Arbrealettres

Poésie

Des femmes vont, le soir, se hâtant vers les Laudes (Georges Rodenbach)

Posted by arbrealettres sur 22 janvier 2016



Des femmes vont, le soir, se hâtant vers les Laudes,
Des femmes au coeur simple, en mantes de drap noir
Oscillant comme un glas qui s’éteint dans le soir,
Tandis qu’au fond du ciel croulent des cendres chaudes;
Des femmes regardant d’un regard affligé,
Avec le blanc fané de leurs yeux mitigé
D’un violet de deuil comme les cinéraires;
Et, sous le soleil mort qui soudain s’effondra,
Les cloches, s’accordant à ces cloches de drap,
S’acheminent ensemble en lents itinéraires…
Puis, quand leur parallèle affluence décroît
Sur les quais tout vibrants de leur tristesse enfuie,
On croit sentir venir de très loin une pluie
Musicale qui tombe en gouttes de son froid.

(Georges Rodenbach)

Illustration: Egon Schiele

 

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