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Poésie

Archive for 27 mars 2016

Dans mon royaume (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2016



Dans mon royaume
Rien ne me pèse

Mais tout a son poids.

C’est comme si ma joie
Délivrait chaque chose
De sa pesanteur

Et me l’apportait
Tel un cadeau
Que me ferait l’espace.

(Guillevic)

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Le baiser (Germain Nouveau)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2016



Le baiser

Comme une ville qui s’allume
Et que le vent achève d’embraser,
Tout mon cœur brûle et se consume,
J’ai soif, oh ! j’ai soif d’un baiser.

Baiser de la bouche et des lèvres
Où notre amour vient se poser,
Plein de délices et de fièvres,
Ah ! j’ai soif, j’ai soif d’un baiser !

Baiser multiplié que l’homme
Ne pourra jamais épuiser,
Ô toi, que tout mon être nomme,
J’ai soif, oui, j’ai soif d’un baiser.

Fruit doux où la lèvre s’amuse,
Beau fruit qui rit de s’écraser,
Qu’il se donne ou qu’il se refuse,
Je veux vivre pour ce baiser.

Baiser d’amour qui règne et sonne
Au cœur battant à se briser,
Qu’il se refuse ou qu’il se donne,
Je veux mourir de ce baiser.

(Germain Nouveau)

Illustration: Antoine Picard

 

 

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Comme un grand animal non visible (José Àngel Valente)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2016



Comme un grand animal non visible l’air
descendait
abreuver les cieux.
Et nous, nous le contemplions émerveillés
dans la cabane humide de la peur.
La nuit recouvrit notre misère
L’air ouvrait
la totale extension du matin,
déployait la lumière, les cavaliers venaient
et à la vue des eaux ils descendaient.

(José Àngel Valente)

Découvert ici: http://www.ipernity.com/blog/lara-alpha

 

 

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Je suis un messager sans message (Anise Koltz)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2016



Je suis un messager
sans message
un chanteur ambulant
sans chanson

Je traîne ma nostalgie
de ville en ville
j’ai oublié
la nouvelle que j’apporte

Je ne sais pas chanter
je suis un messager
sans message
comme le vent

(Anise Koltz)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Illustration: Alain Chayer

 

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Evidence (Lambert Schlechter)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2016



évidence dont dans ma distraction permanente
je ne m’étais jamais rendu compte :
la bougie ne donne lumière que si elle brûle
elle n’est vive qu’en mourant

(Lambert Schlechter)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

 

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Que m’importent lieu, durée (Liliane Wouters)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2016



Que m’importent lieu, durée,
si je demeure assurée
de garder toujours l’instant.
Seconde ou siècles, autant
le vent sur sa route emporte.
Lieu, durée, ah, que m’importe,
tout défile au même train.
Je ne saisirai qu’un grain
Du sable des destinées,

Pour le cueillir, je suis née.

(Liliane Wouters)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

 

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Un rapt ? (André Schmitz)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2016



Un rapt ? Oui
Un orage ? Peut-être
Un fracas spirituel ? Pourquoi pas

(André Schmitz)

 

 

 

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Invitation lui fut faite de naître (André Schmitz)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2016



Invitation lui fut faite de naître,
de tenter l’aventure d’être au monde
(et si pas au monde, d’être là tout de même).
Et là ce fut imaginairement Duino et ses élégies,
et non loin, Svevo et Une vie, Saba et une ville.

Finalement, ce fut l’aventure d’avoir vécu.

(André Schmitz)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Illustration: Philippe Legoubin

 

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Mots (Umberto Saba)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2016



Mots,
Où le cœur de l’homme se reflétait
Nu et surpris – aux origines ; je cherche
Au monde un coin perdu, l’oasis propice
À vous laver par mes pleurs
Du mensonge qui vous aveugle. Alors
Fondrait aussi la masse des souvenirs
Effrayants, comme neige au soleil.

***

Parole,
dove il cuore dell’uomo si specchiava
-nudo e sorpreso- alle origini; un angolo
cerco nel mondo, l’oasi propizia
a detergere voi con il mio pianto
dalla menzogna che vi acceca. Insieme
delle memorie spaventose il cumulo
si scioglierebbe, come neve al sole.

***

Words
where the heart of man has seen its reflection
– naked and undisguised – since its beginnings;
I search for a corner in the world, the haven
in which to cleanse you with my tears
of the lie that blinds you. Together
with the heap of awful memories
you would melt like snow in the sun.

(Umberto Saba)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

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Quand je mourrai demain (Francis Giauque)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2016



quand je mourrai
demain s’il se peut
enterrez-moi
dans une terre humide
et lourde de chaleur
que la voûte de planche
étoile mon sommeil
que personne ne pleure
moi qui ne sus pas vivre
je pourrai enfin m’élever
dans la nuit au son clair

(Francis Giauque)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

 

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