Arbrealettres

Poésie

LES DORMEUSES (Louis Emié)

Posted by arbrealettres sur 10 mai 2016



 

LES DORMEUSES

L’AGE d’or a tenu sa dernière promesse
Et du même buisson qui, pour nous, s’était tu,
L’iris de la vallée, un prince calme et nu,
A surgi, frère et fils de la blanche déesse.

Le baiser qu’il nous vole est celui qui nous blesse,
L’aurions-nous désiré sans l’avoir obtenu…
Le seul corps que nos bras n’avaient pas défendu,
Pour le dépayser, rôde sous sa caresse.

Délivré par nos mains du jour qui lui fait peur,
Mêlant à nos regards les yeux d’un autre coeur,
Le dieu décapité nous apporte sa tête.

— Quel visage est celui que tu nous as donné,
Quand nous avons changé de souffle et de tempête,
Vertige par le nôtre aujourd’hui couronné ?

(Louis Emié)

Illustration: Gustave Courbet

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