Arbrealettres

Poésie

Archive for 6 février 2016

Il nous faut cette poignée de lumière (Javotte Martin)

Posted by arbrealettres sur 6 février 2016



Il nous faut
Cette poignée de lumière

à la lisière de l’exil

un peu d’or à trinquer
même si l’heure crie

rien que du vent

(Javotte Martin)

Illustration: ArbreaPhotos  

 

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Tu ne connaîtras pas le grand fleuve (Philippe Delaveau)

Posted by arbrealettres sur 6 février 2016



Tu ne connaîtras pas le grand fleuve et le bruit de la mer
Les coffrets des îles d’une beauté qui terrifie
et cela qu’on quitte si ténu quand on se retourne

(Philippe Delaveau)

Illustration

 

 

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Quelqu’un qui a oublié de fermer les yeux (Albert Fleury)

Posted by arbrealettres sur 6 février 2016



Quelqu’un qui a oublié de fermer les yeux
voit soudain tout de la nuit
et crie

(Albert Fleury)

Illustration: Edvard Munch

 

 

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Les cigales (Georges Rose)

Posted by arbrealettres sur 6 février 2016



Les cigales sont restées
gravées dans le silence

(Georges Rose)

Illustration

 

 

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A l’intérieur (Antoine Emaz)

Posted by arbrealettres sur 6 février 2016



à l’intérieur
une masse sombre
spongieuse

elle tient le secret

on tourne autour de cela
et les mots lancés
sont immédiatement absorbés
par la masse
sans provoquer de lumière

(Antoine Emaz)

 

 

 

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Ppris dehors (Antoine Emaz)

Posted by arbrealettres sur 6 février 2016



pris dehors
dans ce qui n’a pas de nom
serré de près dedans
par ce qui n’a pas de nom

celui qui parle
forme créée par les deux pleins qui serrent

(Antoine Emaz)

Illustration: Sophie Rocco

 

 

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C’était un temps de grisaille indéfinie (Antoine Emaz)

Posted by arbrealettres sur 6 février 2016



C’était un temps de grisaille indéfinie
– rien ne s’achevait vraiment.
Cela se perpétuait seulement, de façon assez creuse.

On aurait pu se contenter de cette durée pâle
mais qui avait l’avantage de se maintenir,
de se poursuivre à travers des journées
remplies de détails à régler.

Mais cela sonnait fêlé :
quelque chose poussait comme à l’intérieur de cette coque
et on ne voyait pas bien quoi.

On se demandait si cela aurait la force de faire éclater
tout ce qui s’était peu à peu incrusté, épaississant,
renforçant la coquille, au fur et à mesure.

En même temps que cette attente comme d’une renaissance,
il y avait la crainte de bouleverser,
la peur que quelque chose ne s’épuise dans le bouleversement
et qu’on se retrouve défait, sans rien.

On ne pouvait guère mesurer le danger, mais il pesait,
et parfois faisait presque regretter le malaise sans issue
mais plus supportable, semblait-il.

(Antoine Emaz)

Illustration: Salvador Dali

 

 

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Laissez votre main (Albert Einstein)

Posted by arbrealettres sur 6 février 2016



Laissez votre main une minute sur un fourneau,
et cela vous semblera une heure.
Restez assis à côté d’une jolie fille pendant une heure,
et elle vous semblera une minute.
C’est cela la relativité.

(Albert Einstein)

 

 

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