’opéra,
Au long d’une échelle enflammée,
Ta Juliette descendra ?

Tant que l’ombre étale ses voiles,
Il reste là, s’évertuant,
Sous le balcon d’or des étoiles,
Roméo sinistre et gluant.

Puis il retourne vers son antre,
Au premier sourire du jour,
Traînant, dans l’herbe, son gros ventre,
Plein de poisons et plein d’amour.

(Louis Bouilhet)

 

 

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Villanelle (Leconte de Lisle)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2016



Villanelle

Une nuit noire, par un calme, sous l’Équateur.

Le Temps, l’Étendue et le Nombre
Sont tombés du noir firmament
Dans la mer immobile et sombre.

Suaire de silence et d’ombre,
La nuit efface absolument
Le Temps, l’Étendue et le Nombre.

Tel qu’un lourd et muet décombre,
L’Esprit plonge au vide dormant,
Dans la mer immobile et sombre.

En lui-même, avec lui, tout sombre,
Souvenir, rêve, sentiment,
Le Temps, l’Étendue et le Nombre,
Dans la mer immobile et sombre.

(Leconte de Lisle)

Illustration: Tina Palmer

 

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HEURES TERNES (Maurice Maeterlinck)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2016



HEURES TERNES

Voici d’anciens désirs qui passent,
Encor des songes de lassés,
Encor des rêves qui se lassent;
Voilà les jours d’espoir passés !

En qui faut-il fuir aujourd’hui !
Il n’y a plus d’étoile aucune :
Mais de la glace sur l’ennui
Et des linges bleus sous la lune.

Encor des sanglots pris au piège !
Voyez les malades sans feu,
Et les agneaux brouter la neige ;
Ayez pitié de tout, mon Dieu!

Moi, j’attends un peu de réveil,
Moi, j’attends que le sommeil passe,
Moi, j’attends un peu de soleil
Sur mes mains que la lune glace.

(Maurice Maeterlinck)

Illustration: Fanny Verne

 

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ORAISON (Maurice Maeterlinck)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2016



ORAISON

Mon âme a peur comme une femme,
Voyez ce que j’ai fait, Seigneur,
De mes mains, les lys de mon âme,
De mes yeux, les cieux de mon cœur !

Ayez pitié de mes misères !
J’ai perdu la palme et l’anneau;
Ayez pitié de mes prières,
Faibles fleurs dans un verre d’eau.

Ayez pitié du mal des lèvres,
Ayez pitié de mes regrets,
Semez des lys le long des fièvres
Et des rosés sur les marais.

Mon Dieu ! d’anciens vols de colombes
Jaunissent le ciel de mes yeux,
Ayez pitié du lin des lombes
Qui m’entoure de gestes bleus!

(Maurice Maeterlinck)

Illustration: William Blake

 

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FAUVES LAS (Maurice Maeterlinck)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2016



FAUVES LAS

Ô les passions en allées
Et les rires et les sanglots !
Malades et les yeux mi-clos
Parmi les feuilles effeuillées,

Les chiens jaunes de mes péchés,
Les hyènes louches de mes haines,
Et sur l’ennui pâle des plaines
Les lions de l’amour couchés !

Et l’impuissance de leur rêve
Et languides sous la langueur
De leur ciel morne et sans couleur,
Elles regarderont sans trêve

Les brebis des tentations
S’éloigner lentes, une à une,
Et l’immobile clair de lune,
Mes immobiles passions.

(Maurice Maeterlinck)

Illustration: Myrtille Henrion Picco

 

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Et quand viendra la neige en braise (Lucien Noullez)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2016



Et quand viendra la neige en braise
d’une parole heureuse,
on ira la poser par flocons
sur les longs sillons du malheur,
la déposer pour presque rien,
pour qu’elle brûle
et chaque doux cristal en feu
lèvera vers nos yeux humides
un peu de fumée
blanche.

(Lucien Noullez)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

 

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Ce qui a le moins vieilli en moi (Jean-François Mathé)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2016



Ce qui a le moins vieilli en moi
c’est ma jeunesse, disait-il.
Et il escaladait l’échelle qu’il avait appuyée à rien
pour aller marier
une girouette au vent.

(Jean-François Mathé)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

 

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J’ai toujours aimé ce qui était un peu bizarre (Pierre Schrove)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2016



J’ai toujours aimé ce qui était un peu bizarre
Enfant
toujours dans les nuages
Je dormais la tête posée contre l’impossible
Ma vie future je la voyais à passer mon temps
à chercher la force d’être ce que j’étais vraiment
Un poème en consonance avec
l’espace le désir et le vent

(Pierre Schrove)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

 

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La Nymphe captive (Thérèse Maquet)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2016




Seule à jamais! couchée au sol, l’âme troublée,
Pleine d’un regard vague et d’un désir sans fin,
Elle reste immobile, et sa pose accablée
Du contour délicat accuse le dessin.
Son corps souple et charmant fait une lueur blanche
Entre les durs profils des rocs irréguliers;
La tunique aux plis droits a glissé sur sa hanche,
Des bandelettes d’or les bouts sont déliés,
Et ses cheveux légers que le vent éparpille
D’une vapeur ambrée auréolent son front.

(Thérèse Maquet)

Illustration: Julius Hubner

 

 

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