Arbrealettres

Poésie

Archive for 10 juillet 2016

Et toi (Yannis Ritsos)

Posted by arbrealettres sur 10 juillet 2016



Des branches
et aussi des mâts
et l’ancre.
Et toi dans le jardin
derrière la statue.

(Yannis Ritsos)

 

 

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Fumée et nuit (Yannis Ritsos)

Posted by arbrealettres sur 10 juillet 2016




Fumée et nuit.
Le lit brûle.
Nos ailes de feu.
Elles ne brûlent pas.

(Yannis Ritsos)

Illustration: Koji Wakamatsu

 

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Indicibles (Yannis Ritsos)

Posted by arbrealettres sur 10 juillet 2016




Dans les vers brefs
se cachent de grandes choses
indicibles.
Toi, tu sais.

(Yannis Ritsos)

 

 

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Dans ton corps (Yannis Ritsos)

Posted by arbrealettres sur 10 juillet 2016


 

Dans ton corps
je nais, je meurs
et je renais.

(Yannis Ritsos)

Illustration: Franz von Stuck

 

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LES JARDINS (Georges Rodenbach)

Posted by arbrealettres sur 10 juillet 2016




LES JARDINS

Les jardins de l’enfance aux roses oubliées
Ressuscitent parfois dans un vieux livre où dort
Les ailes repliées
Un grand papillon mort.

(Georges Rodenbach)

Illustration: Vladimir Kush

 

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L’épatante falaise (Emmanuel Dall’aglio)

Posted by arbrealettres sur 10 juillet 2016



L’épatante falaise des pensées.

(Emmanuel Dall’aglio)

Illustration: Dan Flavin

 

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DEPART (Georges Rodenbach)

Posted by arbrealettres sur 10 juillet 2016


 

DEPART

La gare du village avait des airs funèbres
Tassant son grand bloc d’ombre au milieu des ténèbres.

La gare du village avait des airs hostiles
Et les rails allongeaient leur froideur de reptiles.

Au moment des adieux pleurait le vent du nord,
Et la gare, on eût dit une maison de mort.

Quelques rouges fanaux trouaient le crépuscule
Et ces fanaux semblaient remplis de sang qui brûle,

Et tout là—bas, parmi les lointains solennels,
Les rails disparaissaient dans l’ombre des tunnels.

Tout le long de la voie aux feux phosphorescents
Les fils du télégraphe où parlent les absents,

Chuchotant à distance un rappel aux mémoires,
Alignaient dans la nuit leurs fils de harpes noires.

Et lorsque le convoi l’eut emportée au loin,
Je suis resté longtemps, inerte, dans un coin,

Dans un coin où le vent attristait sa musique,
A me sentir au coeur un mal presque physique,

Un mal d’écrasement et d’atroce langueur.
Comme si tout le train m’eût passé sur le coeur !

(Georges Rodenbach)

Illustration: Ryszard Miłek

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Dieu dit (Alain Bosquet)

Posted by arbrealettres sur 10 juillet 2016



Dieu dit:
« Je m’exprime d’une aile
chez les oiseaux,
et d’un pétale chez les fleurs.
Je parle comme les cailloux
quand les cailloux se parlent,
et je discute avec l’écume
quand l’écume se met à discuter.
J’emploie des mots de brise
dans la tempête
et quelquefois des phrases d’aquilon.
Je tiens un long discours d’étoile
sous le ciel constellé.
Je n’ai pas de langage à moi:
je communique
sans être sûr qu’on me comprenne. »

(Alain Bosquet)

 

 

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Viens (Yannis Ritsos)z

Posted by arbrealettres sur 10 juillet 2016



Ton corps nu,
authentique —
réponse définitive
au néant.

Viens.

(Yannis Ritsos)


Illustration: Pascal Renoux

 

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Enfance ! (Georges Rodenbach)

Posted by arbrealettres sur 10 juillet 2016



Enfance ! éloignement d’où lui vient sa douceur
Nuance où la couleur s’éternise en sourdine,
Religieux triptyque ombré d’une patine
Qui met sur les fonds d’or son vernis brunisseur.

Jeunesse ! Enfance ! attrait des choses disparues;
Astres du ciel plus clairs dans l’étang bleu du coeur
Chanson d’orgue criard dont toute la langueur
Expire en sons blessés dans le lointain des rues.

Je veux vous évoquer la ville aux pignons noirs,
Vieille ville flamande où les paroisses proches,
Lorsque j’étais enfant, faisaient pleurer leurs cloches
Comme un adieu de ceux qui mouraient dans les soirs !

Je veux recomposer la maison paternelle
Avant l’absence, avant la mort, avant les deuils;
Les soeurs, jeunes encor, dormant dans les fauteuils
Et le jardin en fleur et la vigne en tonnelle.

Je veux revivre une heure à l’ombre des grands murs,
Dans le collège ancien où nos âmes placides
S’ouvraient comme une église aux profondes absides
Avec des vitraux d’or pleins de visages purs.

Je veux vous reporter à ces calmes années :
Je suis resté le même après bien des douleurs;
Le manteau de mon Ame a toutes ses couleurs
Mais mes yeux sont plus las que des roses fanées.
{…]

Qu’importe ! ma souffrance est bonne ! Je les plains
Ceux qui n’ont plus l’orgueil d’être mélancoliques,
En gardant comme moi les dévotes reliques,
Les reliques d’enfant dont mes tiroirs sont pleins.

Surtout qu’en toi, ma chère ancienne, je m’épanche
Dans un chuchotement de mon esprit au tien
Viens donc; allons-nous-en poursuivre l’entretien
Dans le jardin flétri de ma Jeunesse Blanche,

Dans ce jardin désert, dans ce jardin fermé,
Dans ce jardin fleuri de lis, piqué de cierges,
Où jadis s’avançaient d’incomparables vierges
Dont les lèvres soufflaient l’odeur du mois de mai.

Mais ce parc est en proie à l’insulte des ronces,
Et mes rêves anciens, dans les lointains glacés,
Tels que des marbres blancs, tendent leurs bras cassés
Et de leurs yeux éteints pleurent dans les quinconces.

Pauvre parc envahi par l’automne et le soir,
Qui souffre en évoquant son aurore abolie;
Il est morne, il est vide, et ma mélancolie
L’enferme tout entier comme un grillage noir !

(Georges Rodenbach)

Illustration

 

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