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Poésie

Archive for 3 février 2016

Vers quel retour? (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 3 février 2016



Vers quel retour?

Les arbres, derniers songes de nos villes,
Livrent souvent leurs reflets
Au fleuve, allié des terres profondes,
Qui les emporte vers quel retour?

Et nous, solidaires de nos rives,
Où donc se noie notre souvenir ?

(Andrée Chedid)

Illustration: ArbreaPhotos  

 

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Terre des soifs (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 3 février 2016



Terre des soifs

Où sont les heures simples ?
La source naissante sous le caillou,
La lampe et son pouvoir,
Le champ d’un vert certain,
L’instant où je chéris le plus tendre de tes visages ?

L’angoisse martèle les trottoirs absents,
Le cri frappe aux puits de l’insouciance.
Témoin des grandes chasses solitaires
L’âme sonne le combat;
Il lui faut l’élan, la mouette, le blé nu.

Des miettes de temps entre les mains,
Je tourmente la vie.

(Andrée Chedid)

Illustration: Salvador Dali

 

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Terre renoncée (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 3 février 2016



Terre renoncée

Mourir par jeu!
Adieu buissons, soif, escalades ;
A la parole, renoncer.

L’arbre se contenterait de son feuillage,
La passion serait d’eau plane,
L’âme singulière, désamorcée.

J’aurais le visage de chacun.

(Andrée Chedid)

Illustration

 

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J’ignore le vin chaud de ta voix (Jacqueline Lalande)

Posted by arbrealettres sur 3 février 2016



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J’ignore le vin chaud de ta voix
l’aisselle où rançonner la faim
cache-misère des aveux
l’igloo à endormir la mort

(Jacqueline Lalande)

Illustration

 

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Corona (Paul Celan)

Posted by arbrealettres sur 3 février 2016



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Corona

Il y avait de la terre en eux, et
ils creusaient des tombes.

Ils creusaient et creusaient des tombes, leur jour s’en allait ainsi, leur nuit.
Et ils ne louaient pas Dieu
qui, ainsi l’entendaient-ils, avait voulu tout cela,
qui, ainsi l’entendaient-ils, avait su tout cela.

Ils creusaient des tombes et n’entendaient plus rien
ils ne devenaient pas plus sages, ne trouvaient aucun chant,
n’inventaient aucune langue.

ils creusaient des tombes.
Il vint un calme, il vint aussi un orage
vinrent les mers, toutes.
je creuse, tu creuses, des tombes.
Le ver fait de même, il creuse,
Et ce qui chante au loin dit : ils creusent des tombes.

Ô l’un, Ô aucun, Ô personne, Ô toi :
Où cela allait, puisque cela n’allait nulle part ?
Ô tu creuses des tombes et je creuse une tombe, et je me creuse une tombe pour aller vers toi
et au doigt s’éveille un anneau.

(Paul Celan)

 

 

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Chanson d’une dame dans l’ombre (Paul Celan)

Posted by arbrealettres sur 3 février 2016




    
Chanson d’une dame dans l’ombre

Quand vient la Silencieuse et coupe la tête des tulipes :
Qui gagne ?
Qui perd ?
Qui s’avance vers la fenêtre ?
Qui nomme en premier son nom ?
Il en est un, qui porte mes cheveux
Il les porte comme on porte les morts à bout de bras.
Il les porte comme le ciel portait mes cheveux dans l’année, celle où j’aimais
Ainsi il les portait par vanité
Celui-là gagne.
Celui-là ne perd pas.
Celui-là ne s’avance pas vers la fenêtre
Celui-là ne nomme pas son nom.
Il en est un, qui a mes yeux.
il les a, depuis que les grandes portes se sont refermées.
il les porte comme anneau aux doigts.
Il les porte comme éclats de plaisir et de saphir :
Il était déjà mon frère à l’automne ;
Il compte déjà et les jours et les nuits.
Celui-là gagne.
Celui-là ne perd pas.
Celui-là ne s’avance pas vers la fenêtre
Celui-là nomme son nom en dernier.
Il en est un, qui a ce que j’ai dit.
Il le porte sous le bras comme un paquet.
Il le porte comme l’horloge porte sa plus mauvaise heure.
Il le porte de seuil en seuil, il ne le jette pas au loin.
Celui-là ne gagne pas.
Celui-là perd.
Celui-là s’avance vers la fenêtre
Celui-là nomme son nom en premier.
Celui-là sera décapité avec les tulipes

(Paul Celan)

Recueil: Contrainte de lumière
Traduction:
Editions:

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