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Poésie

Archive for 21 janvier 2016

Ce vêtement de feu qu’il nous a fallu revêtir (Gérard Pfister)

Posted by arbrealettres sur 21 janvier 2016




Ce vêtement de feu qu’il nous a fallu revêtir. Cette
douleur.
Le besoin de croire en quelque chose de plus que
l’existence, de plus que le néant. Cette folie de sculpter
des idoles et de s’y immoler.
Ce besoin de sens est désir d’être. Et comment le
réel pourrait-il le satisfaire ? Tout se tait, s’efface, en
dépit de notre angoisse. Le réel est un parfait silence, un
innombrable écho.

(Gérard Pfister)

Illustration

 

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Le chanteur et la lune (Abdelwahab El-Bayati)

Posted by arbrealettres sur 21 janvier 2016



 


Le chanteur et la lune

Je l’ai vu jouer avec les coeurs et les hyacinthes
Je l’ai vu mourir
Sa chemise tachée de mûres
Un poignard dans le coeur
J’ai vu une toile d’araignée
Envelopper sa flûte brisée, silencieuse
J’ai vu la lune verte de ses yeux
Se coucher derrière les balcons nocturnes et les maisons
Quand lui, se mourait si calme
Au bord de ce chemin

(Abdelwahab El-Bayati)

Illustration: Jean Lambertwild

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Ecrire pour nous rappeler à l’évidence (Gérard Pfister)

Posted by arbrealettres sur 21 janvier 2016



Ecrire pour nous rappeler à l’évidence.
A ce qui est en nous, et plus vaste que le langage.
Plus grand que nous, et qui n’a pas de nom.

Faire sentir, abrupt, ce qui en nous dépasse tout de nous.
A nouveau, la lumière. La belle lumière.

Comment le langage dirait-il le toucher de l’ange ?
Quel langage pour ce saisissement, pour cette étreinte ?
Quel langage pour cet amour ?
Est-ce poésie le balbutiement qui en témoigne,
ces mots qui tentent en vain de retrouver ?

Il n’y a rien d’autre à écrire, à récrire toujours que cela.
Et, toujours, le langage comme une tombe se referme.
Où était le surgissement, ne reste que les fines bandelettes du discours.

(Gérard Pfister)

Illustration: Viviane-Josée Restieau

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Tellement insignifiantes, tellement vaines, tellement éphémères nous paraissent les choses (Gérard Pfister)

Posted by arbrealettres sur 21 janvier 2016



Tellement insignifiantes, tellement vaines, tellement
éphémères nous paraissent les choses.

Les images sont notre espoir. Ne pourrons-nous
trouver en elles enfin la certitude et la consolation ?

Héros sanglants. Dieux vengeurs. Nous avons repris
leurs rôles, mis en scène leurs passions.

Tout un monde conçu pour le théâtre. Comme une
parodie de théologie.

(Gérard Pfister)

Illustration: Georges Antoine Rochegrosse

 

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Je l’aime (Abdelwahab El-Bayati)

Posted by arbrealettres sur 21 janvier 2016


 

Je l’aime
Le mur de neige
S’écroule dans mon coeur
Coule le sang du jour

(Abdelwahab El-Bayati)

Illustration

 

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Tomber comme une pierre dans l’obscur (Gérard Pfister)

Posted by arbrealettres sur 21 janvier 2016



Tomber comme une pierre dans l’obscur.
De tout ton poids. Connaître à nouveau ce vertige.

Le langage a relâché son étreinte.
La pensée s’est vidée de la fiction.

Reste ici ce corps, intensément présent, silencieux.

(Gérard Pfister)

Illustration: Eugène Leroy

 

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La chose est ramassée sur elle-même (Gérard Pfister)

Posted by arbrealettres sur 21 janvier 2016



La chose est ramassée sur elle-même. Compacte.
Comme prête à sauter au visage. Faut-il s’étonner que
nous en ayons peur ?

Notre corps aussi est cette masse menaçante : cette
opacité, cette force tapie dans l’obscurité.

Cette douleur qui peut, à chaque instant, surgir.

(Gérard Pfister)

Illustration: Johann Heinrich Füssli

 

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Un rien (Gérard Pfister)

Posted by arbrealettres sur 21 janvier 2016



 

Un rien

dont toutes
choses ne seraient
que les miettes

(Gérard Pfister)

Découvert ici chez laboucheaoreilles

Illustration

 

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C’est parce que tu fuis (Gérard Pfister)

Posted by arbrealettres sur 21 janvier 2016



C’est parce que tu fuis la nuit que la nuit se dérobe à toi.

C’est parce que tu cherches refuge dans les clartés de l’irréel
que t’est devenue imperceptible la lumière secrète des choses.

Tu ne vois les corps que dans la clarté unique du soleil.
Dans la brûlure sacrificielle du dieu.

Accepte l’obscurité,
et toutes choses soudain s’illuminent comme de l’intérieur.

(Gérard Pfister)

 

 

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Laisse s’accomplir le surgissement (Gérard Pfister)

Posted by arbrealettres sur 21 janvier 2016



Comme ton corps a surgi de l’infime semence,
grandi, pour s’effacer ensuite, peu à peu.

Laisse s’accomplir le surgissement, le reploiement du vide en chaque mouvement.
Comme en chaque chose il s’accomplit.

Que ce soit, en chaque instant, le pur jaillissement du réel.
L’embrasement du seul foyer.

(Gérard Pfister)

Illustration: Viviane-Josée Restieau

 

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