Arbrealettres

Poésie

Tu étais comme le jeune figuier du ravin (Miguel Hernandez)

Posted by arbrealettres sur 21 mars 2016



Tu étais comme le jeune figuier
du ravin.
Quand je passais
tu rêvais de montagnes.
Comme le jeune figuier,
resplendissant et sombre.

Tu es comme le figuier.
Comme le vieux figuier.
Je passe à présent dans le bonjour
silencieux des feuilles sèches.

Tu es comme le figuier
dans la lente lumière de la vie…

Ainsi les saisons
et les ports ont l’odeur de la mort
Ainsi quand nous mourons
se défont les mouchoirs de silence.

Nous sommes des corps de vie enterrée
sur l’horizon, loin…

J’écrivis sur le sable
les trois noms de la vie:
la vie, la mort, l’amour.

Une rafale de vent,
de si loin si souvent, de la mer
vint nous effacer…

Brûle les deux portes,
donne la lumière.
Je ne sais pas ce qui m’arrive
je trébuche dans le ciel…

Je voulus dire encore adieu
et je vis seulement ton mouchoir de silence
s’éloigner.

L’impossible.

Un vent de poussière vint
m’aveugler, m’étouffer, me blesser.
Depuis lors j’avale la poussière.

L’impossible.

(Miguel Hernandez)

Illustration

 

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