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Poésie

Archive for 27 août 2016

CHAQUE MATIN (Paul de Roux)

Posted by arbrealettres sur 27 août 2016



CHAQUE MATIN

Chaque matin, et quel que soit le temps,
Hélios nous prend dans ses bras :
« Tout est à voir », dit la lumière
qui éclaire la tuile fêlée,
la mouche, ce visage émacié,
la pariétaire des vieux murs,
les pigeons en quête de miettes, et nous
cherchant le regard des dieux
dans tout cela qu’effleure le soleil.

(Paul de Roux)

Illustration: Francis Saint-Géniès

 

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Au moment où mon essence se transformera en océan universel (Rûmî)

Posted by arbrealettres sur 27 août 2016


 

Au moment où mon essence
se transformera en océan universel
La beauté des atomes
sera pour moi lumineuse.
C’est pourquoi je brûle comme la chandelle,
afin, que, dans la voie de l’amour,
Tous les instants pour moi
deviennent un seul instant.

(Rûmî)

Illustration

 

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Chaque fois que la vague de ton corps me soulève (Luis Mizón)

Posted by arbrealettres sur 27 août 2016


 

Chaque fois
que la vague de ton corps me soulève
ton visage s’illumine
pendant que la déferlante se prépare
à l’horizon
pour tomber dans mes bras
de toutes ses forces
je te supplie de me faire naître
et tu me fais mourir

(Luis Mizón)

Illustration: Yarek Godfrey

 

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ICI ET LÀ (Paul de Roux)

Posted by arbrealettres sur 27 août 2016



ICI ET LÀ

Figures, oh ! figures !
Et jusqu’aux aériennes faces de nuages,
figures de pierre, de chair,
tracées au crayon, au pinceau,
jaillies de la sève, branches, feuilles, figure
que trace le vol de l’hirondelle,
figure cassée d’un clochard
vous êtes toujours signes, phrases
tombées du grand écritoire invisible
– analphabète, comment ne pas s’échiner à vous lire,
ne pas en être exalté ?

(Paul de Roux)

 

 

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LES VIPÈRES PRE…CIEUSES… (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 27 août 2016



LES VIPÈRES PRE…CIEUSES…

Les vipères précieuses
Qui vont boire
Glissent sous les paupières
Du grès.

La perdrix dans les prêles
Chantera jusqu’à la nuit.

Les peupliers, ruisselants
De bonnes nouvelles,
Tremblent sous les pieds légers
Du soleil.

Je suis l’homme
Aux durs talons,
Aux mains d’écorce.
Les couteaux rouges du pré
Traversent mes cheveux
Et mon souffle au tien
Se mêle,
Bonne chair aventureuse
De la terre.

(Jean Rousselot)

Illustration: Alberto Giacometti

 

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LE TEMPS ÉCOUTE… (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 27 août 2016


 

LE TEMPS ÉCOUTE…

Le temps écoute,
Chez toi,
Chez moi.

Comme les troncs sur les canaux,
Dans mon coeur s’amoncellent
Les forces que je n’aurai pas.
Tes yeux dansent à la pointe
Des avoines fuyantes.
Sous les champs transparents,
Coule le lait ombreux
Dont tes rêves se nourrissent.

Quand l’orage plantera
Dans les épaules du granit
Ses couteaux de braise,
Je vois ta main descendre,
Défendre
Ton ventre bondissant.

(Jean Rousselot)

Illustration: Marek Stan

 

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LA BEAUTÉ (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 27 août 2016



LA BEAUTÉ

La beauté chaque nuit s’absente,
La beauté lui ferme les yeux.
Chacun s’emmure dans son corps
Et leste ses mots les plus chers
Avec le plomb des vieux remords.

La nuit plus longue que l’espoir,
La nuit plus courte qu’un baiser,
La nuit morcelle le sommeil
En jours entiers qu’il faut tuer,
Qu’on tue avec des mains d’étoupe
Et des couteaux mal aiguisés,
Des jours qui sont à tout le monde.

(Jean Rousselot)

Illustration: Alexander Sigov

 

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PETIT MATIN (Paul de Roux)

Posted by arbrealettres sur 27 août 2016


 

PETIT MATIN

Dame qui tire le rideau
sur une nudité que je n’aurai pas vue,
juste un bras aperçu, en amorce,
dans la grisaille d’une cour d’immeuble,
par temps pluvieux, allégorie
de tout ce qui s’entrevoit, des mille promesses
que l’on ne se tient pas :
derrière la vitre, derrière la haie
l’éclat des seins, le parfum des roses.

(Paul de Roux)

Illustration

 

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LA LISEUSE (Paul de Roux)

Posted by arbrealettres sur 27 août 2016



LA LISEUSE

J’aime la liseuse qui suit du doigt le texte.
Ses fines lunettes descendent bas sur le nez
environnées de cheveux blonds exubérants
et quand elle incline la tête on ne voit plus
que ce flot de boucles d’or.
Le livre est épais, imprimé
en petits caractères — je ne saurai jamais
ce que lisait cette jeune femme
en face de moi, dans le métro.

(Paul de Roux)

Illustration

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LA VIE, COMME UN GLAÇON AMER… (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 27 août 2016



LA VIE, COMME UN GLAÇON AMER…

La vie, comme un glaçon amer
Qui n’en finit pas de fondre,
Se promène dans la bouche
La gorge et autres lieux d’ombre.

Impossible de savoir
Où s’en va cet équipage
Dont on se croyait le maître
Par la balle ou le couteau.

Impossible de savoir
Avant la grande embolie
Sur quelles plages de peau fine
Se lèvera l’embellie.

Mais tout de même on s’acharne
Dans les zones, les voiries
Et parfois, l’oreille au ventre
D’une femme, on croit entendre
Les phares tourner dans la nuit.

(Jean Rousselot)

Illustration: Brendan Monroe

 

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