Arbrealettres

Poésie

Ta lente main vola de mes yeux vers le jour (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 16 juillet 2016



Ta lente main vola de mes yeux vers le jour
et la lumière entra comme un rosier ouvert.
Et le sable et le ciel souverains palpitaient
on eût dit un rucher taillé dans les turquoises.
Ta main a touché des syllabes qui tintaient,
des coupes et des burettes aux huiles jaunes,
des corolles, des sources et puis surtout, l’amour,
l’amour : ta pure main épargna les cuillères.
Et le soir s’en alla. Sur le sommeil de l’homme
la nuit glisse, en secret, sa capsule céleste.
Oh la triste odeur sauvage du chèvrefeuille !
Alors sur mes yeux que l’ombre avait dévorés
ta lente main volant de son vol referma
son plumage que je croyais avoir perdu.

***

Tu mano fue volando de mis ojos al día.
Entró la luz como un rosal abierto.
Arena y cielo palpitaban como una
culminante colmena cortada en las turquesas.
Tu mano tocó sílabas que tintineaban, copas,
alcuzas con aceites amarillos,
corolas, manantiales y, sobre todo, amor,
amor : tu mano pura preservó las cucharas.
La tarde fue. La noche deslizó sigilosa
sobre el sueño del hombre su cápsula celeste.
Un triste olor salvaje soltó la madreselva.
Y tu mano volvió de su vuelo volando
a cerrar su plumaje que yo creí perdido
sobre mis ojos devorados por la sombra.

(Pablo Neruda)

 

 

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