Arbrealettres

Poésie

Archive for 11 juillet 2016

Une odeur soudain d’origan mouillé (Yannis Ritsos)

Posted by arbrealettres sur 11 juillet 2016



Une odeur soudain
d’origan mouillé.
Je t’ai montré la petite lune
sur la colline. –
Nous n’avons rien dit.
La parole se rassasiait
d’un seul et unique merci.

(Yannis Ritsos)

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Abandonné de mes amis (Alain Bosquet)

Posted by arbrealettres sur 11 juillet 2016



« Abandonné de mes amis », dit Dieu,
« j’ai voulu suivre un pétale de rose.
Il a dansé sur la cascade,
puis une pie l’a emporté
dans les branches d’un chêne.
Il a repris sa course avec le vent
et, la nuit, a rêvé
parmi les colonnes de marbre.
Le voici sur la table d’un poète,
lequel déjà l’immortalise,
non sans mentir un peu.
Dans un monde meilleur que le mien,
je choisirai, je crois, d’être un pétale. »

(Alain Bosquet)

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COLLEGE ANCIEN (Georges Rodenbach)

Posted by arbrealettres sur 11 juillet 2016



COLLEGE ANCIEN

[…]
Je me rappelle encor les classes, les devoirs
Et l’immobilité longue sur les pupitres,
Tandis que les oiseaux cognaient gaîment aux vitre
Qui dans le clair soleil suspendaient des miroirs.

Et le remuement frais de nos lèvres vermeilles
Épelant à voix haute ou disant la leçon
Épandait un murmure autour de la maison
Comme autour d’une ruche un ronflement d’abeilles,

Il s’y mêlait parfois l’écho plaintif d’un air
Qu’un vieil orgue traînait aux portes du village,
Et la cour nous semblait triste comme une plage
Qui garde dans ses plis la douleur de la mer!

(Georges Rodenbach)

 

 

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J’ai dit fenêtre (Yannis Ritsos)

Posted by arbrealettres sur 11 juillet 2016


 

J’ai dit fenêtre.
Ce n’en était pas une.
Toutes les fenêtres
ouvrent sur toi.

(Yannis Ritsos)

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Comme un habit prêt à porter (Alain Bosquet)

Posted by arbrealettres sur 11 juillet 2016



Comme un habit prêt à porter,
j’ai revêtu l’un après l’autre tous les dieux,
mais je n’en ai pas trouvé à ma mesure.
J’ai donc quitté mon vieux royaume,
dissimulant ma nudité:
sans dieu je me savais peu présentable,
et ridicule au milieu de la foule.
Plusieurs années durant, j’ai simulé la foi
et même la mystique.
Un jour sous un arbre quelconque,
un olivier, je crois,
j’ai prononcé un mot,
insignifiant comme un épi de blé:
Dieu tout à coup était en moi.

(Alain Bosquet)

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