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Poésie

Archive for 30 janvier 2016

VIE CONTRE VIE (Luc Decaunes)

Posted by arbrealettres sur 30 janvier 2016


 


Charles Edward Perugini  65_z [1280x768]

VIE CONTRE VIE

Je t’ai vue changer de robe
Si souvent si près de moi
Tu es pourtant restée la même.

Je t’admire
Coeur révélé par ses mystères
Bouche livrée par ses sourires

Jet d’eau qu’habillent des couleurs
Dont je suis la lumière.

(Luc Decaunes)

Illustration: Charles Edward Perugini

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LES MAINS FROIDES (Luc Decaunes)

Posted by arbrealettres sur 30 janvier 2016



 

LES MAINS FROIDES

En descendant les marches d’un palais transformable
Au bas d’une rue que je ne connaissais pas
J’ai rencontré la neige

Nous étions seuls et face à face
Elle avec ces yeux qui brûlent l’espace
Elle avec ces diamants sertis de fièvre
Moi qui n’ai rien qui ne sais rien
Pas même le nom de ma peine.

Au bas d’une rue sans margelle
Contre les remparts de la nuit
La belle neige aux bras de lin
La belle neige aux lèvres d’orge
La neige belle comme la neige.

*

Dans les salles du haut
Pleines des foudres du vertige
Tremblaient de froid les personnages

Le beau monde chargé de passer le temps
J’ai vu les blanches dames de cour
Les filles parées pour la danse
Coller leurs yeux durs et fardés
Contre les vitres
Et dérober au jour près de sa fin
Les perles d’un rêve impossible
Elles ne savaient plus sourire

La ville au loin était dans la froide poussière
Un bûcher de flammes mortes
un nid lésé de ses espoirs
Où des êtres désemparés
Secouaient le vide des chambres
Et mettaient à jour leur misère

Les animaux pensifs au seuil des portes closes
Cherchaient leur faim dans le ruisseau
Un peu de sang sur les murailles
Marquait la place de la honte
Et plus bas
Perdues dans l’ombre
De pauvres mains timides et soufflées
Rompaient le pain de la journée

Et la ville était au grand nord.

*

En descendant les marches d’un palais transformable
Au bas d’une rue sans espoir
J’ai rencontré la neige
J’ai donné mes mains à la neige

Jusqu’à la dernière goutte.

(Luc Decaunes)

Illustration: ArbreaPhotos
 

 

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L’intelligence doit être présente (Paul Valéry)

Posted by arbrealettres sur 30 janvier 2016



L’intelligence doit être présente; soit cachée, soit manifestée.
Elle nage en tenant la poésie hors de l’eau.

(Paul Valéry)

Illustration

 

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La poésie (Gaston Bachelard)

Posted by arbrealettres sur 30 janvier 2016



SAM_ Bachelard  [800x600]

La poésie contemporaine a mis la liberté dans le corps même du langage.
La poésie apparaît alors comme un phénomène de la liberté.

(Gaston Bachelard)

Illustration

 

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C’est quoi une image ? (Raymond Depardon)

Posted by arbrealettres sur 30 janvier 2016



Raymond Depardon  environs de villefranche-sur-saône [800x600]

C’est quoi une image ?
C’est travailler avec le présent et le passé.
Ce que l’on fait, c’est tout de suite du passé.
Et puis après, quand on le revoit, on est content
parce qu’on retrouve du passé au présent.
Donc il y a en même temps,
une souffrance et une jouissance.

(Raymond Depardon)

Illustration: Raymond Depardon

 

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Tout porte à croire (André Breton)

Posted by arbrealettres sur 30 janvier 2016



Tout porte à croire
qu’il existe un certain point de l’esprit
d’où la vie et la mort,
le réel et l’imaginaire,
le passé et le futur,
le communicable et l’incommunicable,
le haut et le bas
cessent d’être perçus
contradictoirement.

(André Breton)

 

 

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ATTENTE (Maurice Maeterlinck)

Posted by arbrealettres sur 30 janvier 2016



ATTENTE

Mon âme a joint ses mains étranges
À l’horizon de mes regards;
Exaucez mes rêves épars
Entre les lèvres de vos anges !

En attendant sous mes yeux las,
Et sa bouche ouverte aux prières
Eteintes entre mes paupières
Et dont les lys n’éclosent pas ;

Elle apaise au fond de mes songes,
Ses seins effeuillés sous mes cils,
Et ses yeux clignent aux périls
Éveillés au fil des mensonges.

(Maurice Maeterlinck)

Illustration: William Blake

 

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REGARDS (Maurice Maeterlinck)

Posted by arbrealettres sur 30 janvier 2016



REGARDS

Ô ces regards pauvres et las !
Et les vôtres et les miens !
Et ceux qui ne sont plus et ceux qui vont venir !
Et ceux qui n’arriveront jamais et qui existent cependant!
Il y en a qui semblent visiter des pauvres un dimanche ;
II y en a comme des malades sans maison ;
II y en a comme des agneaux dans une prairie couverte de linges.
Et ces regards insolites !
Il y en a sous la voûte desquels on assiste à l’exécution d’une vierge dans une salle close,
Et ceux qui font songer à des tristesses ignorées !
A des paysans aux fenêtres de l’usine,
À un jardinier devenu tisserand,
À une après-midi d’été dans un musée de cires,
Aux idées d’une reine qui regarde un malade dans le jardin,
À une odeur de camphre dans la forêt,
À enfermer une princesse dans une tour, un jour de fête,
À naviguer toute une semaine sur un canal tiède.
Ayez pitié de ceux qui sortent à petit pas comme des convalescents dans la moisson !
Ayez pitié de ceux qui ont l’air d’enfants égarés à l’heure du repas !
Ayez pitié des regards du blessé vers le chirurgien,
Pareils à des tentes sous l’orage !
Ayez pitié des regards de la vierge tentée !
(Oh ! des fleuves de lait ont fui dans les ténèbres !
Et les cygnes sont morts au milieu des serpents!)
Et de ceux de la vierge qui succombe !

Princesses abandonnées en des marécages sans issues;
Et ces yeux où s’éloignent à pleines voiles des navires illuminés dans la tempête !
Et le pitoyable de tous ces regards qui souffrent de n’être pas ailleurs !
Et tant de souffrances presque indistinctes et si diverses cependant !
Et ceux que nul ne comprendra jamais !
Et ces pauvres regards presque muets !
Et ces pauvres regards qui chuchotent !
Et ces pauvres regards étouffés !

Au milieu des uns on croit être dans un château qui sert d’hôpital !
Et tant d’autres ont l’air de tentes, lys des guerres, sur la petite pelouse du couvent !
Et tant d’autres ont l’air de blessés soignés dans une serre chaude !
Et tant d’autres ont l’air de sœurs de charité sur un Atlantique sans malades !

Oh ! avoir vu tous ces regards !
Avoir admis tous ces regards !
Et avoir épuisé les miens à leur rencontre !
Et désormais ne pouvoir plus fermer les yeux !

(Maurice Maeterlinck)

Illustration: Catherine Thiam-Vernanchet

 

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ORAISON (Maurice Maeterlinck)

Posted by arbrealettres sur 30 janvier 2016



ORAISON

Vous savez, Seigneur, ma misère !
Voyez ce que je vous apporte !
Des fleurs mauvaises de la terre,
Et du soleil sur une morte.

Voyez aussi ma lassitude,
La lune éteinte et l’aube noire ;
Et fécondez ma solitude
En l’arrosant de votre gloire.

Ouvrez-moi, Seigneur, votre voie,
Eclairez-y mon âme lasse,
Car la tristesse de ma joie
Semble de l’herbe sous la glace.

(Maurice Maeterlinck)

 

 

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REFLETS (Maurice Maeterlinck)

Posted by arbrealettres sur 30 janvier 2016



REFLETS

Sous l’eau du songe qui s’élève,
Mon âme a peur, mon âme a peur !
Et la lune luit dans mon cœur,
Plongé dans les sources du rêve.

Sous l’ennui môme des roseaux,
Seuls les reflets profonds des choses,
Des lys, des palmes et des rosés,
Pleurent encore au fond des eaux.

Les fleurs s’effeuillent une à une
Sur le reflet du firmament,
Pour descendre éternellement
Dans l’eau du songe et dans la lune.

(Maurice Maeterlinck)

 

 

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