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Poésie

Archive for 16 avril 2016

Elle attendait (Mathieu Bénézet)

Posted by arbrealettres sur 16 avril 2016




Elle attendait

Prisonnière
des candélabres
et des rêts
elle attendait
latente
dans l’entre-porte.

(Mathieu Bénézet)

 

 

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Quel que soit son domaine de création (Pearl Buck)

Posted by arbrealettres sur 16 avril 2016



 

Quel que soit son domaine de création,
le véritable esprit créatif n’est rien d’autre que ça :
une créature humaine née anormalement, inhumainement sensible.
Pour lui, un effleurement est un choc, un son est un bruit, une infortune est une tragédie,
une joie devient extase, l’ami un amoureux, l’amoureux est un dieu,
et l’erreur est la fin de tout.

Ajoutez à cet organisme si cruellement délicat l’impérieuse nécessité de créer, créer, et encore créer
– au point que sans la possibilité de créer de la musique, de la poésie, des livres, des édifices,
ou n’importe quoi d’autre qui ait du sens, il n’a plus de raison d’être.

Il doit créer, il doit se vider de sa créativité.
Par on ne sait quelle étrange urgence intérieure, inconnue,
il n’est pas vraiment vivant à moins qu’il ne soit en train de créer.

***

The truly creative mind in any field is no more than this :
A human creature born abnormally, inhumanly sensitive.
To him… a touch is a blow, a sound is a noise, a misfortune is a tragedy,
a joy is an ecstasy, a friend is a lover, a lover is a god,
and failure is death.

Add to this cruelly delicate organism the overpowering necessity to create, create, create
— so that without the creating of music or poetry or books or buildings
or something of meaning, his very breath is cut off from him.

He must create, must pour out creation.
By some strange, unknown, inward urgency
he is not really alive unless he is creating.

(Pearl Buck)

 

 

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Le soir brûle ses orties (Serge Brindeau)

Posted by arbrealettres sur 16 avril 2016



Le soir
brûle ses orties
sur les paupières
du garçon que je fus

Un chat
noir et jaune
me saute à la gorge

On parle aux hommes cependant
La fumée sent les noisettes mûres

(Serge Brindeau)

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Dimanche (René de Obaldia)

Posted by arbrealettres sur 16 avril 2016



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Dimanche

Charlotte
fait de la compote

Bertrand
suce des harengs

Cunégonde
se teint en blonde
Epaminondas
cire ses godasses

Thérèse
souffle sur la braise

Léon
peint des potirons

Brigitte
s’agite, s’agite

Adhémar
dit qu’il en a marre

La pendule
fabrique des virgules

Et moi dans tout cha ?
Et moi dans tout cha ?
Moi, ze ne bouze pas
Sur ma langue z’ai un chat

(René de Obaldia)

Illustration

 

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Dans Paris (Paul Éluard)

Posted by arbrealettres sur 16 avril 2016



Dans Paris

Dans Paris il y a une rue;
Dans cette rue il y a une maison;
Dans cette maison il y a un escalier;
Dans cet escalier il y a une chambre;
Dans cette chambre il y a une table;
Sur cette table il y a un tapis;
Sur ce tapis il y a une cage;

Dans cette cage il y a un nid;
Dans ce nid il y a un œuf,
Dans cet œuf il y a un oiseau.

L’oiseau renversa l’œuf;
L’œuf renversa le nid;
Le nid renversa la cage;

La cage renversa le tapis;
Le tapis renversa la table;
La table renversa la chambre;
La chambre renversa l’escalier;
L’escalier renversa la maison;
La maison renversa la rue;
La rue renversa la ville de Paris.

(Paul Éluard)

 

 

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Chevaux : trois ; oiseau : un (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 16 avril 2016



Franz Marc   the-red-horses

Chevaux : trois ; oiseau : un

J’ai trois grands chevaux courant dans mon ciel.
J’ai un seul petit oiseau, petit, dans mon champ.
Trois chevaux de feu broutant les étoiles.
Un oiseau petit qui vit d’air du temps.
Trois chevaux perdus dans la galaxie.
Un petit oiseau qui habite ici.
Les chevaux du ciel, c’est un phénomène.
Mais l’oiseau d’ici, c’est celui que j’aime.
Les chevaux du ciel sont de vrais génies.
L’oiseau dans mon champ, c’est lui mon ami.
Mais l’oiseau du champ s’envole en plein ciel,
rejoint mes chevaux, et je reste seul.
J’aimerais bien avoir des ailes.
Ça passerait le temps.
Ça passerait le ciel.

(Claude Roy)

 Illustration: Franz Marc

 

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Dans ma boîte (Luce Guilbaud)

Posted by arbrealettres sur 16 avril 2016



Dans ma boîte

J’aurai une grande boîte
pleine de soleil
pour les jours de pluie
pleine de sourires
pour les jours de grogne
pleine de courage
pour les jours de flemme.

Et dans ma boîte j’aurai aussi
plein de coquillages
pour écouter la mer.

(Luce Guilbaud)

 

 

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Je jouais (Luce Guilbaud)

Posted by arbrealettres sur 16 avril 2016



Je jouais

Je jouais à grimper à l’arc-en-ciel
comme à l’échelle
Sur le jaune
j’ai cueilli des boutons d’or
Sur l’orange
j’ai des clémentines
Sur le rouge
des framboises et des cerises
Plus haut, j’ai respiré les violettes
Dans le bleu
j’ai coupé une fenêtre de ciel
pour voir l’indigo
Et je suis tombé par la fenêtre
sur l’herbe verte.

(Luce Guilbaud)

 

 

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Mon ours (François David)

Posted by arbrealettres sur 16 avril 2016



nounours 1

Mon ours

Il n’a plus de bouton
À son pantalon.

Il a perdu la ficelle
Qui lui servait de bretelle.

On voit dépasser la paille
Au niveau de sa taille.

Et on aperçoit de la mousse
Sur sa jolie frimousse.

Mais moi je l’aime pourtant
Au moins autant qu’avant.

Je l’aimerai toujours
Mon ours.

(François David)

Illustration

 

 

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Il y a des mots (Georges Jean)

Posted by arbrealettres sur 16 avril 2016



Il y a des mots

Il y a des mots, c’est pour les dire,
c’est pour les faire frire,
c’est pour rire.

Il y a des mots, c’est pour les chanter,
c’est pour rêver,
c’est pour les manger.

Il y a des mots, que l’on ramasse;
des mots qui passent,
des mots qui se cassent.

Il y a des mots pour le matin,
des mots métropolitains,
ou lointains.

Il y a des mots épais et noirs,
des mots légers pour les histoires,
des mots à boire.

Il y a des mots pour toutes les choses,
pour les lèvres, pour les roses,
des mots pour les métamorphoses,
Si l’on ose…

(Georges Jean)

Illustration

 

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