Arbrealettres

Poésie

EPIPHANIE (Piero Bigongiari)

Posted by arbrealettres sur 2 juin 2016


 

EPIPHANIE

Fumées, songes, un signe sur l’eau :
c’est la ligne du pêcheur, le soleil,
un reflet qui ne navigue pas, qui n’appareille pas ;
un regard qui ne parvient pas à voir, le coeur.

Sur ces extrêmes ramifications du déluge
les feux ne s’allument pas, ils fument longtemps
longtemps ; en levant la tête les rescapés
veulent-ils replacer le soleil dans le ciel ?

On dit que s’il y a un esprit il ne peut oublier,
une lumière part de la mémoire, divise la mémoire
la trouble, mais déjà sur ces frêles clartés
le soleil — ou l’hameçon, ou l’appât — trouve le bond de la proie.

***

EPIFANIA

Fumi, sogni, un segno sull’acqua :
è la lenza del pescatore, il sole,
un riflesso che non naviga, che non si stacca;
uno sguardo che non arriva a vedere, il cuore.

Su queste estreme propaggini del diluvio
i faló non si accendono, fumano a lungo
a lungo, alzando it viso gli scampati
vogliono riportare it sole in cielo ?

Dicono che se c’è una mente non puô dimenticare,
una luce parte dalla memoria, divide la memoria
la confonde, ma già su queste fragili chiarie
trova il sole — o l’amo, o l’esca — il guizzo della preda.

(Piero Bigongiari)

Illustration: René Magritte

 

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