Arbrealettres

Poésie

A VERONE (Oscar Wilde)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2016



 

A VERONE

Que les marches sont dures dans les palais des Rois
Aux pieds d’un exilé comme
Moi, et que le pain tombé pour l’homme
De cette Table est amer et salé, — je crois
Que j’aurais préféré verser mon sang dans les tournois
Des guerres, qu’aux piliers de Florence dorme
Ma tête, plutôt que vivre ainsi par toute forme
Tutoyé, rabaissé au plus profond de moi.

« Mourir en maudissant Dieu : quel autre espoir ?
Sous le jour éternel et ces murs d’or tu n’as pu voir
Que bonheur, et Il t’oublie ? »
— Non : paix, derrière ces barreaux morts
J’ai ce que nul ne peut me prendre, la folie
Des étoiles et mon amour qui dort.

***

AT VERONA

How steep the stairs within Kings’ houses are
For exile-wearied feet as mine to tread,
And O how salt and bitter is the bread
Which falls from this Hound’s table, — better far
That I had died in the red ways of war,
Or the gate of Florence bare my head,
Than to live thus, by all things comraded
Which seek the essence of my soul to mar.

« Curse God and die: what better hope than this ?
He hath forgotten thee in all the bliss
Of his gold city, and eternal day » —
Nay peace: behind my prison’s blinded bars
I do possess what none can take away
My love, and all the glory of the stars.

(Oscar Wilde)

 

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