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Poésie

Archive for 10 mars 2016

Le vent est doux comme une main de femme (Charles Guérin)

Posted by arbrealettres sur 10 mars 2016



Le vent est doux comme une main de femme,
Le vent du soir qui coule dans mes doigts ;
L’oiseau bleu s’envole et voile sa voix,
Les lys royaux s’effeuillent dans mon âme ;

Au clavecin s’alanguissent les gammes,
Le soleil est triste et les coeurs sont froids ;
Le vent est doux comme une main de femme,
Le vent du soir qui coule dans mes doigts.

Je suis cet enfant que nul ne réclame,
Qu’une dame pâle aimait autrefois ;
Laissez le soleil mourir sur les toits,
Dormir la mer plus calme, lame à lame…
Le vent est doux comme une main de femme.

(Charles Guérin)

 

 

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Vous qui voulez savoir que c’est que de l’amour (Jean Godard)

Posted by arbrealettres sur 10 mars 2016



Vous qui voulez savoir que c’est que de l’amour,
Je le vous vais ici tout maintenant décrire.
C’est un vrai doux amer, c’est un triste sourire ;
C’est l’aigle du Caucase et le bourreau vautour.

C’est sans cesse espérer et craindre tour à tour ;
C’est plaindre son malheur et se plaire au martyre ;
C’est sans cesse louer, c’est sans cesse médire ;
C’est être bien dispos étant pesant et lourd.

C’est un comble de bien talonné de tristesse ;
C’est faire de son coeur la peine et joie hôtesse ;
C’est faire deux soleils ainsi comme un Penthé.

C’est un heur malheureux, c’est languir sans envie ;
C’est être de son ombre à tort épouvanté ;
C’est une mort vivante, et une morte vie.

(Jean Godard)

Illustration

 

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Hier après dîner, trois heures environ (Jean Godard)

Posted by arbrealettres sur 10 mars 2016



Hier après dîner, trois heures environ,
Je surpris en dormant dans sa chambre m’amie.
La perleuse sueur de sa face endormie
Allait le long du sein roulante en son giron.

Cupidon l’éventait avec son aileron,
Son sein et sa poitrine était nue à demie,
Tellement qu’on voyait sur sa glace affermie
Ainsi qu’un mont de lait son tétin ferme et rond.

Les Zéphyrs éventaient ses cheveux par ondées.
Je n’osai pas baiser son teint de lys et fraise,
Car si au doux sommeil elle trouvait de l’aise,
Et moi encore plus à la voir sommeiller.

(Jean Godard)

 

 

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Quand je vois ma Lucresselette (Jean Godard)

Posted by arbrealettres sur 10 mars 2016



Quand je vois ma Lucresselette,
Plus mignarde qu’une perlette,
Plus belle qu’un jour gracieux,
Je pense voir une prairie,
La plus belle qui soit fleurie
Dessous le grand manteau des cieux.

Son front qui mon tourment allège,
Et qui est plus blanc que la neige,
Semble être composé de lis,
De lis sont faites ses mains blanches,
Son col, ses bras, ses pieds, ses hanches,
Et ses autres membres polis.

Ses blonds cheveux dont les ondées
Sont deçà et delà guidées
Sur l’haleine d’un petit vent,
Font honte à la fleur de Clytie,
Lorsque sa robe elle déplie
Au Soleil qu’elle va suivant.

Quand sur son sein mon oeil je darde,
Et quand son beau sein je regarde,
Et la fraise de son téton,
Tout aussitôt je l’a compare.
A quelque rose la plus rare
Qui n’est encore qu’en bouton…

Sa belle lèvre couraline,
Sa belle lèvre cristalline,
Qu’on peut rouge et blanche appeler,
Est une marguerite franche
Qui fait, tant elle est rose et blanche,
Les regardants émerveiller…

Pour elle, je verse une pluie
Que jamais elle ne m’essuie,
Car toujours je jette des pleurs
Comme une Niobe insensée.
Ha ! C’est qu’elle aime la rosée,
Puisqu’elle est faite ainsi de fleurs.

(Jean Godard)

Illustration

 

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Tantôt pour vous trouver entrant en votre salle (Jean Godard)

Posted by arbrealettres sur 10 mars 2016



Tantôt pour vous trouver entrant en votre salle
J’ai vu entre plusieurs votre image et tableau
Qui montre au naturel votre visage beau,
Qui eût bien fait quitter au Thébain son Omphale.

Si tôt que je l’ai vu je suis devenu pâle,
Le corps m’a frissonné et dessous le chapeau
Le poil me hérissait, tandis que sous ma peau
Un petit feu partout descend, glisse et dévale.

A mesure toujours que j’allais regardant
Votre image et portrait, ce feu devint ardent,
Même par tout mon corps sa flamme il vint épandre.

Si votre seule image a bien tant de pouvoir,
Qu’est-ce que c’eût été si j’eusse pu vous voir ?
Pour le certain alors vous m’eussiez mis en cendre.

(Jean Godard)

 

 

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La mer (Jean-Claude Izzo)

Posted by arbrealettres sur 10 mars 2016


L’ambition de la mer:
ce que la glace n’ose dire.

(Jean-Claude Izzo)

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