Arbrealettres

Poésie

Le prompteur (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 26 août 2016



Le prompteur

Tout est écrit.
Il n’y a qu’à lire en feignant d’inventer.
Mais le prompteur parfois s’embue
parce que la lumière s’est mise à douter d’elle-même
ou parce qu’une larme est tombée d’une étoile non encore promulguée.
Ou bien c’est le texte qui, soudain, sort de ses rails en couinant comme un goret.
Alors on met en marche dans sa poitrine le générateur de secours,
on peint n’importe quels sons sur la taie qui a recouvert la parole,
on redresse à la main les aiguillages de la phrase
Et peu à peu le discours usurpateur recouvre les pleins pouvoirs
dont, tout un instant, l’a dépossédé
l’inintelligible mais authentique charabia de l’homme.

(Jean Rousselot)

 

 

2 Réponses vers “Le prompteur (Jean Rousselot)”

  1. Lara said

    Oh il y a des spécialistes en charabia partout !

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