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Poésie

Archive for 20 juin 2016

UN BOOMERANG (Paul Celan)

Posted by arbrealettres sur 20 juin 2016



boomerang    [800x600]

UN BOOMERANG, sur des chemins de souffle,
ainsi va, puissant
d’ailes, le
vrai.

(Paul Celan)

 Illustration

 

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La plus blanche des colombes s’est envolée (Paul Celan)

Posted by arbrealettres sur 20 juin 2016



La plus blanche des colombes s’est envolée : j’ai le droit de t’aimer!
Dans la fenêtre discrète hésite la porte discrète.
L’arbre silencieux est entré dans la pièce silencieuse.
Tu es proche comme si tu demeurais ici.

Dans ma main tu prends la grande fleur :
elle n’est pas blanche, pas rouge, pas bleue — pourtant, tu la prends.
Où jamais elle ne fut, elle restera toujours.
Nous ne fûmes jamais, nous restons donc chez elle.

(Paul Celan)

Illustration: Ivan Calatayud

 

 

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C’était ce jour (Gilbert Cesbron)

Posted by arbrealettres sur 20 juin 2016



C’était ce jour où le printemps
ressemble si fort à l’automne
qu’on ne sait plus en l’écoutant
si le vent se plaint ou s’étonne,

si dans le bain tiède du jour
l’air est encore ou déjà tendre,
ni l’oiseau qu’on vient d’entendre
chantait l’adieu ou le retour.

(Gilbert Cesbron)

 

 

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Elle en a tant vu, la terre à nos pieds (Gilbert Cesbron)

Posted by arbrealettres sur 20 juin 2016



Elle en a tant vu,
la terre à nos pieds,
vu naître et mourir
des bêtes, des fleurs,
des hommes qui tombent
la face contre elle
lui soufflant tout bas
leurs pauvres secrets !

Elle en a tant vu,
qu’il lui faut parfois
ce grand bain de pluie
que Dieu lui envoie
pour qu’elle oublie tout
et supporte encore
le bruit de nos pas,
le poids de nos morts.

(Gilbert Cesbron)

 
Illustration: ArbreaPhotos

 

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Comment veux-tu que l’on sache si tu dors ou si tu veilles ? (Gilbert Cesbron)

Posted by arbrealettres sur 20 juin 2016



Comment veux-tu que l’on sache
si tu dors ou si tu veilles ?
L’esprit joue à cache-cache
À travers monts et merveilles.

L’aveugle joue aux portraits
Et l’infirme grimpe aux arbres,
Et l’orphelin marche auprès
De ses deux parents de marbre.

L’honnête homme joue en rêve
Au gendarme et au voleur,
Pille, tue, rit de bonheur…

mais, hélas, le jour se lève.

(Gilbert Cesbron)

Illustration: Benjamin Walter

 

 

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Quand le vent revient ivre (Gilbert Cesbron)

Posted by arbrealettres sur 20 juin 2016



Quand le vent revient ivre,
il rabat les volets,
décroche les enseignes,
frappe à toutes les portes
et fait peur aux enfants
par chaque cheminée.

Garnement de l’espace,
as-tu bientôt fini
d’affoler les drapeaux,
de tourmenter les arbres
et de souffler partout
ces mauvaises nouvelles
où sombrent les navires ?

(Gilbert Cesbron)

 

 

 

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Soleil couchant (José-maria de Heredia)

Posted by arbrealettres sur 20 juin 2016



Soleil couchant

Les ajoncs éclatants, parure du granit,
Dorent l’âpre sommet que le couchant allume ;
Au loin, brillante encor par sa barre d’écume,
La mer sans fin commence où la terre finit.

A mes pieds c’est la nuit, le silence. Le nid
Se tait, l’homme est rentré sous le chaume qui fume.
Seul, l’Angélus du soir, ébranlé dans la brume,
A la vaste rumeur de l’Océan s’unit.

Alors, comme du fond d’un abîme, des traînes,
Des landes, des ravins, montent des voix lointaines
De pâtres attardés ramenant le bétail.

L’horizon tout entier s’enveloppe dans l’ombre,
Et le soleil mourant, sur un ciel riche et sombre,
Ferme les branches d’or de son rouge éventail.

(José-maria de Heredia)

Découvert ici: https://eleonoreb.wordpress.com/

Illustration: ArbreaPhotos

 

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Impromptu (Alfred de Musset)

Posted by arbrealettres sur 20 juin 2016



Impromptu
(En réponse à la question : Qu’est-ce que la Poésie ? )

Chasser tout souvenir et fixer sa pensée,
Sur un bel axe d’or la tenir balancée,
Incertaine, inquiète, immobile pourtant,
Peut-être éterniser le rêve d’un instant ;
Aimer le vrai, le beau, chercher leur harmonie ;
Écouter dans son cœur l’écho de son génie ;
Chanter, rire, pleurer, seul, sans but, au hasard ;
D’un sourire, d’un mot, d’un soupir, d’un regard
Faire un travail exquis, plein de crainte et de charme
Faire une perle d’une larme :
Du poète ici-bas voilà la passion,
Voilà son bien, sa vie et son ambition.

(Alfred de Musset)

Découvert ici: https://eleonoreb.wordpress.com/

 

 

 

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Les remous de ce qui reste (Christophe Bregaint)

Posted by arbrealettres sur 20 juin 2016



Les remous de ce qui reste
Aussi loin que mènera le Voyage
Seront toujours sur nos nuques
Tel un souffle

Invitation à regarder le lointain
Depuis le point de vue du temps

***

Swirls of what remains
As far as the Journey will lead
Will always be on our necks
Like a breath

Invitation to look at the distance
From the point of view of time

(Christophe Bregaint)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Illustration

 

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Je ne trouve qu’en vous (Racine)

Posted by arbrealettres sur 20 juin 2016



Je ne trouve qu’en vous
je ne sais quelle grâce
qui me charme toujours
et jamais ne me lasse.

(Racine)

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