Arbrealettres

Poésie

Archive for 30 mai 2016

FRAGMENTS (Bartolo Cattafi)

Posted by arbrealettres sur 30 mai 2016



FRAGMENTS

Quelques fragments épars
décolorés par le temps,
issus d’on ne sait où,
peut-être les particules d’un vieux
monde qui veut encore se connecter à nous,
aiguisant les pointes
d’un remords inconnu,
épines dans l’oeil,
échardes sous l’ongle,
fragments détachés d’un arc,
d’un cercle,
d’un segment oublié du parcours.

***
FRAMMENTI

Pochi sparsi frammenti
scoloriti dal tempo
giunti da chissà dove
forse particole d’un vecchio
mondo che vuole ancora connettersi con noi
aguzzando punte
d’un ignoto rimorso
pruni nell’occhio
schegge sotto l’unghia
frammenti staccatisi da un arco
un cerchio
da una parte scordata del percorso.

(Bartolo Cattafi)

Illustration: Waldemar Nobre

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 4 Comments »

RÊVE D’HIVER (Bartolo Cattafi)

Posted by arbrealettres sur 30 mai 2016




RÊVE D’HIVER

Ce foisonnement estival,
ce petit tourbillon de mouches
dans une pièce hivernale…
La pensée est une opaque
matière tressaillante,
dans le bourdonnement,
elle dort barricadée
dans les lois de l’heure
comme un poulpe cramponné
à son rêve d’hiver,
parfois elle ouvre un oeil,
si soleil et braise brillent vaguement,
mais elle ne voit pas.

***

SOGNO D’INVERNO

Questo rigurgito estivo
mulinello di mosche
in una stanza invernale…
Il pensiero è un’opaca
materia trasalita
al ronzio
egli dorme rinchiuso
tra le leggi del momento
come un polipo aggrappato
al suo sogno d’inverno
apre un occhio talvolta
se sole e brace balùginano
ma non vede.

(Bartolo Cattafi)

Illustration: André Nadal

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Nous écoutions le vent dans les rues désertes (Margherita Guidacci)

Posted by arbrealettres sur 30 mai 2016



Nous écoutions le vent dans les rues désertes,
Et regardions l’automne passer sur la colline,
L’Ange se tenait à notre côté et nous consumait

***

O anche quando semplicemente ascoltavamo il vento nelle strade
deserte,
E guardavamo l’autunno trascorrere sulla collina,
Stava l’Angelo al nostro fianco e ci consumava.

(Margherita Guidacci)

Illustration: Timothy Sorsdahl

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , | 2 Comments »

STATUE (Bartolo Cattafi)

Posted by arbrealettres sur 30 mai 2016



STATUE

Pensées pétrifiées,
immobiles sur la dernière ride du front,
yeux ouverts sur de grandes distances,
statue des jardins,
des ponts, des carrefours, des pièces,
statue de frontière
partout immobile sur la dernière marche.

***

STATUA

Pensieri pietrificati
fermi all’ultima ruga della fronte
occhi aperti su grandi lontananze
statua dei giardini
dei ponti dei crocicchi delle stanze
statua di frontiera
ovunque ferma all’ultimo gradino.

(Bartolo Cattafi)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Soleil ô (René Philoctète)

Posted by arbrealettres sur 30 mai 2016



soleil ô
de quel côté tu es
trois fois nous avons frappé à ta porte
de quel côté tu es
soleil ô
nous sortons de très loin
de quel côté tu es
les enfants sont malades
soleil ô
de quel côté tu es

(René Philoctète)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , | 2 Comments »

TRES CLAIREMENT (Franco Fortini)

Posted by arbrealettres sur 30 mai 2016


 


TRES CLAIREMENT

On voit très clairement les choses.
On peut compter chaque feuille des platanes.
Le long du parc de septembre
déjà l’autobus en emporte quelques-unes.
Un à un reviennent les derniers mois,
le travail imparfait et l’angoisse,
les matins, les attentes et les pluies.

Le regard est là mais ne voit nulle histoire
de soi ni d’autrui. Il ne sait plus qui est
l’obstiné qui la nuit noircit des feuilles
avec les signes d’une langue qui n’est plus sienne
et répète son erreur.
N’est-ce rien ? Est-ce quelque chose ?
A ces questions une réponse est due.
Grande était la force de juillet.
Quand elle est passée, est passé l’été.
Mais l’été n’est pas tout.

***

MOLTO CHIARE…

Molto chiare si vedono le cose.
Puoi contare ogni foglia dei platani.
Lungo il parco di settembre
l’autobus già ne porta via qualcuna.
Ad uno ad uno tornano gli ultimi mesi,
il lavoro imperfetto e l’ansia,
le mattine, le attese e le piogge.

Lo sguardo è là ma non vede una storia
di sé o di altri. Non sa più chi sia
l’ostinato che a notte aranera carte
coi segni di una lingua non più sua
e replica il suo errore.
E niente ? E qualche cosa ?
Una risposta a queste domande è dovuta.
La forza di luglio era grande.
Quando è passata, è passata l’estate.
Perd l’estate non è tutto.

(Franco Fortini)

Illustration

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Je Nous (Edmond Lequien)

Posted by arbrealettres sur 30 mai 2016



Je
Nous
Jeu du Je
Et du nous
Genou
Feu doux
Qui couve sous la jambe.

(Edmond Lequien)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , | Leave a Comment »

Je l’attends jour et nuit (Serge Gainsbourg)

Posted by arbrealettres sur 30 mai 2016



J’ai trouvé dans une bouteille
Sur la plage abandonnée
« Qui lira ces mots
A lui je me donnerai »

Depuis ce jour maudit
Je l’attends jour et nuit
Depuis ce maudit jour
J’attends l’amour

Il y avait dans ce billet
Par l’Océan rejeté
Les regrets les larmes
D’un chagrin inavoué

Depuis ce jour maudit
Je l’attends jour et nuit
Depuis ce maudit jour
J’attends l’amour

J’ai rejeté à la mer
Toutes mes amours passées
Pour ces quelques mots
Que je n’oublierai jamais

Depuis ce jour maudit
Je l’attends jour et nuit
Depuis ce maudit jour

J’attends l’amour

(Serge Gainsbourg)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , | 4 Comments »

Je ne connais pas le squelette (Anise Koltz)

Posted by arbrealettres sur 30 mai 2016



Je ne connais pas
le squelette
qui vit debout en moi

Obscurs sont les lieux de mon corps
la gravitation me commande

Je m’escorte
dans l’énigme totale
de moi-même

Comment me traduire
par le verbe

(Anise Koltz)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Quelqu’un (Raymond Farina)

Posted by arbrealettres sur 30 mai 2016



Quelqu’un
comme une maison vide
une solitude
où se perdrait sans doute
le monde

ce qu’il reste de mots usés
jusqu’au coeur
d’inachever l’enfance

(Raymond Farina)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Illustration: Edward Hopper

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :