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Poésie

Archive for 19 mai 2016

Présence de Dieu (Tomas Tranströmer)

Posted by arbrealettres sur 19 mai 2016



Présence de Dieu.
Une porte close s’est ouverte
dans le tunnel des chants d’oiseaux.

(Tomas Tranströmer)

 

 

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BIEN DES PAS (Tomas Tranströmer)

Posted by arbrealettres sur 19 mai 2016



 


BIEN DES PAS

Les icônes furent couchées en terre, face vers le ciel,
et la terre fut tassée
par des roues, des souliers, par des centaines de pas,
les pas pesants de milliers d’incrédules.

Je descendis en rêve dans un bassin souterrain,
fluorescent,
une messe tumultueuse.
Quel immense désir ! Quel stupide espoir !
Et là-haut, le piétinement de millions d’incrédules.

(Tomas Tranströmer)

Illustration

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Je suis le partenaire du lanceur de couteaux! (Tomas Tranströmer)

Posted by arbrealettres sur 19 mai 2016



Écoutez les remords mécaniques de la société,
la voix du grand ventilateur
comme une brise artificielle dans les galeries de la mine
six cents mètres plus bas.

Nos yeux sont grands ouverts sous le bandage.

Si j’arrivais au moins à leur faire sentir
que ces vibrations, là, sous nos pieds,
veulent dire que nous sommes sur un pont…

Je dois souvent rester tout à fait immobile.
Je suis le partenaire du lanceur de couteaux!

Les questions que j’ai jetées au loin avec rage
me reviennent en sifflant,
elles ne m’atteignent pas, mais elles clouent ma silhouette
à grands traits,
et restent là quand je m’en suis allé.

(Tomas Tranströmer)

Illustration

 

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Quelqu’un apparaît un instant (Tomas Tranströmer)

Posted by arbrealettres sur 19 mai 2016



Il arrive, mais rarement
que l’un de nous voie vraiment l’autre :

quelqu’un apparaît un instant
comme sur une photographie, mais plus distinctement,
avec, à l’arrière-plan,
quelque chose de plus grand que son ombre.

Il se tient debout devant une montagne.
C’est davantage une coquille d’escargot qu’une montagne.
C’est davantage une maison qu’une coquille d’escargot.
Ce n’est pas une maison, mais cela a beaucoup de chambres.
C’est indistinct mais subjuguant.
II naît dans cette coquille, et elle naît en lui.
C’est sa vie, c’est son labyrinthe.

(Tomas Tranströmer)

Illustration

 

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Dans la maison sonore (Tomas Tranströmer)

Posted by arbrealettres sur 19 mai 2016




Je passais la nuit dans la maison sonore.
Ils sont nombreux à vouloir traverser les murs,
mais la plupart d’entre eux ne parviennent pas jusque-là :
ils sont submergés par les hurlements blancs de l’oubli.
Un chant anonyme est noyé dans les murs.
Des coups discrets qu’on ne veut pas entendre,
des soupirs prolongés,
mes anciennes répliques qui rampent orphelines.

(Tomas Tranströmer)

 

 

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SOIR DE DÉCEMBRE – 72 (Tomas Tranströmer)

Posted by arbrealettres sur 19 mai 2016



SOIR DE DÉCEMBRE – 72

Me voilà, moi, l’homme invisible, peut-être employé
par la Grande Mémoire à vivre en cet instant. Et je longe

l’église blanche cadenassée où un saint de bois sourit –
debout, désemparé, comme si on lui avait ôté ses lunettes.

Il est seul. Et tout le reste est là, là, là. La pesanteur qui nous presse
sur le travail le jour et sur le lit la nuit. La guerre.

(Tomas Tranströmer)

 

 

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Nous saignons de ces blessures dont nous ignorons tout (Tomas Tranströmer)

Posted by arbrealettres sur 19 mai 2016



Derrière ceux qui avancent, plane une croix qui cherche
à nous rejoindre, nous dépasser, s’unir à nous.
Quelque chose qui voudrait s’approcher par surprise,
nous couvrir les yeux des deux mains et murmurer
« Devine qui c’est!»
Nous semblons presque heureux au soleil, alors que
nous saignons de ces blessures dont nous ignorons
tout.

(Tomas Tranströmer)

Illustration: Marc Chagall

 

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Je suis un vieil arbre (Tomas Tranströmer)

Posted by arbrealettres sur 19 mai 2016



C’est la mi-journée. Le linge lavé ondule au vent gris
de la mer bien au-dessus des cyclistes
qui viennent en essaims serrés. Avez-vous vu les
dédales latéraux?
Je suis entouré de caractères d’une écriture que je ne
peux déchiffrer, je suis parfaitement analphabète.
Mais j’ai payé ce que je devais et on m’a toujours
donné une quittance.
J’ai amassé tant de quittances illisibles.
Je suis un vieil arbre dont les feuilles fanées sont
restées accrochées et n’arrivent
à tomber par terre.

Et un souffle venu de l’océan fait bruire mes
quittances.

(Tomas Tranströmer)

Illustration

 

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Chèvres (Tomas Tranströmer)

Posted by arbrealettres sur 19 mai 2016


 

En remontant la falaise
sous le soleil – des chèvres
qui broutaient du feu.

(Tomas Tranströmer)

Illustration: William Holman Hunt

 

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À DES AMIS AU-DELÀ D’UNE FRONTIÈRE (Tomas Tranströmer)

Posted by arbrealettres sur 19 mai 2016



À DES AMIS AU-DELÀ D’UNE FRONTIÈRE

I
Je vous ai écrit une lettre si sèche. Mais ce que je n’ai pu écrire
s’est gonflé et gonflé comme autrefois les dirigeables
pour finalement partir dans le ciel de la nuit.

II
Ma lettre est maintenant chez le censeur. Il allume sa lampe.
Dans son éclat, mes mots s’envolent comme des singes sur une grille,
ils la secouent, se figent et montrent les dents !

III
Lisez entre les lignes. Nous nous verrons dans deux cents ans,
lorsque les microphones seront oubliés dans les murs de l’hôtel
et qu’ils pourront enfin dormir, devenir trilobites.

(Tomas Tranströmer)

 

 

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