Arbrealettres

Poésie

Mes racines pendaient à mes branches (Marie-Jeanne Durry)

Posted by arbrealettres sur 19 juin 2016



 
Mes racines pendaient à mes branches.
Quand elles touchaient terre un arbre nouveau surgissait.
Nous étions une armée géante,
à elle-même rivée par ses millions de bras.

Dans la respiration des feuilles
nous avons attendu la tempête qui nous amputât les uns des autres.
Jamais le vent n’eut assez de haches.
Jamais le sol ne se fendra
pour que nous lui arrachions notre immobilité démente Ecoute.

Vers le temple aux blocs scellés j’ai lancé une liane.
Entre les pierres sans fêlure elle s’est lovée.
Longtemps elle a grossi invisible dans la nuit rocheuse.
Mais vint l’heure soudaine où le gonflement des tentacules disjoignit le granit.

Quand s’écroulèrent les murailles bâties au commencement du monde le fleuve même s’arrêta.
Mais que m’importe de pouvoir détruire !
Délivre-moi de ma puissance qui monstrueusement me multiplie en colosses enchaînés debout.
Je voudrais courir sur les plaines et jeter des oiseaux à travers le vent.

(Marie-Jeanne Durry)

Illustration

 

 

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