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Poésie

Archive for 21 juillet 2016

Au fond du ventre cette contraction comme celles d’une mise au monde (Gérard Pfister)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2016



Au fond du ventre cette contraction comme celles d’une mise au monde.
Et, réellement, chaque inspiration est une naissance.

Ces ailes qui, d’un vol immensément lent, s’élèvent
puis s’abaissent dans le ciel de ton corps.
Dans le vide unique de l’espace.

Qu’es-tu d’autre que ce vol silencieux ?

(Gérard Pfister)

Illustration

 

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Les vitrages de tulle (Georges Rodenbach)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2016



Les vitrages de tulle en fleur et de guipures
Pendent sur les carreaux en un blanc nonchaloir

(Georges Rodenbach)

 

 

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Or en te voyant beaucoup moins aimante (Georges Rodenbach)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2016



Or en te voyant beaucoup moins aimante
Ta parole m’a, soudain, évoqué
La sombre rivière et le sombre quai
Dont le souvenir douloureux me hante.

Ta voix se traînait pareille au canal;
L’amour y dormait sous de mornes toiles,
Et mes cris brûlants comme des étoiles
Sur tes mots glacés se faisaient du mal.

Ta parole était insensible et sombre,
Comme pour cacher ton ancien serment
Qui reposait mort dans l’esseulement
De ton coeur fantasque envahi par l’ombre!

Ta parole était froide comme l’eau…
J’y semblais venir en pèlerinage
Chercher si déjà plus rien ne surnage
De l’amour parti comme un clair bateau.

(Georges Rodenbach)

Illustration

 

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Maladif coeur de l’Eau qui ne s’appartient pas (Georges Rodenbach)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2016



 
 

 

Maladif coeur de l’Eau qui ne s’appartient pas!
Mais si soumise au ciel, si faible l’Eau soit-elle,
Elle cache sa peine en de muets combats,
Sachet inviolé dans des plis de dentelle !
Pourtant on la devine en proie à l’Idéal
Et qu’elle a les langueurs, sous ses ondes mobiles,
Des filles de treize ans qui deviennent nubiles.
Et l’on dirait aussi que, parmi l’Eau, le mal
Mystérieux d’une puberté s’élabore :
Troubles, frissons, pâleurs, émoi d’on ne sait quoi,
Quand chaque nénuphar comme un sein vient d’éclore,
Sein nouveau-né, doux gonflement qui se tient coi !
Ah ! ce coeur de l’Eau vaste en qui tout s’amalgame,
Ce coeur de l’Eau plus compliqué qu’un cœur de femme,
Il faudrait pourtant bien un peu l’analyser.
Oui ! mais l’Eau ne veut pas que quelqu’un la révèle;
Et brusquement tous les décors sombrent en elle
Dans un grand coup de vent, troublant comme un baiser
Et la voilà, pour que rien d’elle ne s’avère,
Qui s’est enfuie au fond de sa maison de verre.

(Georges Rodenbach)

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AUBE (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2016



AUBE

Lorsque les doigts de l’aube éparpillent les brumes
Et que le vent musarde à travers les roseaux,
De leurs nids bien douillets s’envolent les oiseaux,
Après avoir secoué le sommeil de leurs plumes.

(Jean-Baptiste Besnard)

 

 

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Le son exténué se traîne dans la pluie (Georges Rodenbach)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2016



Le son exténué se traîne dans la pluie
Et le son dans la pluie erre comme un radeau.
Ah ! cette pluie en nous ! c’est comme une araignée
Qui tisse dans notre âme avec ses longs fils d’eau
Inexorablement une toile mouillée !
Sans cesse cette pluie à l’âme, ce brouillard
Qui se condense et fond en bruines accrues;
Comme on a mal à l’âme, et comme il se fait tard !
Et l’âme écoute au loin pleuviner dans ses rues…

(Georges Rodenbach)

 

 

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J’ai vu glisser des cygnes immobiles (Bernard Damoiseau)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2016



J’ai vu des paysages magnifiques
Allongés sous le ciel couchant
Des forêts de sapins obliques
Penchées sur de vastes étangs
Oblongs

Et blancs
J’ai vu glisser des cygnes immobiles
Ecaillés par le vent

(Bernard Damoiseau)

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Que faire (Izumi Shikibu)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2016



Que faire si celui que j’attends
venait à passer maintenant?
La neige blanche du jardin,
Il serait dommage de la fouler.

(Izumi Shikibu)

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Le faisan crie (Masaoka Shiki)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2016



Le faisan crie
les nuages fuient –
la montagne apparaît!

(Masaoka Shiki)

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Obscurs ou célèbres (Yannis Ritsos)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2016


 

Obscurs ou célèbres,
réunis un jour
dans une même pulsation.
L’amour ne fait pas
de distinction.

(Yannis Ritsos)

Illustration

 

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