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Poésie

Archive for 7 août 2016

Soleil en déclin (Marie-Laure André)

Posted by arbrealettres sur 7 août 2016



Soleil en déclin
le ciel en larmes d’oranges
déchire l’azur

(Marie-Laure André)

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On a beau tout faire pour oublier (Robert Mallet)

Posted by arbrealettres sur 7 août 2016



On a beau tout faire pour oublier.
On ne peut changer l’itinéraire d’un oiseau.

(Robert Mallet)

Illustration: Georges Braque

 

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L’oiseau (Oktay Rifat)

Posted by arbrealettres sur 7 août 2016




L’oiseau

Dans un vieux miroir, je me multiplie. Étant un
Je deviens dix, étant dix, vingt ; ma foule grandit.
Boulanger, forgeron, savonnier, cabaretier ;
Moi la mer, moi la rue, moi l’arbre, moi solitude
Dans le verre je me buvais moi-même, c’est moi
Que je mords dans la pomme. Couché, levé, endormi,
Moi dans les moi que je répands tout autour de moi.
Puis le jour baissa, mauve dans l’au-delà des monts.
Un oiseau a chanté dans la plaine, fait d’autre argile,
Dans notre miroir, reflet comme un rayon de lune.

(Oktay Rifat)

Illustration

 

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LES MOTS (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 7 août 2016




LES MOTS

Mon amour, comme Ivraie, mon ivresse, comme Ange,
Ma femme, comme Echo, ma blonde, comme Nid…
Je mets en liberté les mots pour qu’ils te chantent,
D’eux-mêmes, de leur joie de n’être pas finis ;

Infinis comme toi qui nais de ma naissance,
Qui brûles devant moi les vaisseaux du futur,
Qui flottes au sommet de mes Saint-Jean, qui danses
L’idée que je me fais de moi, crevés les murs ;

Infinis comme toi, je veux qu’ils n’appartiennent
Jamais plus au langage, à ses clairons de suie
Qui clament que le monde est celui de nos chaînes,
Des journaux du matin pleins de sang de la nuit.

(Jean Rousselot)

Illustration: Brendan Monroe

 

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Oh! Que m’importe le pouvoir du Seigneur! (anonyme)

Posted by arbrealettres sur 7 août 2016



Agissant au lever du soleil
me reposant au coucher du soleil
creusant le puits pour boire
labourant la terre pour manger
Oh! Que m’importe le pouvoir du Seigneur!

*

 

(anonyme)

 

 

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SOMNAMBULE DU RÊVE (Georg Trakl)

Posted by arbrealettres sur 7 août 2016




SOMNAMBULE DU RÊVE

Où es-tu, toi qui m’accompagnais ?
Où es-tu, face céleste ?
Un vent rauque raille à mon oreille : Insensé !
Un rêve ! Ûn rêve ! Fou que tu es !
Pourtant, pourtant ! Comment était-ce avant
Que j’entre dans la nuit et la désolation ?
T’en souviens-tu, fou, insensé !
Écho de mon âme, vent rauque :
Ô fou ! O insensé !
N’était-elle pas là, mains implorantes,
Bouche cernée d’un sourire triste,
Appelant dans la nuit et la désolation !
Qu’appelait-elle donc ? L’ignores-tu ?
On eût dit de l’amour. Nul écho
Ne lui revint ni ne lui renvoya ce mot.
Était-ce de l’amour ? Malheur, j’ai oublié !
Seul dans la nuit et la désolation
Et l’écho de mon âme — le vent !
Qui raille et raille : O fou ! O insensé !

***

TRAUMWANDLER

Wo bist du, die mir zur Seite ging,
Wo bist du, Himmelsangesicht ?
Ein rauher Wind höhnt mir ins Ohr : du Narr !
Ein Traum ! Ein Traum ! Du Tor !
Und doch, und doch ! Wie war es einst,
Bevor ich in Nacht und Verlassenheit schritt ?
Weißt du es noch, du Narr, du Tor !
Meiner Seele Echo, der rauhe Wind :
O Narr !O Tor !
Stand sie mit bittenden Händen nicht,
Ein trauriges Lächeln urn den Mund,
Und rief in Nacht und Verlassenheit !
Was rief sie nur ! Weißt du es nicht ?
Wie Liebe klang’s. Kein Echo trug
Zu ihr zurück, zu ihr dies Wort.
War’s Liebe ? Weh, daß ich’s vergaß !
Nur Nacht um mich und Verlassenheit,
Und meiner Seele Echo — der Wind !
Der hönt und hönt : O Narr ! O Tor !

(Georg Trakl)

Illustration: Alex Alemany

 

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DANS L’OEIL DE L’ESPRIT (Thomas Hardy)

Posted by arbrealettres sur 7 août 2016



DANS L’OEIL DE L’ESPRIT

Autrefois c’était sa fenêtre ;
Et la bougie tout contre
Qui brûlait à l’intérieur
Disait : »Je suis ici ! »

Maintenant je la vois comme alors
Bouger derrière la vitre.
Ah ! ce n’est que son fantôme
Né de mon cerveau !

Dans mes visions sans cesse
Elle est partout présente ;
Que les paysages s’effacent :
Elle demeure avec moi.

O chère ombre douce et timide,
Qui peut te repousser ?
Chère, pas une fois je n’ai
Désiré ton départ.

***

IN THE MIND’S EYE

That was once her casement,
And the taper nigh,
Shining from within there,
Beckoned, `Here am I !’

Now, as then, I see her
Moving at the pane ;
Ah ; ’tis but her phantom
Borne within my brain ! —

Foremost in my vision
Everywhere goes she ;
Change dissolves the landscapes,
She abides with me.

Shape so sweet and shy, Dear,
Who can say thee nay ?
Never once do I, Dear,
Wish thy ghost away.

(Thomas Hardy)

Illustration: Stanislav Shpanin

 

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Le moine me donna la rose la plus belle du jardin clos (Robert Mallet)

Posted by arbrealettres sur 7 août 2016



Le moine me donna la rose la plus belle
du jardin clos

et ma cellule brûla de cette étincelle
comme une peau

qu’éventerait très fraternellement l’aile
d’un ange trop beau.

(Robert Mallet)

Illustration

 

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LE COURRIER NE VA GUÈRE (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 7 août 2016



LE COURRIER NE VA GUÈRE

Des lettres de là-haut doivent se perdre
Dans le puant mâchefer d’astéroïdes

Ne nous parviennent qu’instructions confuses
Tendresses ambiguës
Absolutions au porteur ou factures
Que nous avons déjà réglées cent fois

Nos psychopompes eux-mêmes
Dans leurs sublimes cagnas
Sont sans doute aussi mal desservis que nous

Ou bien il faut admettre
Qu’ils alimentent leur feu
Avec nos suppliques nos réquisitoires
Et nos coupons-réponse
En regardant leur télé
Pour être certains qu’ils vivent.

(Jean Rousselot)

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Prière (Dominique Sampiero)

Posted by arbrealettres sur 7 août 2016



Prière

Nuage en forme de sein, fin velours intact d’étoiles,
d’éternité, de petites morts
qui scintillent

Apporte-moi la peau
ce matin, une enveloppe plus désirable
que la mienne

Tisse mon regard en écho
au vieux pays où mes mains se joignent

Réveille mon corps à ciel ouvert, brèche
pour blesser le soleil, égorger l’argile des plaies
et les fleuves qui coulent au-dedans

*

Nuage, éternité captive du galop des forêts
Esprit des ténèbres et des frontières

Rite des naissances et des louanges

Cendres des âmes et de l’âge du souffle

Je sens ta pluie dormir en moi
Enfant du dieu sans nom

*

Nuage en forme de rien, de stupeur
Et de peut-être
Tremblement dispersé des rivières

Ouvré sur mon front le secret et sur mes lèvres
devient le maître

Prononce à ma place
le mouvement

(Dominique Sampiero)

 

 

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