Arbrealettres

Poésie

Archive for 14 juin 2016

L’automne (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 14 juin 2016



L’automne

L’automne au coin du bois,
Joue de l’harmonica.
Quelle joie chez les feuilles !
Elles valsent au bras
Du vent qui les emporte.
On dit qu’elles sont mortes,
mais personne n’y croit.
L’automne au coin du bois,
Joue de l’harmonica.

(Maurice Carême)

Illustration: Sylvie Lemelin

 

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Le ciel (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 14 juin 2016



Le ciel

Derrière le long treillis
Tramé par les branches nues
Des arbres de l’avenue,
Le ciel semble un pré bleui
Où paît, agneau nonchalant
Ébouriffé par le vent,
Un petit nuage blanc.

(Maurice Carême)

 

 

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Entre Margny et Breux (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 14 juin 2016



 

Entre Margny et Breux

Le silence est si transparent
Qu’il suffit d’un vague moustique
Pour le rayer profondément
De son diamant mélodique.
Les troupeaux se sont confondus
Avec les ombres des taillis.
Le ruisseau aussi s’est perdu.
Où sont passées les hirondelles ?
La forêt a fermé ses ailes.
Les peupliers sont bleus de nuit.

(Maurice Carême)

 Illustration: Guillaume Bourquin

 

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Chanson (Francis Carco)

Posted by arbrealettres sur 14 juin 2016



Chanson

Des saules et des peupliers
Bordent la rive.
Entends, contre les vieux piliers
Du pont, l’eau vive !

Elle chante comme une voix
Jase et s’amuse,
Et puis s’écrase sur le bois
Frais de l’écluse.

Le moulin tourne. Il fait si bon,
Quand tout vous laisse,
S’abandonner, doux vagabond,
Dans l’herbe épaisse !

(Francis Carco)

 

 

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La fenêtre (Francis Carco)

Posted by arbrealettres sur 14 juin 2016



La fenêtre

La fenêtre est ouverte et le jardin s’endort,
Longuement, avec des bruits d’eau et des murmures
D’invisibles oiseaux blottis dans les ramures
Que le soir a tiédies de sa caresse d’or.

La fenêtre est ouverte. Et monte le silence
Du cœur des fleurs, du cœur de l’ombre jusqu’à nous
Qui, pensifs, l’écoutons venir à pas très doux
Du fond de notre obscure et grave conscience.

La fenêtre est ouverte…et le jardin n’est plus
Qu’une chose confuse et doucement lointaine
Où l’on entend parfois, aux rumeurs des fontaines,
Bouger les ailes des oiseaux qui se sont tus.

(Francis Carco)

Illustration

 

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Infinitif (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 14 juin 2016



Infinitif

Y mourir ô belle flammèche y
voir les nuages fondre comme la neige et l’écho
origines du soleil et du blanc pauvres comme Job
ne pas mourir encore et voir durer l’ombre
naître avec le feu et ne pas mourir
étreindre et embrasser amour fugace le ciel mat
gagner les hauteurs abandonner le bord
et qui sait découvrir ce que j’aime
omettre de transmettre mon nom aux années
rire aux heures orageuses dormir au pied d’un pin
grâce aux étoiles semblables à un numéro
et mourir ce que j’aime au bord des flammes.

(Robert Desnos)

 

 

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Je regarde dehors par la fenêtre (Jean Aubert Loranger)

Posted by arbrealettres sur 14 juin 2016



Je regarde dehors par la fenêtre

J’appuie des deux mains et du front sur la vitre
Ainsi, je touche le paysage,
Je touche ce que je vois,
Ce que je vois donne l’équilibre
À tout mon être qui s’y appuie.
Je suis énorme contre ce dehors
Opposé à la poussée de tout mon corps ;
Ma main, elle seule, cache trois maisons.
Je suis énorme, Énorme…
Monstrueusement énorme,
Tout mon être appuyé au dehors solidarisé.

(Jean Aubert Loranger)

 

 

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Le Vendredi Du Crime (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 14 juin 2016



Albert Henry Collings  7F [800x600]

Le Vendredi Du Crime

Un incroyable désir s’empare des femmes endormies
Une pierre précieuse s’endort dans l’écrin bleu de roi
Et voila que sur le chemin s’agitent les cailloux fatigués
Plus jamais les pas des émues par la nuit
Passez cascades
Les murailles se construisent au son du du luth d’Orphée
et s’écroulent au son des trompettes de Jéricho
Sa voix perce les murailles
et mon regard les supprime sans ruines
Ainsi passent les cascades avec la lamentation des étoiles
Plus de cailloux sur le sentier
Plus de femmes endormies
Plus de femmes dans l’obscurité
Ainsi passez cascades.

(Robert Desnos)

 Illustration: Albert Henry Collings

 

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Columbatim (Sappho)

Posted by arbrealettres sur 14 juin 2016



Columbatim

Dans ce lit, aux molles clartés
Tombant d’une lampe d’albâtre,
Voyez s’entrelacer, s’ébattre
Deux serpents, deux jeunes beautés.

Des serpents ! non ce sont des cygnes
Par la grâce et par la fraîcheur,
L’aile frémit en sa blancheur,
Brisant les ombres et les lignes.

Pourquoi ces soupirs, ces sanglots,
Couple ardent, dont le sein palpite ?
La fureur de Sapho t’agite :

Ensemble vous videz à flots
Vos coupes de chair, loin de l’homme,
O précieuses de Sodome !

(Sappho)

Illustration: Gustave Courbet

 

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Hiver (Marie Nizet)

Posted by arbrealettres sur 14 juin 2016



 

Hiver

Dans la tiède langueur de la chambre bien close
Le sommeil doucement vous a gagné. Je n’ose
Bouger car vous dormez au creux de mes genoux.
Et je reste à rêver devant votre visage
Si beau, si jeune encor, si peu touché par l’âge
Qu’on dirait que le temps s’est arrêté pour vous.

Mais malgré le front lisse et la moustache blonde,
Je sais qu’il marque aussi pour vous chaque seconde
Et que vous souffrirez quand ce jour aura lui
Où la jeunesse meurt dans la beauté flétrie.
Et je pleure en baisant d’une lèvre attendrie
Vos cheveux d’or hier et d’argent aujourd’hui.

(Marie Nizet)

Illustration: Vincent Van Gogh

 

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