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Poésie

Archive for 7 avril 2016

L’amour est toujours devant vous (André Breton)

Posted by arbrealettres sur 7 avril 2016



L’amour est toujours devant vous.
Aimez!

(André Breton)

Illustration: Salvador Dali

 

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Comment est-ce qu’on fait? (Tim Morrisson)

Posted by arbrealettres sur 7 avril 2016



Comment est-ce qu’on fait?
Je veux dire, comment est-ce qu’on fait
pour que quelqu’un vous aime ?

(Tim Morrisson)

 

 

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Ah ! ce désir d’aimer qui passe dans ton rire (Sappho)

Posted by arbrealettres sur 7 avril 2016



Il m’éblouit, il goûte le bonheur des dieux,
cet homme qui devant toi prend place,
tout près de toi écoute, captivé,
la douceur de ta voix.

Ah ! ce désir d’aimer qui passe dans ton rire.
Et c’est bien pour cela
qu’un spasme étreint mon cœur dans ma poitrine.
Car si je te regarde, même un instant, je ne puis plus parler.

Mais d’abord ma langue est brisée,
un feu subtil soudain a couru en frisson sous ma peau,
mes yeux ne me laissent plus voir,
un sifflement tournoie dans mes oreilles

traduction de Yves Battistini

***

Il me paraît
Un vrai rival
Des dieux
L’homme qui peut
Rester assis
Près de toi
Bercé de la
Douceur sans nom
De ta voix
Tu parles
Il écoute
Les notes de
Ton rire et moi
Dans ma poitrine
Cœur stupide
Je t’aperçois
En un instant
Il n’y a plus
Un seul son
Un seul
Dans ma bouche
Et tout à coup
Langue rompue
Le feu court
Fin sous ma peau
Mes pauvres yeux
Ne voient plus
L’oreille
Me bourdonne…

traduction de Jérôme Vérain

***

Φαίνεταί μοι κῆνος ἴσος θέοισιν
Ἔμμεν’ ὤνηρ, ὄττις ἐνάντιός τοι
Ἰσδάνει καὶ πλάσιον ἆδυ φωνείσας ὐπακούει,
Καὶ γελαίσας ἰμέροεν, τό μ’ ἦ μὰν
Καρδίαν ἐν στήθεσιν ἐπτόαισεν.
Ὠς γὰρ ἔς σ’ ἴδω βρόχε’, ὤς με φώναισ’ οὐδ’ ἒν ἔτ’ εἴκει,
Ἀλλὰ κὰμ μὲν γλῶσσα ϝέαγε, λέπτον
Δ’ αὔτικα χρῶι πῦρ ὐπαδεδρόμακεν,
Ὀππάτεσσι δ’ οὐδ’ ἒν ὄρημμ’, ἐπιρρόμϐεισι δ’ ἄκουαι

(Sappho)

Illustration: John William Godward

 

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Seule la violente douceur (Jocelyne François)

Posted by arbrealettres sur 7 avril 2016



Seule la violente douceur
de l’amour allume à l’horizon
une lumière tenace.

(Jocelyne François)

Illustration: Marc Chagall

 

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Sois mon espace du dedans (Luc Bérimont)

Posted by arbrealettres sur 7 avril 2016



Sois mon espace du dedans :
Ma nuit de noir soleil hurlant.

(Luc Bérimont)

Illustration: George Frederic Watts

 

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Ça a commencé comme ça… (Bruno Doucey)

Posted by arbrealettres sur 7 avril 2016



Ça a commencé comme ça…

Ça ressemble à quoi l’amour?
Comment le reconnaître quand il pointe son nez
à la fenêtre de notre vie?
Peut-on décider de tomber amoureux?
Comment savons-nous que nous aimons?
Ces questions, je me les suis longtemps posées.
Comme tout le monde, peut-être…
Je ne savais pas.
C’est compliqué la vie…

Et puis, un jour, il s’est passé quelque chose.
Comme une étincelle ou le coeur qui fait boum.
J’ai rencontré une personne,
et cette rencontre m’a bouleversé.
J’ai voulu la revoir et la revoir encore.
Lui parler.
L’écouter.
La regarder.

Mon coeur battait la chamade en sa présence.
J’avais envie de toucher sa main,
d’effleurer son bras,
d’approcher mon visage de son visage,
mon corps de son corps.

Je ne pouvais plus dormir,
plus penser,
plus rêver à autre chose.
Je ne savais plus
où j’en étais
ni qui j’étais.
Un temps, je me suis éloigné,pour savoir,
mais l’autre m’a manqué et le mal s’est aggravé.

Alors, je suis revenu pour tenter d’élucider un mystère.
Pour atteindre l’être qui m’enveloppait comme un parfum.
Pour déchiffrer la place que j’occupais en l’autre,
et celle de l’autre en moi.
Pour rechercher des preuves d’amour.
Pour aimer.

Cette irruption brutale du sentiment dans la vie,
cette magie d’une présence,
cette impression de vivre pleinement,

c’est donc cela l’amour?

(Bruno Doucey)

 

 

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BROUILLARD (Georges Rodenbach)

Posted by arbrealettres sur 7 avril 2016



BROUILLARD

Mon Ame, je voudrais te faire souvenir
Du beau soir vaporeux, du soir de l’autre année,
Du soir dont nous aimions la verdure fanée
Avec l’amour qu’on a pour ce qui va finir.

Rappelle-toi l’étang du parc avec son île
Formant comme un navire à l’ancre, enguirlandé
De feuillage, où le clair de lune avait brodé
Toute une floraison diaphane et mobile.

Rappelle-toi ce clair de lune si troublant !
On eût dit dans le ciel un visage d’aïeule
Qui te disait d’aimer, de ne pas vivre seule
Et qui te souriait de son sourire blanc.

O soir d’automne ! ô nuit d’amour ! heure divine !
Au parc seigneurial, l’évanouissement
Des arbres s’achevait mélancoliquement
Dans le brouillard subtil comme une cendre fine.

Paysage alangui ! Sentimental décor !
Dont le vague évoquait ta Féerie, ô Shakespeare !
Et le Robin des Bois de Weber où soupire
Toute une douleur d’âme en des appels de cor !

Dans l’air, s’éparpillait l’humide éclaboussure
D’un jet d’eau qui laissait, sous le grand ciel blafard,
S’égoutter son sang pâle à travers le brouillard
Comme si l’ombre blanche avait une blessure.

On ne sait quel encens d’occultes encensoirs
Traînait sous le feuillage une vapeur bleuâtre,
Et l’on eût dit qu’au loin des escaliers d’albâtre
Entraînaient un cortège à de blancs reposoirs.

Les chemins s’emplissaient de vagues mousselines,
Les arbres n’étaient plus qu’un rêve aérien;
On voyait tout se fondre, on n’entendait plus rien
Que des bruits de musique arrivant des collines,

De musique très lente et d’un rythme affligeant,
Comme si l’on chantait des absoutes de vierges
Où tout, le catafalque et la cire des cierges,
Serait d’un blanc de neige avec des pleurs d’argent.

Et cette impression funèbre était si forte
Dans le vent automnal et dans l’air indistinct
Qu’à voir la Lune pâle et son regard éteint,
O mon Ame, j’ai cru que la Lune était morte !

(Georges Rodenbach)

 

 

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La vie (Paul-Jean Toulet)

Posted by arbrealettres sur 7 avril 2016




La vie est plus vaine une image
Que l’ombre sur le mur.
Pourtant l’hiéroglyphe obscur
Qu’y trace ton passage

M’enchante, et ton rire pareil
Au vif éclat des armes;
Et jusqu’à ces menteuses larmes
Qui miraient le soleil.

Mourir non plus n’est ombre vaine.
La nuit, quand tu as peur,
N’écoute pas battre ton coeur :
C’est une étrange peine.

(Paul-Jean Toulet)

Illustration

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O neige, toi la douce endormeuse des bruits (Georges Rodenbach)

Posted by arbrealettres sur 7 avril 2016




O neige, toi la douce endormeuse des bruits
Si douce, toi la soeur pensive du silence,
O toi l’immaculée en manteau d’indolence
Qui gardes ta pâleur même à travers les nuits.
Douce ! tu les éteins et tu les atténues
Les tulmutes épars, les contours, les rumeurs;
O neige vacillante, on dirait que tu meurs
Loin, tout au loin, dans le vague des avenues !
Et tu meurs d’une mort comme nous l’invoquons,
Une mort blanche et lente et pieuse et sereine,
Une mort pardonnée et dont le calme égrène
Un chapelet de ouate, un rosaire en flocons.
Et c’est la fin : le ciel sous de funèbres toiles
Est trépassé; voici qu’il croule en flocons lents,
Le ciel croule; mon coeur se remplit d’astres blancs
Et mon coeur est un grand cimetière d’étoiles !

(Georges Rodenbach)

 

 

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Je n’ai rien obtenu et j’ai tout désiré (Louis Emié)

Posted by arbrealettres sur 7 avril 2016



 

Jacek Malczewski destiny-1917 [1280x768]

Je n’ai rien obtenu et j’ai tout désiré,
Corps, triste chair de sang, de muscles et de nerfs
Insatiable, ce duel avec une âme…

Pardonnez-moi, mes ans perdus, d’avoir été
Celui qui s’est trompé de coeur et d’aventure
Qui n’a pas su mener ses pas où il fallait.
Où il fallait. Mais qui dira où il fallait?

(Louis Emié)

Illustration: Jacek Malczewski

 

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