Arbrealettres

Poésie

Archive for 2 août 2016

Giboulées (Raymond Richard)

Posted by arbrealettres sur 2 août 2016



Giboulées

La pluie éparpille un bouquet
De perles tièdes et légères.
On entend chanter les bergères
Et les oiseaux dans les bosquets.

Le soleil joue à cache cache
Avec les gros nuages gris.
Les moutons blancs, les veaux, les vaches,
Dans les prés semblent tout surpris.

Et voici que parmi l’ondée,
Comme du fond d’un vrai pastel,
On voit monter, arche irisée,
Le pont joyeux d’un arc-en-ciel.

(Raymond Richard)

Illustration: John Everett Millais

 

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Exil (Alain Le Beuze)

Posted by arbrealettres sur 2 août 2016



Exil

Les murs
craignent
la fringale des ronces

les fenêtres
se méfient
des caresses de la rouille

le lierre
roucoule d’oiseaux

impatient
d’étendre sa puissance
de convertir l’espace

les toits
resserrent leurs tuiles

les chemins
se résignent
sous les averses de fougères.

(Alain Le Beuze)

Illustration

 

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Vent (Alain Le Beuze)

Posted by arbrealettres sur 2 août 2016



Vent

Le vent
Fait grincer les chemins
Dans les gonds de la nuit.

Il impose
Aux arbres
Une envergure.

Qui ose résister
a vite compris.

Il condamne l’inertie,
Est-ce sa faute ?

Il est des saisons
Qu’aucun vent
N’ose abuser.

Il est des toits coléreux
Qui ne le supportent.

Il lui arrive
D’aider les fruits,
Par nécessité pour eux,
Par respect pour les arbres.

(Alain Le Beuze)

 

 

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Le chant de l’eau (Emile Verhaeren)

Posted by arbrealettres sur 2 août 2016



Le chant de l’eau

L’entendez-vous, l’entendez-vous
Le menu flot sur les cailloux ?
Il passe et court et glisse
Et doucement dédie aux branches,
Qui sur son cours se penchent,
Sa chanson lisse.

Là-bas,
Le petit bois de cornouillers
Où l’on disait que Mélusine
Jadis, sur un tapis de perles fines,
Au clair de lune, en blancs souliers,
Dansa ;
Le petit bois de cornouillers
Et tous ses hôtes familiers
Et les putois et les fouines
Et les souris et les mulots
Ecoutent
Loin des sentes et loin des routes
Le bruit de l’eau.

Aubes voilées,
Vous étendez en vain,
Dans les vallées,
Vos tissus blêmes,
La rivière,
Sous vos duvets épais, dès le prime matin,
Coule de pierre en pierre
Et murmure quand même.
Si quelquefois, pendant l’été,
Elle tarit sa volupté
D’être sonore et frémissante et fraîche,
C’est que le dur juillet
La hait
Et l’accable et l’assèche.
Mais néanmoins, oui, même alors
En ses anses, sous les broussailles
Elle tressaille
Et se ranime encor,
Quand la belle gardeuse d’oies
Lui livre ingénument la joie
Brusque et rouge de tout son corps.

Oh ! les belles épousailles
De l’eau lucide et de la chair,
Dans le vent et dans l’air,
Sur un lit transparent de mousse et de rocailles ;
Et les baisers multipliés du flot
Sur la nuque et le dos,
Et les courbes et les anneaux
De l’onduleuse chevelure
Ornant les deux seins triomphaux
D’une ample et flexible parure ;
Et les vagues violettes ou roses
Qui se brisent ou tout à coup se juxtaposent
Autour des flancs, autour des reins ;
Et tout là-haut le ciel divin
Qui rit à la santé lumineuse des choses !

La belle fille aux cheveux roux
Pose un pied clair sur les cailloux.
Elle allonge le bras et la hanche et s’inclina
Pour recueillir au bord,
Parmi les lotiers d’or,
La menthe fine ;
Ou bien encor
S’amuse à soulever les pierres
Et provoque la fuite
Droite et subite
Des truites
Au fil luisant de la rivière.

Avec des fleurs de pourpre aux deux coins de sa bouche,
Elle s’étend ensuite et rit et se recouche,
Les pieds dans l’eau, mais le torse au soleil ;
Et les oiseaux vifs et vermeils
Volent et volent,
Et l’ombre de leurs ailes
Passe sur elle.

Ainsi fait-elle encor
A l’entour de son corps
Même aux mois chauds
Chanter les flots.
Et ce n’est qu’en septembre
Que sous les branches d’or et d’ambre,
Sa nudité
Ne mire plus dans l’eau sa mobile clarté,
Mais c’est qu’alors sont revenues
Vers notre ciel les lourdes nues
Avec l’averse entre leurs plis
Et que déjà la brume
Du fond des prés et des taillis
S’exhume.

Pluie aux gouttes rondes et claires,
Bulles de joie et de lumière,
Le sinueux ruisseau gaiement vous fait accueil,
Car tout l’automne en deuil
Le jonche en vain de mousse et de feuilles tombées.
Son flot rechante au long des berges recourbées,
Parmi les prés, parmi les bois ;
Chaque caillou que le courant remue
Fait entendre sa voix menue
Comme autrefois ;
Et peut-être que Mélusine,
Quand la lune, à minuit, répand comme à foison
Sur les gazons
Ses perles fines,
S’éveille et lentement décroise ses pieds d’or,
Et, suivant que le flot anime sa cadence,
Danse encor
Et danse.

(Emile Verhaeren)

Illustration: Paul Emile Chabas

 

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La clef des champs (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 2 août 2016



La clef des champs

Qui a volé la clef des champs ?
La pie voleuse ou le geai bleu ?

Qui a perdu la clef des champs ?
La marmotte ou le hoche-queue ?

Qui a trouvé la clef des champs ?
Le lièvre vert ? Le renard roux ?

Qui a gardé la clef des champs ?
Le chat, la belette ou le loup ?

Qui a rangé la clef des champs ?
La couleuvre ou le hérisson ?

Qui a paumé la clef des champs ?
La musaraigne ou le pinson ?

Qui a mangé la clef des champs ?
Ce n’est pas moi. Ce n’est pas vous.

Elle est à personne et partout,
La clé des champs, la clef de tout.

(Claude Roy)

 

 

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Je respire où tu palpites (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 2 août 2016



Je respire où tu palpites

Je respire où tu palpites,
Tu sais ; à quoi bon, hélas !
Rester là si tu me quittes,
Et vivre si tu t’en vas ?

A quoi bon vivre, étant l’ombre
De cet ange qui s’enfuit ?
A quoi bon, sous le ciel sombre,
N’être plus que de la nuit ?

Je suis la fleur des murailles
Dont avril est le seul bien.
Il suffit que tu t’en ailles
Pour qu’il ne reste plus rien.

Tu m’entoures d’Auréoles;
Te voir est mon seul souci.
Il suffit que tu t’envoles
Pour que je m’envole aussi.

Si tu pars, mon front se penche ;
Mon âme au ciel, son berceau,
Fuira, dans ta main blanche
Tu tiens ce sauvage oiseau.

Que veux-tu que je devienne
Si je n’entends plus ton pas ?
Est-ce ta vie ou la mienne
Qui s’en va ? Je ne sais pas.

Quand mon orage succombe,
J’en reprends dans ton coeur pur ;
Je suis comme la colombe
Qui vient boire au lac d’azur.

L’amour fait comprendre à l’âme
L’univers, salubre et béni ;
Et cette petite flamme
Seule éclaire l’infini

Sans toi, toute la nature
N’est plus qu’un cachot fermé,
Où je vais à l’aventure,
Pâle et n’étant plus aimé.

Sans toi, tout s’effeuille et tombe ;
L’ombre emplit mon noir sourcil ;
Une fête est une tombe,
La patrie est un exil.

Je t’implore et réclame ;
Ne fuis pas loin de mes maux,
O fauvette de mon âme
Qui chantes dans mes rameaux !

De quoi puis-je avoir envie,
De quoi puis-je avoir effroi,
Que ferai-je de la vie
Si tu n’es plus près de moi ?

Tu portes dans la lumière,
Tu portes dans les buissons,
Sur une aile ma prière,
Et sur l’autre mes chansons.

Que dirai-je aux champs que voile
L’inconsolable douleur ?
Que ferai-je de l’étoile ?
Que ferai-je de la fleur ?

Que dirai-je au bois morose
Qu’illuminait ta douceur ?
Que répondrai-je à la rose
Disant :  » Où donc est ma soeur ? »

J’en mourrai ; fuis, si tu l’oses.
A quoi bon, jours révolus !
Regarder toutes ces choses
Qu’elle ne regarde plus ?

Que ferai-je de la lyre,
De la vertu, du destin ?
Hélas ! et, sans ton sourire,
Que ferai-je du matin ?

Que ferai-je, seul, farouche,
Sans toi, du jour et des cieux,
De mes baisers sans ta bouche,
Et de mes pleurs sans tes yeux !

(Victor Hugo)

Illustration:Edvard Munch

 

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L’infini (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 2 août 2016



L’infini n’est autre que le va-et-vient
entre ce qui s’offre et ce qui se cherche.

(François Cheng)

 

 

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L’âme ? (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 2 août 2016



L’âme ?
C’est bien par elle
que la vraie beauté d’un corps rayonne,
c’est par elle
qu’en réalité les corps qui s’aiment communiquent.

(François Cheng)

 

 

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La passion charnelle (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 2 août 2016



La passion charnelle
reste la plus haute forme
de quête spirituelle.
Elle est un aperçu d’éternité

(François Cheng)

 

 

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Par le Vide (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 2 août 2016



Par le Vide, le cœur de l’Homme peut devenir
la règle ou le miroir de soi-même et du monde,
car possédant le Vide et s’identifiant au vide originel,
l’Homme se trouve à la source des images et des formes.
Il saisit le rythme de l’Espace et du Temps ;
il maîtrise la loi de la transformation.

(François Cheng)

 

 

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