Arbrealettres

Poésie

Archive for 8 août 2016

Au sommeil (José-Maria de Heredia)

Posted by arbrealettres sur 8 août 2016




Ne m’éveille jamais –
Elle ne m’aime pas

(José-Maria de Heredia)

Illustration: Pierre-Narcisse Guérin

Posted in poésie | Tagué: , , , | Leave a Comment »

LES SORCIERS ÉCUREUILS (Armand Robin)

Posted by arbrealettres sur 8 août 2016



LES SORCIERS ÉCUREUILS

Nous appliquons la lune,
Nous étendons la brume
Sur la blessure
Inguérissable des clairières,
Sans poids.

*

Le soir sous la lune
Nous faisons danser
En rondes brunes
Les haltes des rivières
L’ébat des bois

*

Venus sans grands projets
Veulent de grands jets ;
Nous voulons un monde
En grandes robes de soirée,
Pour servir la rosée.

*

Nous ne sommes pour personne, nous sommes!
Les lutins remuent, les hommes
Sont trop lourds pour savoir
Que pour nous un instant les eaux
Et l’ombre ont dansé.

(Armand Robin)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Où nous ouvrir? (António Ramos Rosa)

Posted by arbrealettres sur 8 août 2016



Là où nous sommes là où fait mal
la blessure implicite et secrète
Où nous ouvrir?
De quelle autre manière d’être
pouvons-nous être là où nous sommes?

Comment raviver ce qui a vieilli dans l’apathie et ne brille plus?
Comment vivre le temps sans les narines
frémissantes du renouveau en son excès?

Si seulement ce que nous lisons pouvait devenir
une mer scintillante ouverte entre les lignes
Mais déjà travaillée par la mousse la peau jaunit
et les capillaires s’épaississent

Comment fonder de nouveau la réalité dans la sphère de l’attention
Comment réaliser dans la densité de la surface
les actes qui émeuvent les animaux de l’espace que nous sommes?

(António Ramos Rosa)

 

 

Posted in méditations | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Dans la brise qui souffle dans l’ombre (António Ramos Rosa)

Posted by arbrealettres sur 8 août 2016



Dans la brise qui souffle dans l’ombre
rien ne s’ouvre
rien ne scintille
Nulle coupole
nuls sillons
nocturnes
Pourtant il y a une vision
presque
comme une tige tendue
qui luit à peine
brusque sursaut
qui se dissémine
à l’intérieur d’elle-même
Et ainsi l’ombre se transmue
en ombre
et respire à notre place

(António Ramos Rosa)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

Guérison de la flamme (Georges Séféris)

Posted by arbrealettres sur 8 août 2016



G

Guérison de la flamme, la flamme seule :
Non par le goutte-à-goutte de l’instant
Mais par l’éclair, soudain,
Du désir qui rejoint l’autre désir
– Et chevillés ils restent
L’un à l’autre, et le rythme
D’une musique, au centre
A jamais, la statue

Que rien ne bougera.

Dérive, non, de la durée, ce souffle :
Mais foudre, qui tient la barre.

*

(Georges Séféris)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Mauvaise solitude (Albert Lozeau)

Posted by arbrealettres sur 8 août 2016



Mauvaise solitude

Ô poète songeur, si triste de toi-même,
Qui pourrait te guérir et qui pourrait t’aimer ?
Tu portes à ton front l’ombre amère et suprême
D’une âme que l’ennui va bientôt consumer.

La solitude grave à ton cœur est mauvaise :
Le pire compagnon de toi-même, c’est toi !
Ô le regard aimé qui doucement apaise,
Quand viendra-t-il poser sa caresse sur moi ?

L’heure m’est un tourment cruel, et tous les livres
Ne pourraient endormir ce mal fort et subtil.
Afin qu’heureusement, un jour, tu t’en délivres,
Et pour jamais, ô cœur blessé, que te faut-il ?

[…]

(Albert Lozeau)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

Le Beau Linge qui toucha tes écrouelles (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 8 août 2016



Le Beau Linge qui toucha tes écrouelles
Sans les guérir
Y a laissé son empreinte

L’infime renfort culturel
Qui acheva de te convaincre
Que toute parole est une fausse fenêtre
Y bivouaque toujours

Le portrait loupé de Pandora
Y brasille encore
Sous les strates d’une espérance
De plus en plus confuse.

(Jean Rousselot)

Illustration: Gustav Adolf Mossa

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Et L’on N’y Peut Rien (Jean-Jacques Goldman)

Posted by arbrealettres sur 8 août 2016




Et L’on N’y Peut Rien

Comme un fil entre l’autre et l’un
Invisible, il pose ses liens
Dans les méandres des inconscients
Il se promène impunément

Et tout un peu tremble
Et le reste s’éteint
Juste dans nos ventres
Un nœud, une faim

Il fait roi l’esclave
Et peut damner les saints
L’honnête ou le sage
Et l’on n’y peut rien

Et l’on résiste on bâtit des murs
Des bonheurs, photos bien rangées
Terroriste, il fend les armures,
Un instant tout est balayé

Tu rampes et tu guettes
Et tu mendies des mots
Tu lis ses poètes
Aimes ses tableaux

Et tu cherches à la croiser
T’as quinze ans soudain
Tout change de base
Et l’on n’y peut rien

Il s’invite quand on ne l’attend pas
Quand on y croit, il s’enfuit déjà
Frère qui un jour y goûta
Jamais plus tu ne guériras

Il nous laisse vide
Et plus mort que vivant
C’est lui qui décide
On ne fait que semblant
Lui, choisit ses tours
Et ses va et ses vient
Ainsi fait l’amour
Et l’on n’y peut rien

(Jean-Jacques Goldman)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Elle se répète la cigale (Yosho Basonkushi)

Posted by arbrealettres sur 8 août 2016


Elle se répète la cigale,
Ou alors elle n’est pas fine
Mon oreille

(Yosho Basonkushi)

Posted in haïku, poésie | Tagué: , , , , | Leave a Comment »

L’étalon (Yves Broussard)

Posted by arbrealettres sur 8 août 2016



Parallèle au vent
se profile insolent
le hennissement de l’étalon

(Yves Broussard)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :