Arbrealettres

Poésie

Reste. N’allume pas la lampe… (Catulle Mendès)

Posted by arbrealettres sur 19 août 2016



William-Adolphe Bouguereau  27_12 [800x600]

Reste. N’allume pas la lampe…

Reste. N’allume pas la lampe. Que nos yeux
S’emplissent pour longtemps de ténèbres, et laisse
Tes bruns cheveux verser la pesante mollesse
De leurs ondes sur nos baisers silencieux.

Nous sommes las autant l’un que l’autre. Les cieux
Pleins de soleil nous ont trompés. Le jour nous blesse.
Voluptueusement berçons notre faiblesse
Dans l’océan du soir morne et délicieux.

Lente extase, houleux sommeil exempt de songe,
Le flux funèbre roule et déroule et prolonge
Tes cheveux où mon front se pâme enseveli…

Ô calme soir, qui hais la vie et lui résistes,
Quel long fleuve de paix léthargique et d’oubli
Coule dans les cheveux profonds des brunes tristes.

(Catulle Mendès)

Illustration: William-Adolphe Bouguereau

 

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