Arbrealettres

Poésie

Archive for 6 février 2016

UN SOUPCON (René Char)

Posted by arbrealettres sur 6 février 2016



UN SOUPCON

Se balançais légère
Riait légère
Sautait légère
Tombait légère
Riait légère
Fuyait légère
Rêvait légère
Mangeait légère
Dormait légère
Tissait légère
Rêvait légère
Luttait légère
Tombait légère
Se relevait légère
Il l’aimait sans la connaître.

(René Char)

 

 

 

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PAR UN BAISER (René Char)

Posted by arbrealettres sur 6 février 2016



PAR UN BAISER

Jour la maison et nuit la rue
Les musiciens de la rue
Jouent tous à perte de silence
Sous le ciel noir nous voyons clair

La lampe est pleine de nos yeux
Nous habitons notre vallée
Nos murs nos fleurs notre soleil
Nos couleurs et notre lumière

La capitale du soleil
Est à l’image de nous-mêmes
Et dans l’asile de nos murs
Notre porte est celle des hommes.

(René Char)

Illustration

 

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Il y a de grandes étendues du nuit (René Char)

Posted by arbrealettres sur 6 février 2016



Il y a de grandes étendues du nuit.
Le raisonnement n’a que le mérite de s’en servir.
Dans ses bons moments, il les évite.
La poésie les dissout.
Elle est l’art des lumières.

(René Char)

Illustration: ArbreaPhotos  

 

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Il nous faut cette poignée de lumière (Javotte Martin)

Posted by arbrealettres sur 6 février 2016



Il nous faut
Cette poignée de lumière

à la lisière de l’exil

un peu d’or à trinquer
même si l’heure crie

rien que du vent

(Javotte Martin)

Illustration: ArbreaPhotos  

 

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Tu ne connaîtras pas le grand fleuve (Philippe Delaveau)

Posted by arbrealettres sur 6 février 2016



Tu ne connaîtras pas le grand fleuve et le bruit de la mer
Les coffrets des îles d’une beauté qui terrifie
et cela qu’on quitte si ténu quand on se retourne

(Philippe Delaveau)

Illustration

 

 

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Quelqu’un qui a oublié de fermer les yeux (Albert Fleury)

Posted by arbrealettres sur 6 février 2016



Quelqu’un qui a oublié de fermer les yeux
voit soudain tout de la nuit
et crie

(Albert Fleury)

Illustration: Edvard Munch

 

 

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Les cigales (Georges Rose)

Posted by arbrealettres sur 6 février 2016



Les cigales sont restées
gravées dans le silence

(Georges Rose)

Illustration

 

 

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A l’intérieur (Antoine Emaz)

Posted by arbrealettres sur 6 février 2016



à l’intérieur
une masse sombre
spongieuse

elle tient le secret

on tourne autour de cela
et les mots lancés
sont immédiatement absorbés
par la masse
sans provoquer de lumière

(Antoine Emaz)

 

 

 

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Ppris dehors (Antoine Emaz)

Posted by arbrealettres sur 6 février 2016



pris dehors
dans ce qui n’a pas de nom
serré de près dedans
par ce qui n’a pas de nom

celui qui parle
forme créée par les deux pleins qui serrent

(Antoine Emaz)

Illustration: Sophie Rocco

 

 

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C’était un temps de grisaille indéfinie (Antoine Emaz)

Posted by arbrealettres sur 6 février 2016



C’était un temps de grisaille indéfinie
– rien ne s’achevait vraiment.
Cela se perpétuait seulement, de façon assez creuse.

On aurait pu se contenter de cette durée pâle
mais qui avait l’avantage de se maintenir,
de se poursuivre à travers des journées
remplies de détails à régler.

Mais cela sonnait fêlé :
quelque chose poussait comme à l’intérieur de cette coque
et on ne voyait pas bien quoi.

On se demandait si cela aurait la force de faire éclater
tout ce qui s’était peu à peu incrusté, épaississant,
renforçant la coquille, au fur et à mesure.

En même temps que cette attente comme d’une renaissance,
il y avait la crainte de bouleverser,
la peur que quelque chose ne s’épuise dans le bouleversement
et qu’on se retrouve défait, sans rien.

On ne pouvait guère mesurer le danger, mais il pesait,
et parfois faisait presque regretter le malaise sans issue
mais plus supportable, semblait-il.

(Antoine Emaz)

Illustration: Salvador Dali

 

 

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