Arbrealettres

Poésie

L’édifice (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 23 août 2016



L’édifice

Le mot dormant qui nous appelle à l’aide
Et le secours que l’on demande au mot,
Chacun cherchant le plus lointain des frères
Pour fondre au feu d’un unique creuset.

Serait-ce là toute notre aventure :
Chercher demeure et soi-même logeant
des pèlerins venus des antipodes
Et des amis de l’autre bout des mots.

Je prétends qu’aube est contraire de l’aube
Selon le lieu de leur couronnement.
L’aube dans l’aube est une poupée russe
Et deux miroirs reflétant l’infini.

Dans cet enfer de me chercher toujours,
Je me voudrais jeune comme un vieux mot
Qui va jaillir de mon lexique en flammes
Étincelant le temps de le nommer.

Je le repère et le déguste, lui
Qui m’envahit, fait de moi nourriture
Et m’édifie en miracles concrets,
La solitude émigrant de mon corps.

Ainsi je fus mon propre vêtement
Et ma parure et chacun de mes os
Comme une lettre étayant l’édifice
Et lui donnant la grâce du voyage.

Astre si clair qu’il m’éclaire au dedans,
Que je suis lampe et qu’il m’offre son huile.
Petite flamme, il te fallait bien naître
Pour que la mort ne me rejoigne pas.

Je sais encore un tout autre prodige,
Celui du mot à son commencement,
Et je suis source en quête de ma source
Pour trouver l’eau de mes métamorphoses.

(Robert Sabatier)

 

 

 

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