Arbrealettres

Poésie

ÉPITHALAME (Francis Vielé-Griffin)

Posted by arbrealettres sur 14 février 2016



Élisabeth Sonrel _Our_Lady_of_the_Cow_Parsley [800x600]

ÉPITHALAME

Avril t’a baisée au front et s’émerveille
Pâle du reflet de ses jonquilles claires,
Que, de ton être, seul ton regard s’éveille
Avec l’étonnement rieur de ses mystères;
Il passe et d’un regret rayonné t’ensoleille
Vers la moisson de fleurs débordant sa corbeille.

Mai qui venait par la rive à l’orée
Foulant la neige des pêchers flétrie,
Chanta vers toi qui rêvais en la prée;
Si, que ton âme en est encor meurtrie,
Sachant la beauté de ton corps ignorée,
Et que ton coeur rêvait de l’Amant de féerie.

Juin s’est courbé sur toi qui pleurais, et t’a prise
Et te nomma, ce soir, reine de sa nuit pâle:
Ta lèvre rouge était, disait-il, la cerise,
Ta joue était la pêche du verger fatale;
Puis il s’en fut vers l’aube, te laissant surprise
— Et la douleur d’aimer à ton seuil s’est assise. —

Juillet te baise au front ainsi qu’Avril qui passe
Et qu’il chante pour toi, comme Mai, des paroles,
Qu’ainsi que Juin, du soir de ton regret il fasse
La nuit douce parmi l’accueil frais des corolles;
La faux des fenaisons n’eût pas accordé grâce
Au pâle lys tombé qu’un archange ramasse.

(Francis Vielé-Griffin)

 Illustration: Élisabeth Sonrel

 

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