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Poésie

Archive for 11 mars 2016

SUITE (Yannis Ritsos)

Posted by arbrealettres sur 11 mars 2016




SUITE

Je t’ai pris la main d’entre les années.
Un de tes ongles était cassé – je l’ai remarqué.
Au vent brillaient les feuilles jaunes.
Ainsi le début aura suivi la fin.

(Yannis Ritsos)

Illustration

 

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ÉTONNEMENT (Yannis Ritsos)

Posted by arbrealettres sur 11 mars 2016




ÉTONNEMENT

On avait laissé une tranche de pain sur la pierre.
L’oiseau s’arrêta, picora. La vieille revint :
 » ce n’est pas pour toi que je l’ai laissé « , lui dit-elle.
Elle prit le pain,
le lui lança miette par miette.
L’oiseau la regardait dans les yeux. Il ne mangeait pas.

(Yannis Ritsos)

Illustration

 

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Le sais-tu? (Yannis Ritsos)

Posted by arbrealettres sur 11 mars 2016



Le sais-tu?
Tout à l’heure ce sera jamais.

(Yannis Ritsos)

Illustration: Gilbert Garcin

 

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Je crie mon nom sur la montagne (Yannis Ritsos)

Posted by arbrealettres sur 11 mars 2016



Je crie mon nom sur la montagne.
Il résonne bien.

(Yannis Ritsos)

 

 

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Sous les plantes le banc (Abbas Bouhlal)

Posted by arbrealettres sur 11 mars 2016


Soleil mobile
dans le jour discordant:
sous les plantes le banc avait quelque chose
de reposant, comme une vieillesse incommensurable

(Abbas Bouhlal)


Illustration


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Choisis-toi vivant, jusqu’à l’oubli, jusqu’à l’amour (Fernand Verhesen)

Posted by arbrealettres sur 11 mars 2016



Détourne tes visages d’hiver,
les jours déchiquetés,
les cailloux des eaux basses.
laisse les herbes scintiller
au souvenir de la nuit,
mais imite la rosée
qui s’offre au jour,
déjà lumière.
N’écrase pas cette fraîcheur
et sois plus obstiné qu’elle,
veille et sache qu’il faut gagner midi.
Occupe entière la clarté de ton regard
et choisis-toi vivant,
jusqu’à l’oubli,
jusqu’à l’amour.

(Fernand Verhesen)

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Pasiphaé (Théodore de Banville)

Posted by arbrealettres sur 11 mars 2016



Gustave Moreau Pasiphaë

Pasiphaé

Ainsi Pasiphaé, la fille du Soleil,
Cachant dans sa poitrine une fureur secrète,
Poursuivait à grands cris parmi les monts de Crète
Un taureau monstrueux au poil roux et vermeil,

Puis, sur un roc géant au Caucase pareil,
Lasse de le chercher de retraite en retraite,
Le trouvait endormi sur quelque noire crête,
Et, les seins palpitants, contemplait son sommeil ;

Ainsi notre âme en feu, qui sous le désir saigne,
Dans son vol haletant de vertige, dédaigne
Les abris verdoyants, les fleuves de cristal,

Et, fuyant du vrai beau la source savoureuse,
Poursuit dans les déserts du sauvage Idéal
Quelque monstre effrayant dont elle est amoureuse.

(Théodore de Banville)

Illustration: Gustave Moreau

 

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Les Princesses (Théodore de Banville)

Posted by arbrealettres sur 11 mars 2016



Oleg Zhivetin Open_To_Love

Les Princesses, miroir des cieux riants, trésor
Des âges, sont pour nous au monde revenues ;
Et quand l’Artiste en pleurs, qui les a seul connues,
Leur ordonne de naître et de revivre encor,

On revoit dans un riche et fabuleux décor
Des meurtres, des amours, des lèvres ingénues,
Des vêtements ouverts montrant des jambes nues,
Du sang et de la pourpre et des agrafes d’or.

Et les Princesses, dont les siècles sont avares,
Triomphent de nouveau sous des étoffes rares :
On voit les clairs rubis sur leurs bras s’allumer,

Les chevelures sur leurs fronts étincelantes
Resplendir, et leurs seins de neige s’animer,
Et leurs lèvres s’ouvrir comme des fleurs sanglantes.

(Théodore de Banville)

Illustration: Oleg Zhivetin

 

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LE VALLON DE TRÉBOUL (André Theuriet)

Posted by arbrealettres sur 11 mars 2016



Tréboul sable_blanc_petite_fontaine [800x600]

LE VALLON DE TRÉBOUL

À deux pas de la mer qu’on entend bourdonner,
Je sais un coin perdu de la terre bretonne
Où j’aurais tant aimé, pendant les jours d’automne,
Chère, à vous emmener.

Des chênes faisant cercle autour d’une fontaine,
Quelques hêtres épars, un vieux moulin désert,
Une source dont l’eau vive a le reflet vert
De vos yeux de sirène…

La mésange au matin, sous la feuille jaunie,
Aurait chanter pour nous, et la mer jour et nuit
Aurait accompagné nos caresses d’amour
De sa basse infinie.

(André Theuriet)

 

 

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Cheveux crêpes et longs où mon coeur se désire (Isaac Habert)

Posted by arbrealettres sur 11 mars 2016



Frank Bernard Dicksee   [800x600]

Cheveux crêpes et longs où mon coeur se désire
Aise d’être enlacé d’un ferme enlacement,
Bouche au teint vermeillet où mon contentement
Se voit peint sur ton bord qui le basme soupire,

Beaux yeux, mes doux flambeaux par qui seuls je respire,
Beauté, le seul objet de mon entendement,
Vous voyant un désir m’enflamme doucement,
Qui du vulgaire lourd et de moi me retire.

Les trois Grâces ensemble et les Amours je vis
Vos beautés, votre grâce, adorer à l’envi.
Je brûlai par trois fois et criai :  » Je vous prie,

Vous, astres de la nuit, et toi, père du jour,
Pendant que cette-ci m’apprend que c’est Amour,
De tourner lentement et d’allonger ma vie…  »

(Isaac Habert)

Illustration: Frank Bernard Dicksee

 

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