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Poésie

Archive for 28 janvier 2016

Amphore (Jean-Claude Faucheux)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2016


Amphore blonde au col de cygne brun
tu as le port de tête des porteuses du Sud
tu marches dans ton corps dans l’huile du soleil
et j’aime quand tu verses l’eau fraîche de ta main
au creux de ma nuque rétive

(Jean-Claude Faucheux)

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ÊTRE (Raouf Raïssi)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2016




ÊTRE

Si Être
Commence toujours
par je suis…
Cet ulcère enragé

Et si Être
S’achève souvent
Par ils étaient…
Ces absents oubliés

Être, oh Être
Si seulement ils savaient,
Tu ne seras jamais Ce possible refoulé

Mais Être pour moi,
C’est beaucoup plus qu’une chanson,
C’est beaucoup mieux qu’un printemps,
Ça bouge tout le temps
Et ça se vit follement au présent

Mais Être,
Oh Être.

(Raouf Raïssi)

 

 

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Le drame éclate (André Frénaud)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2016


Je ne vous aimerai pas –
Tu ne m’en avais jamais rien dit –
Il est parti seul dans son ombre –
Elle a perdu son oraison –
Nous sommes pâles dans la vie –
Vous êtes folle à vous délier –
Ils tordent leur sang –

(André Frénaud)

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Désir d’être (André Frénaud)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2016


Pour dégourdir le désir d’être
jusqu’au-delà de mon pouvoir,
le sang coule dans le poème,
sort de plus loin que mon coeur.

(André Frénaud)

Illustration: Vladimir Kush

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L’EVIDENCE (Luc Decaunes)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2016



Duy Huynh -   (15)

L’EVIDENCE

Tu t’inquiètes de savoir le nom
Des choses les moins étrangères
Tu veux trouver un mystère
Qui s’abrite dans tes mains

Mais les mains n’ont pas d’histoire
Les choses ne cachent rien
L’espoir est leur nourriture
Et le désir leur parure

Nous serons libres demain.

(Luc Decaunes)

Illustration: Duy Huynh

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PRESENCE (Luc Decaunes)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2016



 

Fidel Garcia - (18)

PRESENCE

Je me suis étendu près de toi cette nuit,
Mais tu n’en as rien su tant j’ai fait peu de bruit.
Ton souffle caressait ma bouche impatiente
Et ton coeur était nu sous ta chair innocente.
Le sang, comme un oiseau dans son arbre blotti,
Chuchotait dans ton rêve et battait à demi.
Le silence n’était qu’une vaste prière;
Mon amour s’écoulait comme une eau sans lumière,
Et l’ombre, en dérobant l’aspect des traits chéris,
Rendait au souvenir plus qu’elle n’avait pris.
Plus subtil et plus doux que neige sur la neige,
Mon corps qui près du tien se précise et s’allège,
Dans l’eau de ton sommeil, nageur triste et discret,
Cherchait à deviner cet ondoiement secret
De ton corps sans liens qui tremble et se replie
Dans un geste d’amour et de mélancolie.

J’aurais voulu, mêlant mon souffle à tes soupirs,
Donner à ton repos la forme d’un désir,
Ou, tel un feu léger me glissant dans tes veines,
Devenir à la fois ton plaisir et ta peine;
J’aurais voulu forcer les portes de ta nuit,
M’établir dans son rêve…

Et, veilleur ébloui,
Penché sur ta beauté comme sur une eau vive,
J’épelais le seul mot dont mon espoir s’avive.

Mais rien ne réveilla ta vague profondeur,
Et le ciel qui tournait sur nous avec lenteur,
En blanchissant au seuil de la neuve journée,
Me fit évanouir ainsi qu’une fumée.

(Luc Decaunes)

Illustration: Fidel Garcia

 

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LA VIE EN DORMANT (Luc Decaunes)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2016



 

LA VIE EN DORMANT

Un mur qui couvre tout le reste.
La brise chemine dans les tuyaux de la peur.
Les grandes forêts hennissantes sont derrière la porte
et piaffent sous la tempête.
Ecris ton nom avec du sang.

Une lampe c’est comme un coeur. Ça bouge.
J’aime bien la regarder.
Une femme est là, dans la pièce à côté,
une femme qui n’a pas la manière, qui dort quand je lui parle,
qui se tourne quand je m’approche,
qui remet tout en mauvaise question.

La porte du café s’ouvre et se ferme.
C’est curieux comme la rue me touche peu.
J’avais des amis, des rêves. Le vent est venu,
je n’ai plus rien. Une pendule de fer sonne la nouvelle heure.

La route est si proche derrière le mur,
je la sens fraîche, un peu boueuse, contre ma hanche complaisante.
La route aux yeux d’Himalaya.
La route qui permet de tout recommencer…

Allumez le falot-tempête.
Dans le lit, à côté, il y a une morte.

Que c’est beau, une table nue !

(Luc Decaunes)

Illustration: Edward Hopper

 

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CHEVALIERE (Luc Decaunes)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2016



Christiane Vleugels els [1280x768]

CHEVALIERE

Qu’elle soit seule
Ou qu’elle vienne du sommeil
Avec sa cour de monstres nostalgiques

Qu’elle surgisse de la mer
Dans l’applaudissement des vagues
Ou qu’elle imite les roseaux

Qu’elle apprivoise la chaleur
Au miroir de ses mains fidèles
Ou qu’elle mêle
A ses cheveux l’or pur de toutes les chansons

Froide ou brune
Frêle ou pure
La voici la seule la belle
Agenouillée à mes genoux tremblants
Reine de la mer princesse des neiges
Toutes les légendes à ses jeunes doigts.

Elle s’anime elle parle d’amour
Pourquoi ferait-elle mensonge
L’oiseau de sa gorge légère et ronde
Reconnaît le nid de mon coeur

Et je suis à ma place.

(Luc Decaunes)

Illustration: Christiane Vleugels

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Certaines nuits (Luc Decaunes)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2016



Certaines nuits les esprits frappeurs venaient me visiter.
Dans la mince cloison qui sépare la chambre de la cuisine,
ils avaient élu domicile et me tenaient éveillé dans l’obscurité.
Longuement ils frappaient de petits coups légers et réguliers
— mais je ne savais les comprendre.
Le petit jour ne les lassait pas.
Je me levais et entrais dans la cuisine
le robinet mal fermé s’était égoutté toute la nuit
dans la grande bassine en fer.

(Luc Decaunes)

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Oui, cette nuit (Luc Decaunes)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2016



Francis Picabia -   (15)

Oui, cette nuit, dans ma chambre pleine de lune, et seule avec moi par amour,
ô très chère, tes robes de soie, je le sais, tu les ôtes l’une après l’une ;
te voici nue pour mon désir, rose confuse.
Mais dis un peu, cette dernière robe, quand donc l’ôteras-tu
— la tendre robe de chair passée sur ton âme ?

(Luc Decaunes)

Illustration: Francis Picabia

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