Arbrealettres

Poésie

PLUS LOIN ENCORE (Tomas Tranströmer)

Posted by arbrealettres sur 20 mai 2016



PLUS LOIN ENCORE

À la grande entrée de la ville
quand le soleil est bas.
La circulation se traîne, épaissit.
Tel un dragon paresseux, étincelant.
Je suis une des écailles du dragon.
Soudain, le soleil incandescent
est au milieu du pare-brise
et me submerge.
Je suis translucide
et une écriture inscrit
en moi
des mots tracés à l’encre sympathique
qui surgissent
lorsqu’on tient le papier au-dessus de la flamme !
Je sais qu’il me faut partir très loin
traverser la ville et aller plus
loin encore, jusqu’à ce que vienne l’heure de sortir
et de marcher longuement en forêt.
De suivre les traces du blaireau.
L’obscurité se fait, difficile d’y voir.
Mais là, sur la mousse, il y a des pierres.
L’une d’elles est précieuse.
Elle peut tout convertir :
elle sait faire briller l’obscurité.
C’est un commutateur pour le pays entier.
Tout y est raccordé.
La regarder, l’effleurer…

(Tomas Tranströmer)

Illustration

 

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