Arbrealettres

Poésie

Pauvre femme (Reinmar de Hagueneau)

Posted by arbrealettres sur 12 février 2016




«Pauvre femme, combien j’étais heureuse
quand je pensais à lui –
ah, que ma vie dépendait de la sienne.
De ne l’avoir plus désormais,
en quel tourment m’apparaît
le temps que j’ai encore à vivre.

Le miroir de mes joies, il est perdu:
pour l’été joyeux de mon regard, je l’avais choisi,
pour ma douleur je dois vivre sans lui.
Dès qu’ils m’ont dit sa mort,
de mon coeur le sang a reflué vers l’âme.»

***

`Mir armen wîbe was ze wol,
dô ich gedâhte an in,
und wie mîn teil an sînem lîbe lac.
Daz ich des nû niht haben sol,
des gât mit sorgen hin,
swáz ich iemermê geleben mac.

Mîner wunnen spiegel der ist verlorn :
den ich mir héte ze sumerlîcher ougenweide erkorn,
dez muoz ich leider aenic sîn.
Dô man mir seite, er wáere tôt,
ze hant viel mir der muot von dem hérzen ûf die sêle mîn.’

(Reinmar de Hagueneau)

Illustration: Christophe Renoux

 

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