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Poésie

Archive for 13 février 2016

Tu as dans ton regard (Jean-Yves Yven)

Posted by arbrealettres sur 13 février 2016



Tu as dans ton regard
Le reflet de querelles obscures
De n’être pas tout à fait toi
Au contraire des apparus.

J’ignore tes démons
Tes vérités entières
Qui me font soupçonner
De cruelles ardeurs.

(Jean-Yves Yven)

Illustration: Paul Delvaux

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Quand j’émerge d’un silence (Louis Emié)

Posted by arbrealettres sur 13 février 2016



Oleg Korolev  483 [1280x768]

Quand j’émerge d’un silence
Par le mien ressuscité,
Cette voix, ma ressemblance,
Dédouble ma vérité.

Je suis fait d’une parole
Qui déroule autour de moi
La spirale d’un symbole
Auquel ma nuit fait la loi.

Ce masque d’or, cet échange,
Ce visage mis à nu,
Est-ce toi, ma forme d’ange,
Qui m’as enfin reconnu ?

(Louis Emié)

Illustration: Oleg Korolev

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… Ah! que revienne, que revienne (Charles Vildrac)

Posted by arbrealettres sur 13 février 2016



… Ah! que revienne, que revienne
La vérité d’or du soleil!

(Charles Vildrac)

 

 

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La vérité (Adonis)

Posted by arbrealettres sur 13 février 2016


bouche-de-la-verite

Il est rare que nous acceptions la vérité
sauf si elle nous vient de lèvres mortes

(Adonis)

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PERSÉPHONE (Louis Emié)

Posted by arbrealettres sur 13 février 2016



 

Hunt Rossetti Proserpine

PERSÉPHONE

Ah! mon amant, ma source, ma présence,
Épuise-moi : je n’ai jamais eu faim…
J’ignore encore où l’orage commence
De ces désirs qui n’auront pas de fin.

Si tu n’étais ma vivante ramure,
J’irais ailleurs trahir ta floraison.
Mais n’es-tu point, délice, ma mesure,
L’épi de chair dont l’âme est la saison ?

Je danse autour du dernier tabernacle,
L’or du calice est déjà vérité.
Je gagne un ciel à travers ce miracle
Et le dispute à notre volupté.

Je vais crier, je crie et je t’aspire
Avec ces yeux qui n’existent qu’en toi,
Et cette bouche autour de mon délire
Dont un seul cri te fait semblable à moi.

Est-ce un plaisir, cette exacte brûlure
Où tu me tiens ? Est-ce encore un plaisir
De n’être plus dans une créature
Qu’un peu de soi qui ne peut plus mourir?

Tes bras sont doux et j’ai, sur ta tendresse,
Posé ma tête et charmé mon souci…
Ah! tout est beau… J’habite une caresse,
Un souffle, un coeur, — et ce coeur, le voici…

Ce coeur pour toi n’est jamais qu’un murmure :
Se tairait-il ? Je perds son battement,
Mais c’est en lui que je te transfigure
Pour faire en moi son émerveillement.

Ah! frappe-moi… L’âme cherche son âme
Dans cette mort qui va nous emmêler…
Chair de ta chair, flamme autour de ma flamme,
Qui peut de nous l’un l’autre receler?

T’aimer ? Je m’aime… Et l’inutile cendre
Sépare en vain ce qui nous fuit encor…
C’est avec nous qu’en nous je veux descendre
Puisqu’au néant j’ai jeté ce trésor.

(Louis Emié)

Illustration: Hunt Rossetti

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Source, dans la source (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 13 février 2016



En vérité
Tu es à la recherche de la source,

Celle où tu serais toi-même
Et tout ce qui existe,

Celle où chacun serait le tout
Et toi-même au centre,
Ce centre qui est la source.

Etre soi-même
Qui se fond dans les autres
Sans s’oublier

Et couler, source,
Dans la source.

(Guillevic)

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La poésie (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 13 février 2016



 

Fidel Garcia - (18)

La poésie doit avoir pour but la vérité pratique
À mes amis exigeants

Si je vous dis que le soleil dans la forêt
Est comme un ventre qui se donne dans un lit
Vous me croyez vous approuvez tous mes désirs

Si je vous dis que le cristal d’un jour de pluie
Sonne toujours dans la paresse de l’amour
Vous me croyez vous allongez le temps d’aimer

Si je vous dis que sur les branches de mon lit
Fait son nid un oiseau qui ne dit jamais oui
Vous me croyez vous partagez mon inquiétude

Si je vous dis que dans le golfe d’une source
Tourne la clé d’un fleuve entr’ouvrant la verdure
Vous me croyez encore plus vous comprenez

Mais si je chante sans détours ma rue entière
Et mon pays entier comme une rue sans fin
Vous ne me croyez plus vous allez au désert

Car vous marchez sans but sans savoir que les hommes
Ont besoin d’être unis d’espérer de lutter
Pour expliquer le monde et pour le transformer

D’un seul pas de mon coeur je vous entraînerai
Je suis sans forces j’ai vécu je vis encore
Mais je m’étonne de parler pour vous ravir

Quand je voudrais vous libérer pour vous confondre
Aussi bien avec l’algue et le jonc de l’aurore
Qu’avec nos frères qui construisent leur lumière

(Paul Eluard)

Illustration: Fidel Garcia

 

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J’attends et je n’attends plus (António Ramos Rosa)

Posted by arbrealettres sur 13 février 2016


 

J’attends et je n’attends plus.
Extrême délicatesse de l’attention
qui ne sait rien, qui écoute et n’entend peut-être rien d’autre
que l’attente elle-même, la vacuité de l’attente.

Il n’y a aucun obstacle,
les labyrinthes semblent fluides, tout devient aérien et flexible.
Je veille. Sera-t-il possible d’atteindre la transparence,
la nudité absolue, inhabitable ?
Jamais la transparence ne se refuse.

Il y a, malgré tout, une irradiation constante
de quelque chose avec quoi je suis en relation.
J’écris à présent dans la blanche complicité
d’une pure orientation qui me dénude…
Serait-ce la vérité ?
La nature de l’Autre est double : elle s’approche et se retire.
Mais elle-même n’est-elle pas soumise, dans cette alternance,
à la pulsation élémentaire d’une nature immuablement simple ?

Il est nécessaire de l’accueillir selon son propre rythme.

(António Ramos Rosa)

Illustration: Benoit Colsenet

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J’ai revu ce beau sein (Henri de Régnier)

Posted by arbrealettres sur 13 février 2016



J’ai revu ce beau sein dont la forme parfaite
M’a fait rêver souvent toute votre beauté,
Et quand mon souvenir sur sa rondeur s’arrête,
Je pense voir mûrir quelque beau fruit d’été.

J’imagine par lui, magnifique et complète,
La grâce de la souple et pure nudité
Où j’évoque l’ombreuse et charmante retraite
Que l’Amour pour asile offre à la volupté.

Cariste, comme au temps de la Grèce et de Troie,
Belle, n’êtes-vous pas de celles qu’avec joie
Suit le désir épris d’un délice inconnu ?

Et c’est pourquoi, ce soir, de loin, je songe encore
A tout ce que, de vous, je suppose et j’ignore,
Cariste au corps secret, Cariste au beau sein nu !

(Henri de Régnier)

 

 

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Je vous ai trop aimée indolente et farouche (Henri de Régnier)

Posted by arbrealettres sur 13 février 2016



Thomas Saliot 209

Je vous ai trop aimée indolente et farouche
Pour ne plus vous aimer aujourd’hui que l’Amour
Impose son baiser à votre jeune bouche
Et soumet au plaisir votre corps sans atour.

Je vous ai trop aimée en la haute jeunesse
Dont l’éclatant orgueil vous brûlait de son feu,
Au temps où, sans pitié pour ma sombre détresse,
Vous aviez toujours l’air de marcher vers un Dieu.

Trésor par mon désir longuement convoité
Comme attire la soif la fontaine d’été,
Je vous ai trop aimée en vos beautés lointaines

Pour ne plus vous aimer à présent que ma main,
Sous les voiles levés qui me les rendaient vaines,
Caresse votre épaule et touche votre sein.

(Henri de Régnier)

Illustration: Thomas Saliot

 

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