Arbrealettres

Poésie

Archive for avril 2016

Homme ne vois-tu rien venir ? (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 30 avril 2016



Homme ne vois-tu rien venir ?
Chaque jour
Je m’attends à quelque coup d’éclat
Je suis tout feu tout flamme
On peut compter sur moi
Mais l’horizon n’avance pas
Ce sont toujours les mêmes visages
Le même paysage
Le même cri d’un homme qui s’ennuie.

(René Guy Cadou)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

CRI DU COEUR (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 30 avril 2016



CRI DU COEUR

Il faut revenir en arrière
Le vent qui mène tout reprend la terre en mains
On tourne les chemins
On soulève les pierres
Les racines du sang déchirent les paupières

C’est plus loin qu’il faut voir
Par-delà les orages
Par-delà les oiseaux qui bouclent les villages
Dans un ruisseau de soie que rien ne peut tarir

Quand le coeur va parler
Quand tout va repartir
Quand la peau du soleil glissera sous la porte
Je serai le premier sur les pas du matin

La voix n’est pas changée
Le mystère est le même
L’épaule est retombée sur le bras qui chantait.

(René Guy Cadou)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

PORTE DE SECOURS (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 30 avril 2016



PORTE DE SECOURS

Tout ce que j’ai laissé
Le ciel où je m’enfonce
La parole étouffée dans la cendre et les ronces
Les larmes dans un coin

Tout ce qui était moi
Dont je n’ai plus besoin
Les roses de ma peine
Un peu d’or oublié au fil de la semaine

Je n’ai rien à gagner
Au bord des mains désertes
Une tête a roulé qui ne parlera pas

Mais la porte est ouverte
Et le dernier venu a fait le premier pas

(René Guy Cadou)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

La nuit la ville morte (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 30 avril 2016



La nuit
La ville morte
Et la clé sur la porte
Les malles closes
Derrière ce mur tant de choses
Qu’on n’emporte pas
Tout ce qui perce encore le plafond
La trace chaude de mon front
Sur la vitre mouvante
Les douze coups de l’épouvante
Entre le ciel et moi
Et la lune qui règle la marée des toits

Un pas de plus
Et je tombe entre tes mains
Ma tête roule sur ton épaule
Tout seul
Je n’aurais pas retrouvé mon chemin.

(René Guy Cadou)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

MORT D’HOMME (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 30 avril 2016



Josélito Donas homme alllongé 6

MORT D’HOMME

Il y a un homme renversé sur la chaussée
Qui n’en a pas pour longtemps
Un homme qui n’a pas trente ans
Avec de belles épaules
Un corps doux à porter
Il faut être fort
Pour se tuer en plein été

On passe sans saluer
Mais ses yeux sont de l’autre côté.

(René Guy Cadou)
Illustration: Josélito Donas

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

DERIVE (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 30 avril 2016



DERIVE

Je n’ouvrirai pas la porte d’écume
Qui scelle les creux bariolés de la mer
Ni les dunes bourdonnantes
Le soleil navigue dans les ramures méduse perdue
Une main se tapit dans l’ombre de mon bras
Ma voix frôle des voix têtues
C’est l’écorce de l’eau qui m’emprisonne
Toutes ses clés rouillées qui ferment ma gorge
Tous ses goémons sur le coeur
Pour me sauver
Je retranche mon enfance de ma vie
Mes premiers pas brodés d’herbe
Mes jeux dociles
Je vis avec lenteur.

(René Guy Cadou)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Allez ! Continuez sans moi le voyage (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 30 avril 2016



Allez ! Continuez sans moi le voyage
Abandonnez-moi comme un excédent de bagages
Dans le hall d’une grande gare
Ou sur une plage
Sans couverture ni vivres
A quoi bon !

En ce moment vous traversez peut-être une forêt
À mi-chemin de la montagne
Et vous vous arrêtez soudain pour regarder
Le bleu des arbres et le fond des vallées

Pas de danger qu’on m’aperçoive
Derrière la dernière maison
Après le presbytère
Plus loin

Où l’on relègue les wagons
Là-bas
Dans l’herbe

Comme une chaussure qui boit
Le soleil rit
Et je me sens moi-même porté
En cet après-midi du début de l’année
À des excès de langage

(René Guy Cadou)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 3 Comments »

Il l’aima (Régine Foloppe Ganne)

Posted by arbrealettres sur 29 avril 2016



Il l’aima.

L’hiver fringant sortait ses cerisiers.

Pour toucher sa joue, il trouva des prétextes:
une lanière, une mouche,
une biche qui passe.

Les arbres avaient des joailleries.

Il posa sa main grise sur des souffles d’elle,
il accrochait ses pull-overs.

Elle avait vu des cyclistes rouges,
elle ne s’en souvenait plus,

il souleva son corps de ses yeux,
il mit sur elle toutes ses mains,

dans un manteau à boucles, une encolure,

dans le soleil de certains animaux,
il vit qu’elle était belle et quelle voulait bien.

(Régine Foloppe Ganne)

Illustration: Fabienne Contat

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Pour l’aimer, il n’eut plus que la mer (Régine Foloppe Ganne)

Posted by arbrealettres sur 29 avril 2016



plage homme seul 0 [800x600]

Pour l’aimer, il n’eut plus que la mer,
ce vide majestueux à portée de la main.
comme une peur entre ses doigts, ses nerfs.

Où la toucher dans le paysage?
Où vérifier qu’elle le désire ?

Tout était vert et sans mesure,
la nuit lui prendrait ses restes d’images,
le laisserait
comme un homme sur une plage.

(Régine Foloppe Ganne)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Un jour, ce sera si fort (Régine Foloppe Ganne)

Posted by arbrealettres sur 29 avril 2016



Un jour, ce sera si fort que je pousserai cette porte cochère
(au milieu d’un jardin, cette porte qui ne sépare rien que des fleurs de la mer…)

Je pousserai avec l’épaule et la vague, avec la robe et la bouche, avec la respiration.
Et l’angle s’ouvrira, le biais où je vous ramènerai mon corps, l’intrusion de pétales.

J’aurai veillé longuement, attendant de votre solitude cette tristesse,
l’abandon parfait où nous laisse le bord des forêts.

Je vous prêterai des choses par amour
si nous vient la chape bleue du soir.

(Régine Foloppe Ganne)

Illustration: Alphonse Osbert

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :