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Poésie

Archive for 17 juin 2016

Un million d’Éden tombe (Edwin Muir)

Posted by arbrealettres sur 17 juin 2016



un million d’Éden tombe,
un million d’Adam
se sont noyés dans les ténèbres

(Edwin Muir)

Illustration

 

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Double absence (Edwin Muir)

Posted by arbrealettres sur 17 juin 2016



lune rouge nuage rose  [800x600]

Double absence

La lune rouge de rouille dessus le nuage rouge de rose,
Présents, dans l’éther, du soleil qui s’éclipse,
Qui brille pleinement sur d’autres terres à présent
Et bientôt tracera son chemin des centaines de miles
Par-delà le paisible Atlantique, ce sein tranquille.
La fumée s’élève, solide, arbre de cendres
Issu de la haute cheminée de l’abbaye. Un sycomore
Porte sur sa plus haute branche une grive qui chante,
La poitrine offerte à l’adieu du soleil enseveli.
Ces bonheurs si rares, le hasard ne les porte
Que là où l’esprit ingénieux ne se risque déjà plus,
Où l’étrange a dépassé le sens, et les laisse, seuls, à leur place.
A présent la lune s’échappe, claire, pâle, fiévreuse,
Hors de la nuée dispersée de cendres à la dérive,
Tandis qu’en mon esprit est suspendue, double absence,
La lune rouge de rouille dessus le nuage rouge de rose.

***

Double absence

The rust-red moon above the rose-red cloud,
Ethereal gifts of the absconding sun
That now is shining full on other lands
And soon will draw its track a hundred miles
Across the quiet breast of the hushed Atlantic.
The smoke grows up, solid, an ashen tree
From the high Abbey chimney. A sycamore
Holds on its topmost tip a singing thrush,
Its breast turned towards the sign of the buried sun.
Chance only brings such rare felicities
Beyond contrivance of the adventuring mind,
Strange past all meaning, set in their place alone.
Now the moon rises clear and fever pale
Out from the cloud’s dissolving drift of ashes,
While in my mind, in double absence, hangs
The rust-red moon above the rose-red cloud.

(Edwin Muir)

Découvert ici: http://www.ipernity.com/blog/lara-alpha

 Illustration

 

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Souvenir (Edwin Muir)

Posted by arbrealettres sur 17 juin 2016



Souvenir

Ce n’est pas moi qui, du matin jusqu’à midi
Parcourais la route blanche jusqu’à la ville pâle et bruyante
Il y a tant d’années. Cette lumière a vécu
Et qui la vit, depuis longtemps déchu.

(Edwin Muir)

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La traversée (Edwin Muir)

Posted by arbrealettres sur 17 juin 2016



La traversée

Car la perte était alors notre seule joie,
La privation de tout, notre désir exaucé,
Le monde notre propre trésor et notre jouet
Dans le dénuement, net comme feu,

En ces jours-là … comment dire
A quel point nous étions comblés de vie
A satiété comme en une parabole,
Liés ensemble en harmonie, comme des dieux.

(Edwin Muir)

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Illustration

 

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Le Labyrinthe (Edwin Muir)

Posted by arbrealettres sur 17 juin 2016



Le Labyrinthe

C’était là le monde vrai ; une fois je l’ai touché,
Et dorénavant toujours le reconnaîtrai.
Mais le mensonge, le labyrinthe, la friche touffue de fausseté, routes
Qui vont sans cesse et ne mènent nulle part,
Ombragées d’erreur : je serais détenu là-bas
Si mon âme ne disposait des ailes de l’oiseau pour voler vers la liberté.

***

That was the real world; I have touched it once,
And now shall know it always.
But the lie,The maze, the wild-wood waste of falsehood, roads
That run and run and never reach an end,
Embowered in error – I’d be prisoned there
But that my soul has birdwings to fly free.
(Edwin Muir)

Découvert ici: http://www.ipernity.com/blog/lara-alpha

 

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Les animaux (Edwin Muir)

Posted by arbrealettres sur 17 juin 2016



Les animaux

Ils ne vivent pas dans le monde,
Ils n’ont sens ni du temps ni de l’espace.
De la naissance à la mort, bringuebalés
Il n’ont aucune parole, aucune
Où poser le pied
Et ils ne furent d’aucun lieu.

Car c’est par les noms que le monde
S’éleva de l’air vide,
Il fut construit, clos de murs, par les noms
Ligne, cercle, carré
Poussière et émeraude ;
Arraché à la mort désolante
Par le souffle articulé.

Mais ceux-là n’ont jamais foulé
Deux fois un chemin familier,
Jamais, jamais fait retour
Dans le jour ressouvenu.
Tout est nouveau et proche
Dans l’immuable Ici
Du cinquième jour de la Création
Qui restera identique
Qui jamais ne disparaîtra

Le sixième jour, nous arrivâmes.

***

The Animals

They do not live in the world,
Are not in time and space.
From birth to death hurled
No word do they have, not one
To plant a foot upon,
Were never in any place.

For with names the world was called
Out of the empty air,
With names was built and walled,
Line and circle and square,
Dust and emerald;
Snatched from deceiving death
By the articulate breath.

But these have never trod
Twice the familiar track,
Never never turned back
Into the memoried day.
All is new and near
In the unchanging Here
Of the fifth great day of God,
That shall remain the same,
Never shall pass away.

(Edwin Muir)

Découvert ici: http://www.ipernity.com/blog/lara-alpha

 

 

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L’Hirondelle tardive (Edwin Muir)

Posted by arbrealettres sur 17 juin 2016



L’Hirondelle tardive

Quitte le nid, le nid trop aimé,
Hirondelle tardive, et envole-toi.
Pour le cœur caverneux, pour les ailes lasses
Il n’y a ici nul repos.
Tes semblables se sont enfuies
Pour trouver leur Sud paradisiaque
Sur le flanc pentu de l’immense Terre
Et toi – tu es seule.
Pourquoi te tenir
immobile dans le jour doucement mortel ?
Prépare-toi :
Étire enfin tes ailes trop longtemps inutiles,
Elles doivent maintenant te porter vers les tiens
À travers tous les paradis de la Glace ;
Puis, dévalant l’air conquis,
Tu te poseras sur l’arbre radieux.

(Edwin Muir)

Découvert ici: http://www.ipernity.com/blog/lara-alpha

 

 

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Chacun devrait pouvoir vivre sa vie deux fois (Edwin Muir)

Posted by arbrealettres sur 17 juin 2016



Chacun devrait pouvoir vivre sa vie deux fois,
car la première tentative est toujours aveugle

(Edwin Muir)

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Ste-Monique (Pierre Albert-Birot)

Posted by arbrealettres sur 17 juin 2016



 

Homme  Chapeau 2

Ste-Monique

Le vent ouvre les fenêtres
Déracine les arbres
En chantant
Il va même jusqu’à m’emporter mon chapeau
Et jamais je n’ai pu le voir

(Pierre Albert-Birot)

 

 

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L’Eau Dormante (Jean Orizet)

Posted by arbrealettres sur 17 juin 2016



L’Eau Dormante

L’eau dormante ne dort pas;
Elle rêve, j’en suis sûr,
Car son rêve,
Elle le murmure,
Doucement,
Pour ceux qui comprennent,
Ceux qui aiment
Son frissonnement.
Son rêve est bien apaisant;
Il lui donne un aspect tranquille
Immobile et changeant;
L’eau dormante sourit,
Elle est heureuse;
C’est l’eau rêveuse.

(Jean Orizet)


Illustration

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