Arbrealettres

Poésie

C’est gai, écrire (Georges Perros)

Posted by arbrealettres sur 6 août 2016



C’est gai, écrire.
On peut écrire gaiement qu’on va se suicider.

Ecrire ne peut tendre qu’à l’ellipse, au poème ;
ou à l’illusion de l’efficacité.

Le langage c’est un océan de mots.
Pour ma part, ou je suis presque noyé dedans
ou, quand la mer se retire, je regarde, je marche sur ce qui reste.
Des trous, des flaques.

L’écriture fragmentaire, ce sont des flaques,
ces restes marins, ces coquillages, ces témoins humides.
Mon attention les sèche.
A l’opposé du discours continu, qui est la vie,
entre du palpable et du rien.

Un petit Poucet,
sauf que j’ai les cailloux devant moi.
Comment lire ces déchets ?

Il y a un temps, un moment, pour lire le journal,
pour lire un roman ou un poème.
Mais des notes ?

Au-delà de la note,
il y a, il n’y a que l’aphorisme solitaire invétéré.
Mots en froid.

(Georges Perros)

 

 

Une Réponse vers “C’est gai, écrire (Georges Perros)”

  1. A reblogué ceci sur Maître Renard.

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