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Poésie

Archive for 6 juillet 2016

LE CRI DU DAIM (Poésie Irlandaise)

Posted by arbrealettres sur 6 juillet 2016



Saint Patrick b

LE CRI DU DAIM
ou la prière de Saint-Patrick

A Tara, aujourd’hui, en cette heure fatidique,
je place les Cieux et leur puissance,
le soleil et sa clarté,
le feu et sa force,
l’éclair et sa colère,
les vents et leur rapidité le long des chemins,
la mer et sa profondeur,
les roches et leur dureté,
la terre et sa pureté,
tout cela je le place,
par Dieu tout puissant secours, toute puissante grâce,
entre moi et les puissances des ténèbres…

Livre des Hymnes.

***

The Cry of the Deer (also known as « The Rune of St. Patrick » or « The Faedh Fiada »)

At Tara in this fateful hour,
I place all Heaven with its power
And the sun with its brightness,
And the snow with its whiteness,
And the fire with all the strength it hath,
And the lightning with its rapid wrath,
And the winds with their swiftness along their path,
And the sea with its deepness,
And the rocks with their steepness,
And the earth with its starkness,
All these I place
By God’s almighty help and gracee
Between myself and the powers of darkness.

(Poésie Irlandaise)

voir (écouter) ici: https://www.englishclub.com/listening/poetry-rune.htm

 

Autre forme…

 

 

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CHANT DU MESSAGER DE LA MORT (Poésie Irlandaise)

Posted by arbrealettres sur 6 juillet 2016



Banshee

CHANT DU MESSAGER DE LA MORT

O belle femme, viendras-tu avec moi
dans la terre merveilleuse où l’on entend des musiques,
où sur les cheveux on porte une couronne de primevères,
où de la tête aux pieds le corps est couleur de la neige,
où personne n’est triste ni silencieux,
où les dents sont blanches et les sourcils noirs,
où les joues sont rouges comme la digitale en fleur ?

Erin est belle, mais peu de paysages
sont aussi beaux que la grande plaine où je t’appelle.
La bière d’Erin est forte, mais la bière
de la Grande Terre est encor plus enivrante.
Quel pays merveilleux que ce pays !
les jeunes n’y vieillissent point,
il y a des ruisseaux de liquide chaud,
de l’hydromel et du vin de grand choix.
Les hommes y sont charmants, sans défaut,
l’amour n’y est pas défendu…

O femme, quand tu seras dans mon puissant pays,
tu porteras une couronne d’or sur ta tête,
je te donnerai du porc frais,
et pour boisson de la bière et du lait, ô femme,
ô belle femme, viendras-tu avec moi ?

Leabhar na hUidhre.

(Poésie Irlandaise)

Illustration

 

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DEIRDRE DES DOULEURS (Poésie Irlandaise)

Posted by arbrealettres sur 6 juillet 2016



Conchobar

DEIRDRE DES DOULEURS

Ô Conchobar que veux-tu ?
Tu m’as causé chagrin et larmes.
Durant ma vie,
tu ne m’auras pas beaucoup aimée…

Celui qui fut pour moi le plus beau sous le ciel,
celui qui me fut si cher,
tu me l’as enlevé, c’est grande tristesse
que je ne puisse le voir que dans la mort.

Elle est disparue pour moi
la forme sous laquelle paraissaient les fils d’Usnech,
tertre noir de jais sur un corps blanc,
que les femmes connaissaient bien.

Deux joues de pourpre plus belles qu’une prairie,
des lèvres rouges, des cils noirs comme le scarabée,
des dents couleurs de perles,
noble blancheur de la neige.

Je connaissais bien son clair vêtement
au milieu des guerriers d’Ecosse,
son manteau de belle pourpre
avec sa bordure d’or rouge,

sa tunique de satin, grand trésor,
où avaient été cent mains, doux nombre,
pour le broder on employa
cinquante onces de laiton,

son épée à poignée d’or dans sa main,
deux javelots gris à la terrible pointe,
un bouclier à bords d’or jaune
et sur lui une bosse d’argent.

Si sur la plaine se trouvaient
les Ulates devant Conchobar,
je les donnerais tous, sans conteste,
pour le visage de Noisé, fils d’Usnech.

Ne brise pas aujourd’hui mon coeur,
bientôt j’irai vers ma tombe proche.
Le chagrin est plus fort que la mer,
le sais-tu ô Conchabar ?

O Conchobar, que veux-tu ?
Tu m’as causé chagrin et larmes.
Durant ma vie,
tu ne m’auras pas beaucoup aimée…

L’exil des fils d’Usnech
Livre de LEINSTER.

(Poésie Irlandaise)

 

 

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LA NAVIGATION DE BRAN (Poésie Irlandaise)

Posted by arbrealettres sur 6 juillet 2016



David Rooney  chaudron de Bran f [800x600]

LA NAVIGATION DE BRAN

Bran trouve que c’est grande merveille
d’aller en barque sur la mer claire
mais moi, au loin sur mon char, je le vois
chevaucher sur une plaine fleurie

Ce qui est la mer claire
pour le bateau à proue de Bran
c’est une plaine d’or fleurie
pour moi de mon char à deux roues

Les yeux de Bran
voient les vagues de la mer
moi, dans la plaine des Jeux, je vois
des fleurs à têtes rouges

Les chevaux de mer brillent à l’été
aussi loin que Bran étend son regard
des rivières versent des flots de miel
sur les terres de Manannân fils de Lêr

Cette couleur de la mer où tu navigues
cette teinte blanche de la mer que fendent les rames
c’est du jaune et du bleu mêlés
c’est de la terre qui n’est pas dure

Des saumons tachetés surgissent du fond
de la mer blanche que tu vois
ce sont des veaux des agneaux de couleur
qui vont et viennent en jouant

On ne voit qu’un conducteur de char
dans la plaine d’or fleurie
il y a pourtant de nombreux coursiers
mais cela tu ne peux le savoir

C’est sur le sommet d’un bois que flotte
ta barque à travers les cimes
il y a un bois remplis de beaux fruits
sous la proue de ton bateau

Un bois de fleurs et de fruits
où l’on sent l’odeur du vin
bois sans défaut ni déclin
où les feuilles sont couleur d’or

La Navigation de Bran, fils de Fébal.

(Poésie Irlandaise)

 Illustration

 

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CHANT DE TUAN MAC CAIRILL (Poésie Irlandaise)

Posted by arbrealettres sur 6 juillet 2016



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CHANT DE TUAN MAC CAIRILL

Cinq invasions furent en Irlande,
personne n’y vint avant le déluge,
après le déluge, personne n’y vint
avant trois cent douze ans.
Partholon, fils de Sera, vint en Irlande,
en exil avec vingt-quatre hommes,
avec chacun leur femme.

Puis vint Nemed, fils d’Agnoman
qui prit la terre d’Irlande.
Son père était frère du mien.
Je le voyais du haut des rochers
mais je ne voulus pas me montrer.
J’avais de grands cheveux, de grands ongles,
j’étais gris, décrépit et nu,
dans la misère et la souffrance.
Un soir je me suis endormi et je me suis réveillé sous la forme d’un cerf.

Je fus jeune et mon esprit se réjouit.
J’ai revêtu encore un autre aspect,
un poil rude et gris.
Quand j’eus pris cette forme animale,
je devins chef des troupeaux d’Irlande.
De grandes troupes de cerfs couraient autour de moi
quelques chemins que j’allasse.
Telle fut ma vie au temps de Nemed.

Or j’étais sur le seuil de mon antre,
le souvenir m’en est resté,
je sais que changea l’aspect de mon corps
et je pris un sanglier.
Alors je fis des vers sur cette merveille :

Aujourd’hui je suis sanglier,
je suis roi, fort et victorieux.
Autrefois dans les assemblées,
mon chant était agréable,
il plaisait aux jeunes et jolies femmes,
mon char était beau et majestueux,
ma voix avait des sons graves et doux,
j’étais rapide dans les combats,
j’avais un visage charmant,
aujourd’hui je suis un noir sanglier.

Puis j’atteignis encore la vieillesse,
j’avais l’esprit triste, je ne pouvais
faire ce que je faisais autrefois.
J’habitais de sombres cavernes,
des rochers perdus, j’étais seul.
Je suis rentré dans ma demeure
me souvenant de mes formes antérieures
et j’ai jeûné pendant trois jours.
Au bout de trois jours je n’avais plus de force.
Je fus changé en un grand vautour,
en un énorme aigle de la mer.
Mon esprit fut de nouveau joyeux,
je fus capable de tout faire,
je devins chercheur et actif,
je parcourus toute l’Irlande
et je sus ce qui s’y passait.
Alors je chantai ces vers :

Vautour aujourd’hui,
j’étais sanglier autrefois.
Je vécus d’abord dans la troupe des cochons,
me voici maintenant dans celle des oiseaux.

J’ai gardé cette forme de vautour
jusqu’à ce que j’allasse en un trou d’arbre
au bord d’une rivière où je jeûnai neuf jours.
Le sommeil m’a alourdi,
j’ai été changé en saumon.
Alors je fus en la rivière.
J’y fus bien, j’y fus actif et heureux.
Je savais bien nager.
et j’échappai longtemps à tous les périls.

Mais un pêcheur me prit et me porta
à la femme de Cairill, roi de ce pays,
je m’en souviens très bien.
L’homme me mit sur le gril,
la femme eut envie de moi
et me dévora en entier.
Et je fus en son ventre.
Je me souviens du temps où j’étais
dans le ventre de la femme de Cairill,
je me souviens aussi qu’après cela
je commençais à parler comme les hommes.
Je savais tout ce qui fut en Irlande,
je fus prophète, on me donna un nom :
on m’appella Tuan fils de Cairill.

Leabhar na hUidhre.

(Poésie Irlandaise)

Illustration

 

 

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LA FORTERESSE DES OMBRES (Poésie Irlandaise)

Posted by arbrealettres sur 6 juillet 2016



LA FORTERESSE DES OMBRES

Cûchulainn chante :

J’ai fait un voyage, ô Loegaire,
un voyage à la terre des Ombres.
La forteresse des Ombres avait des serrures de fer,
mais j’y ai posé la main.

Sept murs entouraient la cité,
haineuse était cette forteresse,
une palissade en fer sur chaque mur,
sur laquelle sept têtes étaient fichées.

Il y avait des portes de fer de chaque côté,
mais ce n’était pas même une défense contre des femmes,
je les ai frappées avec mon pied
si bien qu’elles sont tombées en morceaux.

Il y avait une fosse dans la forteresse,
celle du roi, disent-ils.
Dix serpents jaillissaient
de ses bords. Ce fut un haut fait.

Je courus vers eux,
et bien que leur nombre fut grand,
je les mis en morceaux
entre mes deux pouces.

Il y avait une maison pleine de crapauds
qui s’avancèrent vers nous.
C’étaient des bêtes à la tête pointue,
ils se collèrent à mon visage.

Des monstres horribles comme des dragons
furent lachés contre nous.
Puissants étaient leurs sortilèges.
Bien qu’ils (fussent terribles),

je courus vers eux
et lorsque je (les atteignis) ,
je les réduisis en petits morceaux
entre mes deux paumes

Il y avait un chaudron en cette forteresse.
Il ruisselait d’or et d’argent, quelle splendide découverte !
Ce chaudron (nous) fut donné
par la fille du roi.

Nous emmenâmes trois vaches.
Elles nagèrent sur la mer.
Il y avait un chargement d’or
pour deux hommes sur leur dos.

Quand nous partîmes sur l’océan
qui était vaste, vers le nord,
les hommes de mon bateau furent noyés
par la cruelle tempête.

Alors je portai,
bien que ce fût dangereux,
neuf hommes sur chacune de mes mains,
trois sur ma tête

et huit sur mes deux flancs,
accrochés à mon corps.
Ainsi je nageai sur la mer
jusqu’à parvenir au port.

Livre de la Vache Brune.

(Poésie Irlandaise)

Illustration: Arnold Böcklin

 

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PROPHETIE DE CATHBA (Poésie Irlandaise)

Posted by arbrealettres sur 6 juillet 2016



Deirdre

PROPHETIE DE CATHBA

Dans le creux de ton sein a crié
une femme aux boucles blondes
et aux beaux yeux de fumée.
De digitale sont ses joues pourpres,
et le trésor de ses dents
est une neige de l’hiver.
Ses lèvres sont éclatantes comme l’écarlate,
femme pour qui seront crimes et meurtres
parmi les guerriers ulates.
Dans ton sein gronde et crie
une femme à la longue et belle chevelure.
Pour elle lutteront des héros,
nombre de rois la désireront,
elle s’en ira vers l’ouest avec de grandes troupes,
en secret, hors des terres de Conor.
Ses lèvres seront écarlates
autour de ses dents de perles.
De grandes reines seront jalouses
de sa beauté sans défaut.

L’Exil des fils d’Usnech.
Livre de LEINSTER.

(Poésie Irlandaise)

Illustration

 

 

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INCANTATIONS D’AMERGEIN (Poésie Irlandaise)

Posted by arbrealettres sur 6 juillet 2016



Irlande  [800x600]

INCANTATIONS D’AMERGEIN

I

J’invoque la terre d’Irlande,
mer brillante, brillante,
montagne fertile, fertile,
bois vallonné,
rivière abondante, abondante en eau,
lac poissonneux, poissonneux…

II

Mer poissonneuse,
terre fertile,
irruption de poisson,
pêche là !
Sous vague, oiseau !
grand poisson !
Trou à crabe ! irruption de poissons
mer poissonneuse…

Livres de LEINSTER, BALLYMOTE, LECAN.

(Poésie Irlandaise)

 Illustration

 

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S’il venait, venait un homme (Paul Celan)

Posted by arbrealettres sur 6 juillet 2016



camp 2

S’il venait,
venait un homme,
venait un homme, au monde,
aujourd’hui, avec
la barbe de clarté
des patriarches : il devrait,
s’il parlait de ce
temps, il
devrait
bégayer seulement, bégayer,
toutoutoujours
bégayer.

(Paul Celan)

 

 

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L’ÉCRIT se creuse (Paul Celan)

Posted by arbrealettres sur 6 juillet 2016



L’ÉCRIT se creuse, le
Parlé, vert marin,
brûle dans les baies,

dans les noms
liquéfiés
les marsouins fusent,

dans le Nulle part éternisé, ici,
dans la mémoire des cloches
trop bruyantes –  mais où donc ?,

qui
dans ce
rectangle d’ombres,
s’ébroue, qui
sous lui
scintille un peu, scintille, scintille ?

(Paul Celan)

Illustration: Gilbert Garcin

 

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