Arbrealettres

Poésie

Soleil couchant (José-maria de Heredia)

Posted by arbrealettres sur 20 juin 2016



Soleil couchant

Les ajoncs éclatants, parure du granit,
Dorent l’âpre sommet que le couchant allume ;
Au loin, brillante encor par sa barre d’écume,
La mer sans fin commence où la terre finit.

A mes pieds c’est la nuit, le silence. Le nid
Se tait, l’homme est rentré sous le chaume qui fume.
Seul, l’Angélus du soir, ébranlé dans la brume,
A la vaste rumeur de l’Océan s’unit.

Alors, comme du fond d’un abîme, des traînes,
Des landes, des ravins, montent des voix lointaines
De pâtres attardés ramenant le bétail.

L’horizon tout entier s’enveloppe dans l’ombre,
Et le soleil mourant, sur un ciel riche et sombre,
Ferme les branches d’or de son rouge éventail.

(José-maria de Heredia)

Découvert ici: https://eleonoreb.wordpress.com/

Illustration: ArbreaPhotos

 

Une Réponse vers “Soleil couchant (José-maria de Heredia)”

  1. 1. Feuilles rouges
    ——–

    Feuilles tombant d’un arbre, Artémis les bénit,
    Le soleil automnal de rouge les allume ;
    Elles planent dans l’air, légères comme plumes,
    Ensuite leur destin n’est pas bien défini.

    Regarde-les, ce sont des êtres démunis
    Que tu ne verras point sombrer dans l’amertume ;
    La froidure viendra, la grisaille et la brume,
    La saison délétère où l’air se rembrunit.

    Qui lira dans l’esprit de la feuille qui traîne,
    Ou dans ce coeur qui rêve aux époques lointaines ?
    Peut-être, dans son champ, le vieil épouvantail.

    J’entends des mots chantés dans leur langage d’ombre,
    Des images sans forme et des rimes sans nombre,
    Textes sans intention, phrases pour éventail.

    2. Tour de brume
    ————

    Elle abrite un errant, l’aronde y fait son nid,
    Aucun foyer flambant jamais ne s’y allume ;
    La mousse l’enveloppe ainsi que de l’écume,
    Le vent murmure un chant qui jamais ne finit.

    Ni le vin, ni la rime ici ne sont bannis,
    Le silence qui règne est sans nulle amertume ;
    C’est un lieu surprenant, c’est notre Tour de Brume
    Où le songe souvent à la plume s’unit.

    On trouve sur le sol des vieux papiers qui traînent,
    Et les portraits aussi de muses fort lointaines ;
    Mais ce texte ne peut entrer dans les détails.

    Le poète parfois doit garder sa part d’ombre,
    Il doit être discret sans jamais être sombre;
    Il trace un nom, parfois, au dos d’un éventail.

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