Arbrealettres

Poésie

Archive for 16 juin 2016

Le diamant est éternel (Jean Orizet)

Posted by arbrealettres sur 16 juin 2016



Le diamant est une valeur refuge

Si vous parvenez
à vous nicher à l’intérieur
vous ne risquerez plus rien:

le diamant est éternel

(Jean Orizet)

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Tu brilles (Jean Orizet)

Posted by arbrealettres sur 16 juin 2016



La nuit se découvre à l’heure de ton nom
tu brilles dans l’herbe où je marche
tu joues dans le chant du grillon
La patience et la nuit font de moi
ce veilleur impassible
au métronome à bout de course
de ma vie, ce mince filet.

(Jean Orizet)

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Ce soir-là (Jean Orizet)

Posted by arbrealettres sur 16 juin 2016




Ce soir-là, il n’y eut pas d’enchères;
la bougie brûla librement;
nulle autre transaction
qu’entre sa flamme et nos souffles
pour un commun vacillement.

(Jean Orizet)

 

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Je ne suis que l’apprenti (Jean Orizet)

Posted by arbrealettres sur 16 juin 2016


 

Je ne suis que l’apprenti
d’un paysage qui sait tout

(Jean Orizet)

Illustration

 

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Les signes (Marcos Mateos)

Posted by arbrealettres sur 16 juin 2016



Les signes nous prennent par surprise.
Ils sont de l’inopiné à fleur de routine.

(Marcos Mateos)

Illustration: ArbreaPhotos  

 

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Mon âme est un noeud enchevêtré (James Clerk maxwell)

Posted by arbrealettres sur 16 juin 2016



Mon âme est un noeud enchevêtré
Façonné sur un vortex liquide
Par une Intelligence séjournant dans l’Invisible
Ne cherche pas à démêler la tienne
De tes propres mains; tu serais comme le condamné
Qui reste assis à contempler la résistance de ses chaînes.
Car les outils pour la dénouer
Se trouvent dans l’espace à quatre dimensions.

(James Clerk maxwell)

 

 

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Sous les ponts de Paris (André Breton)

Posted by arbrealettres sur 16 juin 2016



Sous les ponts de Paris, le fleuve monnaye, entre autres méreaux,
le souvenir des priapées au temps où le chef des jongleurs levait tribut sur chaque folle femme.
Et chacun de nous passe et repasse, traquant inlassablement sa chimère,
la tête en calebasse au bout de son bourdon.

(André Breton)

Découvert ici: http://www.ipernity.com/blog/lara-alpha

Illustration: ArbreaPhotos  

 

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A l’origine des tempêtes (Jean-Claude Pirotte)

Posted by arbrealettres sur 16 juin 2016



A l’origine des tempêtes
se trouve un verre d’eau
jamais nous n’entendrons
parler d’une tempête
dans un verre de vin

(Jean-Claude Pirotte)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

 

 

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J’avais un amour (Alfonsina Storni)

Posted by arbrealettres sur 16 juin 2016



J’avais un amour,
un tout petit amour,
et il s’en est allé.

Bon voyage, mon amour,
bon voyage.

(Alfonsina Storni)

 

 

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LA TERRE (Francisco Luis Bernardez)

Posted by arbrealettres sur 16 juin 2016



LA TERRE

Voici la terre où nous sommes nés pour souffrir, voici le berceau irrémédiable.
Voici la terre qui un jour nous donnera en quelque lieu l’oubli et la couche.
Nous vivons ici pour le temps, comme les feuilles pour le vent du soir.
Nous vivons ici prisonniers comme les fleurs et les fruits des arbres.
Comme la pierre qui ne souffre pas, comme les oiseaux qui souffrent et l’ignorent.
Comme la nuit, comme le jour; comme le bûcher, comme le fleuve, comme l’air.
Toutes choses languissent entre leurs murs et leurs grilles naturelles.
Le dur sceptre qui gouverne la terre douloureuse est une clé.
L’homme regarde doucement les créatures de ses yeux immortels.
Ses yeux sont ceux d’un roi vaincu qui regarde son royaume du fond d’une prison.
Mais malgré les chaînes, son cour est traîné vers le ciel.
L’homme monte de la terre comme les flammes, par la fumée de ses rêves.
Il traverse les jours et les nuits d’un vol semblable à celui des oiseaux altérés.
Il suit les traces des nuages parmi des châteaux enchantés et des guerriers.
Il sillonne un océan d’ombres, dont les astres vagabonds sont les voiliers.

Il parcourt des lieux de silence, des lieux de paix, des lieux de lumière, des lieux de vent.
Après avoir parcouru des lieux et des lieux il atteint les plages illuminées d’une étoile.
Il met le pied sur le rivage après lequel il soupirait, et entre dans un monde dont le nom est mystère.
Il tourne les yeux et il demande si l’autre monde s’est fermé à jamais.
Mais la terre des hommes brille dans ce qui est maintenant le ciel.
La terre est dure comme le fer; la terre est noire comme la plainte de la nuit.
Mais tout n’est pas amertume, puisqu’entre tant d’obscurité il y a aussi des fleurs.
La douleur s’allège, et dans les ténèbres il y a de petites lueurs.
Le mystère même nous console, réduit en formes, en parfums, en couleurs.
La terre souffre un peu moins, car les fleurs équilibrent les douleurs.
Tout pour ces âmes fidèles, tout pour ces coeurs compréhensifs.
Avec ces bouches et ces yeux la terre vivante nous interroge et nous répond.
Avec ces mains incertaines elle nous caresse, nous conduit, nous secourt.
Avec ces faibles oreilles elle entend crier dans le vide nos noms.
Avec ces humbles larmes, la douce terre pleure pour l’homme.

Ici est né pour nous sauver un être plus pur que la lumière des étoiles.
Moitié de ciel véritable, l’autre moitié de terre véritable.
Il est venu pleurer pour ceux qui pleurent, il est venu souffrir pour que l’homme ne souffre pas.
Avec la monnaie de son corps il a voulu payer notre rachat aux ténèbres.
Il a fermé les plaies vives, il a ouvert les yeux éteints et les portes.
Pour briser nos chaînes il est venu chargé, corps et âme, de chaînes.
Il a fait monter vers les astres les bêtes féroces, et les vers aux sphères dernières.
Et pour nous tenir compagnie il a assis les anges du ciel à notre table.
Mais la terre n’a pas voulu le recevoir, parce que la terre était de terre.
Elle l’a reçu avec ses épines, ses cailloux, son fiel, son bois.

Voici la terre où nous sommes nés pour mourir, voici la terre de l’oubli.
Voici la terre où nous serons un jour poussière, sans mémoire et sans sentiment.
Un jour triste comme les autres la mort viendra avec son froid et sa nuit.
Nous la regarderons lentement, comme on regarde les étoiles et les enfants.
Les brèves années seront finies, et dans notre sommeil commenceront les longs siècles.
Un silencieux orage nous couvrira de sa peur définitive.
De notre passage au monde nous ne laisserons ni une image ni un vestige.
Nous ne laisserons même pas le souvenir que laisse le vent dans la mémoire du chemin.
Nous serons larme dans la pluie, étincelle dans la lumière, cri sur la mer, goutte dans le fleuve,
Nous serons ombre dans les ténèbres, fumée dans la brume, solitude dans le néant.

(Francisco Luis Bernardez)

Illustration: Jacques Barcat

 

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