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Poésie

Archive for 27 janvier 2016

Souvenirs et songes mûrissent l’avenir (Giuseppe Ungaretti)

Posted by arbrealettres sur 27 janvier 2016



Souvenirs et songes mûrissent l’avenir.
Même éveillés, nous portons dans notre conscience
des points de magie sous une aile de secret : les songes.

C’est la mémoire, personnelle ou tribale, qui s’est délivrée d’elle-même
et ressurgit au-delà du temps et de l’espace.
Ces lointains de paradis perdu, tout acte d’amour les rapproche et les recrée.

La poésie consiste à convertir la mémoire en songes
et à porter d’heureuses clartés sur le chemin de l’obscur.

(Giuseppe Ungaretti)

Découvert ici: http://www.ipernity.com/blog/lara-alpha

 

 

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Il fait doux et peut-être que tu passes par ici (Giuseppe Ungaretti)

Posted by arbrealettres sur 27 janvier 2016



Il fait doux et peut-être que tu passes par ici
En disant: que ce soleil et tant d’espace
T’apaisent. Dans le vent pur tu peux
Entendre le temps en marche avec ma voix.
J’ai peu à peu recueilli et je porte
L’élan muet de ton espérance
Je suis pour toi l’aurore le jour entier.

***

Fa dolce e forse qui vicino passi
Dicendo: « Questo sole e tanto spazio
ti calmino. Nel puro vento udire
Puoi il tempo camminare e la mia voce.
Ho in me raccolto a poco a poco e chiuso
Lo slancio muto della tua speranza.
Sono per te l’aurora e intatto giorno

(Giuseppe Ungaretti)

Découvert ici: http://www.ipernity.com/blog/lara-alpha

Illustration: Valérie Chevrier

 

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Je voudrais parvenir au cœur des choses (Boris Pasternak)

Posted by arbrealettres sur 27 janvier 2016



Je voudrais parvenir au cœur
Des choses, en toutes:
Dans l’œuvre, les remous du cœur,
Cherchant ma route.

À l’essence des jours passés,
Leur origine,
Jusqu’à la moëlle, jusqu’au pied,
À la racine.

Des faits, des êtres sans arrêt
Saisir le fil,
Vivre, penser, sentir, aimer
Et découvrir.

Ô, le pourrais-je, je ferais,
Fût-ce en fraction,
Huit vers pour peindre les grands traits
De la passion:

Ses injustices, ses péchés,
Fugues, poursuites,
Coudes et paumes, imprévus
À la va-vite.

Et je déduirais ses raisons
Et sa formule,
Je répéterais de son nom
Les majuscules.

En vers tracés comme un jardin
Vibrant des veines
Des tilleuls fleuris un à un
En file indienne.

J’y mettrais la senteur des roses
Et de la menthe,
Les prés, la fenaison, l’orage
Au loin qui gronde.

Tel des fermes, bois et jardins
Et sépultures
Le miracle enclos par Chopin
Dans ses études.

Le jeu du triomphe accompli
Et son tourment,
C’est la corde qui se raidit
Quand l’arc se tend.

(Boris Pasternak)

Découvert ici: http://www.ipernity.com/blog/lara-alpha

Illustration: Gilbert Garcin

 

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La seule chose en notre pouvoir (Boris Pasternak)

Posted by arbrealettres sur 27 janvier 2016



La seule chose en notre pouvoir,
c’est de ne pas fausser la voix
qui résonne en nous.

(Boris Pasternak)

Découvert ici: http://www.ipernity.com/blog/lara-alpha

 

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Venise (Boris Pasternak)

Posted by arbrealettres sur 27 janvier 2016



Venise

Je fus réveillé à l’aube
Par le timbre d’un carreau.
Craquelin de craie qui trempe,
Venise flottait sur l’eau.

Aucun bruit. Mais comme en rêve,
J’avais entendu un cri
Qui troublait encore la grève
Comme un signe évanoui.

Cri lointain d’une victime?
Trident du scorpion, sous lui
Le miroir des mandolines,
Apaisé, dormait sans bruit.

Fourche fichée dans la brume
Jusqu’au manche, il se taisait,
Et le Grand Canal en fuite,
Ricanant, se retournait.

Loin, près du débarcadère,
Du rêve naissait le vrai,
Et Venise, Vénitienne,
Se jetait à l’eau du quai.

(Boris Pasternak)

Découvert ici: http://www.ipernity.com/blog/lara-alpha

Illustration: Paul Signac

 

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Ma femme (Maurice Fombeure)

Posted by arbrealettres sur 27 janvier 2016



Ma femme

Celle qui partage mon pain
Mon lit et mes joies et mes peines
Éloigne de mon front les haines
D’une caresse de sa main

Que je retrouve dans chaque aube
Et plus belle d’avoir vécu,
J’écoute au fond d’un jour vaincu
Le doux bruissement de sa robe.

Contre les pièges dont dispose
Le malheur, paré désormais
Elle apprête les vins, les mets
Et dans les vases bleus, les roses

« Ma femme. » Le beau possessif
Surtout si la compagne est belle
Blanche, élancée comme un if
Et qui chaque an se renouvelle.

Pour le pire et pour le meilleur
C’est, inlassable volontaire,
Pour l’ici-bas et pour l’ailleurs
Le plus beau don de cette terre

Que cet être aux mains de douceur
Épouse, amante, femme et sœur.

(Maurice Fombeure)

Illustration: Emil Nolde

 

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Nous aimions la lenteur des feuilles (Jean-Pierre Thuillat)

Posted by arbrealettres sur 27 janvier 2016



Nous aimions la lenteur des feuilles
qui ne poussent que quand les hommes
ont le dos tourné et s’affairent
à leurs vraies tâches dérisoires.

Nous allions guetter sur les arbres
dans le printemps qui se dandine
la façon dont grandit le monde
et comment le vert vient au jour.

(Jean-Pierre Thuillat)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Illustration: ArbreaPhotos  

 

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Ce visage qui se dessine au fond du puits (Jean-Pierre Thuillat)

Posted by arbrealettres sur 27 janvier 2016



Ce visage qui se dessine
au fond du puits
si pâle encore sur le miroir que le contour
en demeure aussi flou que celui du Suaire

la nuit seule saura en préciser les traits
et lui donner cette aura de lumière
d’autant mieux définie que le noir

se fera plus profond par-dessus ton épaule
en étirant son ombre au bord de la margelle
jusqu’à dissoudre le cri des pierres.

(Jean-Pierre Thuillat)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

 

 

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Dans la vitre aucune ombre (Jean-Pierre Thuillat)

Posted by arbrealettres sur 27 janvier 2016



Dans la vitre aucune ombre
hormis celle de ce corps de femme
aux contours dessinés d’une simple caresse

mais que tu viens rechercher chaque soir
au plus profond de ton désarroi d’homme
alors même que le ciel si limpide

ne suffit plus à dicter un poème
et que la lumière pleut sur toi
avec la cruauté d’une mer déchaînée.

(Jean-Pierre Thuillat)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

 

 

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Le coeur délicat du monde (Georges Chennevière)

Posted by arbrealettres sur 27 janvier 2016



 

Le matin est si net
Qu’on voit battre à petits coups,
Sous un voile de sommeil,
Le coeur délicat du monde.

(Georges Chennevière)

 

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