Arbrealettres

Poésie

Archive for 23 avril 2016

Le dimanche du paysan (Georges-L Godeau)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2016



Le dimanche, au village,
les tracteurs dorment.
Lucas n’a pas de tracteur,
pas de dimanche.
Seul, dans la plaine,
il travaille.
C’est la saison de préparer la terre.
De temps à autre,
l’attelage s’arrête.
Lucas regarde au loin.
Il attend, c’est vrai.
Les voilà,
sa femme et sa fille,
en robes claires.
Elles viennent par la traverse.
On dirait deux sœurs.
Elles apportent le pique-nique.
Dimanche aussi pour Lucas.

(Georges-L Godeau)

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Souvent le coeur qu’on croyait mort (Cécile Sauvage)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2016



Souvent le coeur qu’on croyait mort
N’est qu’un animal endormi;
Un air qui souffle un peu plus fort
Va le réveiller à demi;
Un rameau tombant de sa branche
Le fait bondir sur ses jarrets
Et, brillante, il voit sur les prés
Lui sourire la lune blanche.

(Cécile Sauvage)

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Firmament (Dominique Grandmont)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2016



Firmament:
le sens
qui scintille.

(Dominique Grandmont)

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Ave (Catherine Pozzi)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2016



Très haut amour, s’il se peut que je meure
Sans avoir su d’où je vous possédais,
En quel soleil était votre demeure
En quel passé votre temps, en quelle heure
Je vous aimais,

Très haut amour qui passez la mémoire,
Feu sans foyer dont j’ai fait tout mon jour,
En quel destin vous traciez mon histoire,
En quel sommeil se voyait votre gloire,
Ô mon séjour.

Quand je serai pour moi—même perdue
Et divisée à l’abîme infini,
Infiniment, quand je serai rompue,
Quand le présent dont je suis revêtue
Aura trahi,

Par l’univers en mille corps brisée,
De mille instants non rassemblés encor,
De cendre aux cieux jusqu’au néant vannée,
Vous referez pour une étrange année
Un seul trésor

Vous referez mon nom et mon image
De mille corps emportés par le jour,
Vive unité sans nom et sans visage,
Cœur de l’esprit, ô centre du mirage
Très haut amour.

(Catherine Pozzi)

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Tu prononces mon nom (Anise Koltz)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2016



Tu prononces mon nom
comme celui d’un étang

Tu as dépossédé mes rives
tu règnes sur mes eaux

(Anise Koltz)


Illustration: ArbreaPhotos

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Tu nous brûles (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2016



Mes lèvres ont soif de ton baiser amer,
Et la sombre ardeur qu’en vain tu dissimules
Déchire mon âme et ravage ma chair:
Eros, tu nous brûles…

(Renée Vivien)

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Bonne année (Rosemonde Gérard)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2016



Bonne année à toutes les choses,
Au monde, à la mer, aux forêts.
Bonne année à toutes les roses
Que l’hiver prépare en secret.

Bonne année à tous ceux qui m’aiment
Et qui m’entendent ici-bas.
Et bonne année quand même
À tous ceux qui ne m’aiment pas.

(Rosemonde Gérard)

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Rêver (Andrée Clair)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2016



Rêver
les mots
comme l’inattendu
des nuages effilochés

les idées
comme une plume
sur la légère ondulation
d’un étang endormi

le corps
confiant sur la terre
le vent qui vous habille
de son renouvellement

rêver encore rêver

(Andrée Clair)

Illustration: Paul Delvaux

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Le cheval bleu (Hubert Juin)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2016




Nous sommes dans ce jour où le cheval bleu
De la poésie agite sa crinière
et bondit par-dessus les haies.

(Hubert Juin)

 

 

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Les étreintes du sang (Cécile Sauvage)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2016




Les étreintes du sang ont une pauvre flamme,
Les regards de l’amour s’arrêtent à nos yeux
Et le parfum intime et profond de notre âme
Doit en elle à jamais rester mystérieux.
Il faut que sur la lèvre à jamais étrangère
La coupe du baiser brise son frêle orgueil
Et répande sur nous le froid d’un cimetière:
Mon âme est dans ma chair comme dans un cercueil.

(Cécile Sauvage)

Illustration: Constantin Brancusi

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