Arbrealettres

Poésie

PRESENCE (Luc Decaunes)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2016



 

Fidel Garcia - (18)

PRESENCE

Je me suis étendu près de toi cette nuit,
Mais tu n’en as rien su tant j’ai fait peu de bruit.
Ton souffle caressait ma bouche impatiente
Et ton coeur était nu sous ta chair innocente.
Le sang, comme un oiseau dans son arbre blotti,
Chuchotait dans ton rêve et battait à demi.
Le silence n’était qu’une vaste prière;
Mon amour s’écoulait comme une eau sans lumière,
Et l’ombre, en dérobant l’aspect des traits chéris,
Rendait au souvenir plus qu’elle n’avait pris.
Plus subtil et plus doux que neige sur la neige,
Mon corps qui près du tien se précise et s’allège,
Dans l’eau de ton sommeil, nageur triste et discret,
Cherchait à deviner cet ondoiement secret
De ton corps sans liens qui tremble et se replie
Dans un geste d’amour et de mélancolie.

J’aurais voulu, mêlant mon souffle à tes soupirs,
Donner à ton repos la forme d’un désir,
Ou, tel un feu léger me glissant dans tes veines,
Devenir à la fois ton plaisir et ta peine;
J’aurais voulu forcer les portes de ta nuit,
M’établir dans son rêve…

Et, veilleur ébloui,
Penché sur ta beauté comme sur une eau vive,
J’épelais le seul mot dont mon espoir s’avive.

Mais rien ne réveilla ta vague profondeur,
Et le ciel qui tournait sur nous avec lenteur,
En blanchissant au seuil de la neuve journée,
Me fit évanouir ainsi qu’une fumée.

(Luc Decaunes)

Illustration: Fidel Garcia

 

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