Arbrealettres

Poésie

La mémoire (Marie Nizet)

Posted by arbrealettres sur 14 juin 2016



La mémoire

Nous sommes plus mêlés l’un à l’autre aujourd’hui
Que le mercure et l’or réduits en amalgame;
Et l’on ne peut pas plus me séparer de lui
Que l’arbre de l’écorce et que l’air de la flamme.

La mort sournoise a fait en fait le sombre jeu
De laisser retomber sur lui la morne porte.
J’ai prolongé sa vie avec la mienne un peu…
Il ne sera bien mort que quand je serai morte.

…Je suis le lin du drap dont on fit son linceul,
Le bois de son cercueil, la dalle de sa tombe
Où j’ai muré mon âme afin qu’il soit moins seul
Dans ce définitif silence où tout retombe…

Son coeur mort et le mien tiennent au même fil,
Il est ma longue nuit, ma ténébreuse aurore…
Mon cerveau défaillant même l’oubliât-il
Que mon sang et ma chair s’en souviendraient encore…

(Marie Nizet)

Illustration

 

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