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Poésie

Archive for 7 mai 2016

Je vis caché dans un trou (Patrick Joquel)

Posted by arbrealettres sur 7 mai 2016



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Je vis caché
dans un trou
tout au fond
de mon igloo
J’attends
un peu de soleil
un petit
clin d’oeil
du ciel
Je guette
avec gourmandise
un amour
sur la banquise

(Patrick Joquel)

Illustration

 

 

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Ville inconnue (Georges Jean)

Posted by arbrealettres sur 7 mai 2016



ville

Ville inconnue

Dans la ville des murmures
Traînent dans l’ombre
Les gens n’ont pas de visage
Les fenêtres sont fermées
Dans la gorge des passants
Le passé noue ses yeux profonds
Et la rivière des songes
Plonge au puits de solitude
Piétinements Habitudes
Un chat passe dans son ombre
Des enfants traversent la lune
Paumes ouvertes de la nuit
Derrière brûlent les étoiles
Le plâtre tombe des façades
Saga de la ville inconnue
Le vent construit l’espace
Et le Temps

(Georges Jean)

 Illustration

 

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Le facteur (Francis Jammes)

Posted by arbrealettres sur 7 mai 2016



Le facteur

Lorsque j’étais enfant, ma mère me disait :
« Si, homme, il m’avait fallu choisir un métier,
C’est un facteur rural que j’aurais voulu être. »
Et moi je l’admirais quand il passait, ses guêtres,
Et ses cannes de houx cueillies dans les clairières.
Ah ! Il était pour moi le parcoureur de terres,
Le voyageur qui s’en revient de l’inconnu.
Son monde était immense, en effet, j’avais vu,
Un jour après midi que nous nous promenions,
Que la route pouvait aller jusqu’à Ozon *.

(Francis Jammes)

 

 

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Ce sont les travaux des hommes (Francis Jammes)

Posted by arbrealettres sur 7 mai 2016



Ce sont les travaux de l’homme qui sont grands :
celui qui met le lait dans les vases de bois,
celui qui cueille les épis de blé piquants et droits,
celui qui garde les vaches près des aulnes frais,
celui qui fait saigner les bouleaux des forêts,
celui qui tord, près des ruisseaux vifs, les osiers,
celui qui raccommode les vieux souliers
près d’un foyer obscur, d’un vieux chat galeux,
d’un merle qui dort et des enfants heureux ;
celui qui tisse et fait un bruit retombant,
lorsque à minuit les grillons chantent aigrement ;
celui qui fait le pain, celui qui fait le vin,
celui qui sème l’ail et les choux au jardin,
celui qui recueille les oeufs tièdes.

(Francis Jammes)

Illustration: Joseph Matar

 

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Amour du prochain (Max Jacob)

Posted by arbrealettres sur 7 mai 2016



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Amour du prochain
(à Rousselot)

Qui a vu le crapaud traverser la rue ?
c’est un tout petit homme : une poupée n’est pas plus minuscule.
Il se traîne sur les genoux : il a honte on dirait…?
Non ! Il est rhumatisant.
Une jambe reste en arrière, il la ramène !
Où va-t-il ainsi ?
Il sort de l’égout, pauvre clown.
Personne n’a remarqué ce crapaud dans la rue.
Jadis, personne ne me remarquait dans la rue,
maintenant les enfants se moquent de mon étoile jaune.
Heureux crapaud !
Tu n’as pas d’étoile jaune.

(Max Jacob)

 

 

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Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 7 mai 2016



Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent ; ce sont
Ceux dont un dessein ferme emplit l’âme et le front.
Ceux qui d’un haut destin gravissent l’âpre cime.
Ceux qui marchent pensifs, épris d’un but sublime.
Ayant devant les yeux sans cesse, nuit et jour,
Ou quelque saint labeur ou quelque grand amour.
C’est le prophète saint prosterné devant l’arche,
C’est le travailleur, pâtre, ouvrier, patriarche.
Ceux dont le coeur est bon, ceux dont les jours sont pleins.
Ceux-là vivent, Seigneur ! les autres, je les plains.
Car de son vague ennui le néant les enivre,
Car le plus lourd fardeau, c’est d’exister sans vivre.
Inutiles, épars, ils traînent ici-bas
Le sombre accablement d’être en ne pensant pas.

(Victor Hugo)

 

 

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Rencontre (Robert Gélis)

Posted by arbrealettres sur 7 mai 2016



Rencontre

Madame la pianiste,
Dans les rues plutôt tristes,
Promenait ses mélodies,
Comme chaque lundi …
Et monsieur le poète,
Des rêves plein la tête,
Tenait en laisse, lui,
Des poèmes gentils…
Ils se sont rencontrés
Et, quelques mois après,
En plein temps des moissons,
Sont nées… trente-six chansons !

(Robert Gélis)

 

 

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Portrait de l’autre (Robert Gélis)

Posted by arbrealettres sur 7 mai 2016



Portrait de l’autre

L’Autre :
Celui d’en face, ou d’à côté,
Qui parle une autre langue
Qui a une autre couleur,
Et même une autre odeur
Si on cherche bien …

L’Autre :
Celui qui ne porte pas l’uniforme
Des bien-élevés,
Ni les idées
Des bien-pensants,
Qui n’a pas peur d’avouer
Qu’il a peur …

L’Autre :
Celui à qui tu ne donnerais pas trois sous
Des-fois-qu’il-irait-les-boire,
Celui qui ne lit pas les mêmes bibles,
Qui n’apprend pas les mêmes refrains …

L’Autre :
N’est pas nécessairement menteur, hypocrite,
vaniteux, égoïste, ambitieux, jaloux, lâche,
cynique, grossier, sale, cruel…
Puisque, pour Lui, l’AUTRE …
C’est Toi

(Robert Gélis)

Illustration: Igor Morski

 

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L’hippocampe (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 7 mai 2016



L’hippocampe

Gloire, gloire au bel hippocampe,
Cheval marin, cheval de trempe,
Qu’aucun jockey n’a chevauché,
Hip ! Hip ! Hip ! pour l’hippocampe.

Gloire ! Gloire au bel hippocampe,
Dans une poche, sur son ventre,
Il porte et il couve ses œufs.
Là, ses petits sont bien chez eux.
Hip ! Hip ! Hip ! pour l’hippocampe.

(Robert Desnos)

 

 

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Effleure paupière (Jacques Izoard)

Posted by arbrealettres sur 7 mai 2016




Effleure paupière.
Et si le regard devient souffle
toute douceur est immédiate.
Et tu dors dans ton propre corps.

(Jacques Izoard)

Illustration: William Bouguereau

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