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Poésie

Archive for 21 mai 2016

Il faut laver ce que tu dis (Hélène Cadou)

Posted by arbrealettres sur 21 mai 2016



 

Il faut laver
Ce que tu dis

les galets blancs
Les planètes

Il faudrait laver
Le ciel et la pluie

Pour que l’amour
rutile sous l’averse

Il faut laver ton regard
Laver le jour à grande eau

Laver ton coeur
De tes larmes

Si tu veux lire enfin
Le monde en clair
dans la fenêtre.

(Hélène Cadou)

 

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L’arbre (Hélène Cadou)

Posted by arbrealettres sur 21 mai 2016



L’arbre

Il me suffit d’un arbre
Pour approuver le vent

Il me suffit d’une herbe

D’un souvenir
Pour que le ciel s’éclaire

De ton regard
Pour donner sens au monde.

(Hélène Cadou)

 

 

 

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Plus d’avenir (Hélène Cadou)

Posted by arbrealettres sur 21 mai 2016



dos au mur [800x600]

Plus d’avenir

Et le dos au mur
que sauveras-tu ?

Un seul arbre
pour le regard
avec des volées d’oiseaux.

Un nuage aussi
pour croire au soleil
et son reflet contre la vitre

la mer encore
pour le voyage
j’entends son souffle à mes pieds

le monde enfin
avec des femmes et ses hommes
toute la vie contre sa joue

(Hélène Cadou)

 

 

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Je me souviens (Nicolas Bouvier)

Posted by arbrealettres sur 21 mai 2016



Je me souviens
Le fleuve était en crue
Le ciel gorgé de pluie s’étirait comme une bête
sur d’interminables friches noires
L’outarde, la cigogne
et tout ce que j’ai aimé ensuite
y nichaient déjà en secret

(Nicolas Bouvier)

 

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Sous Les Saules (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 21 mai 2016



Sous Les Saules

L’étrange oiseau dans la cage aux flammes
Je déclare que je suis le bûcheron de la forêt d’acier
que les martes et les loutres sont des jamais connues
l’étrange oiseau qui tord ses ailes et s’illumine
Un feu de Bengale inattendu a charmé ta parole
Quand je te quitte il rougit mes épaules et l’amour
Le quart d’heure vineux mieux vêtu qu’un décor lointain
étire ses bras débiles et fait craquer ses doigts d’albâtre
À la date voulue tout arrivera en transparence
plus fameux que la volière où les plumes se dispersent
Un arbre célèbre se dresse au-dessus du monde
avec des pendus en ses racines profondes vers la terre
c’est ce jour que je choisis
Un flamboyant poignard a tué l’étrange oiseau dans la cage de flamme
et la forêt d’acier vibre en sourdine illuminée par le feu des mortes giroflées
Dans le taillis je t’ai cachée dans le taillis qui se proclame roi des plaines.

(Robert Desnos)

 

 

 

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Novembre (Nicolas Bouvier)

Posted by arbrealettres sur 21 mai 2016



grenade sous la neige

Novembre

Les grenades ouvertes qui saignent
sous une mince et pure couche de neige
le bleu des mosquées sous la neige
les camions rouillés sous la neige
les pintades blanches plus blanches encore
les longs murs roux
les voix perdues
qui cheminent à tâtons sous la neige
toute la ville, jusqu’à l’énorme citadelle
s’envole dans le ciel moucheté

(Nicolas Bouvier)

Illustration

 

 

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Les feuilles des noyers (Nicolas Bouvier)

Posted by arbrealettres sur 21 mai 2016



Les feuilles des noyers

Les feuilles des noyers sont brillantes de pluie
La brume monte du sol
Au fond du pré
deux vieilles cueillent de la dent-de-lion
Une fois cassées en deux
elles ne se relèveront plus
avant d’avoir rempli leurs cabas
Je vois leurs culs noirs
se déplacer comme des bestiaux essoufflés
indécis
et parfois le bref éclair
au ras du sol
du petit couteau de cuisine
Je fixe cette image
dans ma tête
en attente
Je suis dans un temps
où les choses ont cessé d’être
proches
intelligibles
compatissantes

(Nicolas Bouvier)

 

 

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L’éclair joint le feu à la source (Alain Boudet)

Posted by arbrealettres sur 21 mai 2016



L’éclair joint le feu à la source
et nous sommes pareils à l’éclair
La pierre abrite la lumière
et nous ressemblons à la pierre
Chaque reflet nous investit
nous sommes perméables aux cris
dissous dans l’ombre
En écoutant nos pas
nous apprenons le monde
Le chemin même est transparent
Nous peuplons chaque instant
de ce qui nous habite
et nous prêtons nos voix
aux mots du paysage.

(Alain Boudet)

 

 

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Si j’étais couché sur l’herbe (Pierre Albert-Birot)

Posted by arbrealettres sur 21 mai 2016



 

Gilrean Vardamir Red_Dragon _

Si j’étais couché sur l’herbe

Je suis couché sur l’or
C’est pour ça que je dors si mal
Et c’est bien fait pour moi
Je dormirais si bien
Si j’étais couché sur l’herbe

(Pierre Albert-Birot)

Illustration

 

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Je revis un rêve (Tomas Tranströmer)

Posted by arbrealettres sur 21 mai 2016


Je revis un rêve. Je me retrouve seul dans un cimetière.
La bruyère luit partout,
aussi loin que porte le regard. Qu’est-ce que j’attends?
Un ami. Pourquoi
ne vient-il pas? Parce qu’il est déjà là.

Doucement, la mort fait remonter la lumière par le bas, par le
sol. La lande brille d’une couleur lilas de plus en plus
intense
– non, d’une couleur jamais vue jusque-là… jusqu’à
ce que les lueurs
blêmes de l’aube viennent siffler entre mes paupières
et que je me réveille à cet immuable PEUT-ÊTRE qui
me transporte dans un monde chancelant.
Et les images abstraites de l’univers sont aussi
impossibles que l’est
le dessin d’une tempête.

(Tomas Tranströmer)

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