Arbrealettres

Poésie

LE COIN (Guillaume Apollinaire)

Posted by arbrealettres sur 2 juin 2016



LE COIN

Les vieux miséreux attendent, en battant la semelle, qu’un patron les embauche.
Ils attendent et frissonnent, les mains dans les poches,
Ils ne se parlent pas entre eux car ils ne se connaissent pas.
Parfois l’un d’eux murmure Nom de Dieu tout bas.

Les fiacres en roulant près du trottoir, les éclaboussent
Les passants en pardessus, sans les voir les repoussent
La pluie souvent fes mouifle jusqu’aux os
Ils relèvent le col de la veste courbent un peu plus le dos
Disent Sacré bon Dieu de bon Dieu et toussent.

Ça durera jusqu’au jour où dans l’hôpital
Ils cracheront le reste de la vie en noir en pensant « Ça y est jusqu’à la gauche »
Ils pleureront peut-être comme un petit gosse qui a mal
Et crèveront en murmurant : C’est-y l’bon Dieu qui m’embauche ?

(Guillaume Apollinaire)

 

 

2 Réponses to “LE COIN (Guillaume Apollinaire)”

  1. Drenagoram said

    D’Une Vie sans le Sous , errant en Pardessus ,
    La Misère pour seule Vue , dormait au Coin de Nous ,
    Quémadant rendez-vous, pour gagner un peu plus ,
    Au Grand Jour dans le Rue ,Ils reçurent le dégout .
    ~
    NéO~
    ~
    Pauvre de Nous 😦

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